La révolte des Hobbits

« Face à ces impasses dans le champ politique, une quatrième force est déjà présente, même si elle a peu émergé dans les radars des médias main stream. Elle fait vivre, à travers un tissu de liens innombrables, une mosaïque d’entreprises d’un nouveau genre, d’associations, de groupes de réflexions, d’amitié et de voisinage. Plutôt que de se plaindre, ou d’attendre des solutions du monde nomadisé d’en haut, ces Hobbits des temps modernes s’organisent, enracinés dans leur territoires et curieux du monde, aimant tout autant la culture de l’échange que la chaleur de leurs foyers ».

Philippe de Roux, dans Limite

Le temps de vivre

Éloge du silence par le cardinal Sarah, éloge du Festina lente par Limite… les abus créent-ils la réaction ?

« Festina lente ! Hâte-toi lentement ! On connaît l’adage dont l’empereur Auguste fit sa devise. Notre agitation contemporaine est bien loin du mouvement tranquille prôné par Auguste. La devise des gesticulateurs qui nous gouvernent serait plutôt ‘Traîne-toi plus vite !’. Les oligarques passent, mais le système qu’ils dirigent n’en finit pas de mourir. On saute de meeting en meeting, d’avion en avion, de discours fracassants en tweets lapidaires, mais au fond rien ne change ».

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Chez les Romains, la démesure était considérée comme un crime et portait un nom : l’Hubris.

D’EuropaCity…

« Que nous vante ainsi  le projet ?  De la pop-emotion avec des parcs d’attraction, de la show emotion avec des salles de spectacle et, enfin, de la hype émotion avec des boutiques de luxe…  Un grotesque emballage très vaguement culturel pour  un produit à l’arrière-goût artificiel dont le seul but est d’engranger, au détriment de tout bon sens,  un maximum de revenus.Lire la suite

Nous ne connaissons que trop bien la camisole de moche qui entoure nos villes

« Le constat est unanime, évident, si flagrant que l’on cesse presque de s’en étonner : nos entrées de ville sont défigurées… et uniformes. Si Brel revenait, il ne chanterait plus la « laideur des faubourgs » mais la laideur des Carrefours©. Je ne vais pas nous imposer la trop longue litanie des enseignes – Auchan, Castorama, Ikéa, etc. – nous ne connaissons que trop bien la camisole de moche qui entoure nos villes. Du fait de cette frénésie des grandes surfaces, de leurs immenses parkings et de l’extension sans limite des banlieues pavillonnaires standardisées, l’étalement urbain représente l’équivalent d’un département français enseveli tous les sept ans sous le béton. La richesse des sols est à jamais perdue, nous ne cesserons jamais de dénoncer ce scandale écologique et esthétique. Mais alors pourquoi un tel saccage, qui plus est uniforme, dans toutes les villes françaises ? »

Éléonore de Noüel dans Limite

 

Kévin Victoire : Gauchiste mais pas progressiste

« Ce n’est pas tant pour obtenir l’adhésion des classes populaires que la gauche alternative doit rompre avec ce que le théoricien anarcho-syndicaliste Georges Sorel nommait les illusions du progrès, mais c’est pour combattre efficacement le capitalisme. En effet, la croissance économique et le progrès technique sont depuis le XIXe siècle des armes au service des classes possédantes contre les classes exploitées. Ainsi, dans ses Réflexions sur les causes de la liberté et de l’oppression sociale (1934), Simone Weil explique aux marxistes que ‘le progrès technique semble avoir fait faillite, puisque au lieu du bien-être il n’a apporté aux masses que la misère physique et morale où nous les voyons se débattre’.

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Radicalisons-nous !

« Avec Radicalisons-nous, un livre authentiquement politique, Gaultier Bès nous offre des  ‘variations sur la racine’. En puisant dans Simone Weil comme dans la philosophie grecque, l’auteur de Nos Limites appelle à un enracinement ‘contre l’ubérisation du monde’. Coup de poing sur la table, branle-bas de combat à quelques jours des élections. Ce petit livre doit désormais devenir votre guide  en cas d’urgence politique ».

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Et c’est vrai : nous sommes des rabougris !

Intéressant entretien avec Paul Piccarreta, directeur de « Limite », qui aborde de multiples sujets : transhumanisme, écologie de gauche, retour à la nature, politique, macronisme, religion, démarche du bas vers le haut, mythe du progrès, oikophilia, morale, relativisme, potager, vélo, dépendance, temps de vivre, néo-capitalisme, Ellul, Michéa, Tolstoï…

Extrait :

« Les partisans absolus du transhumanisme ne manquent jamais de critiquer l’homme en disant qu’il n’est qu’un rabougri. Et c’est vrai : nous sommes des rabougris. Par rapport à la performance des machines, nous ne sommes rien. Le fondement de la réflexion sur la technique, c’est de dire qu’il y a une autonomie de la technique – on en revient à la pensée de Jacques Ellul. Là réside toute la différence entre une machine et un outil. Si tu prends un couteau, celui-ci a en lui une « puissance passive » – si tu ne l’actionnes pas, le couteau n’est jamais couteau. À l’inverse, à partir du moment où tu allumes une machine, celle-ci évolue de manière autonome, sans que tu comprennes son mécanisme ».

Paul Piccarreta sur vice.com

Si tu continues comme ça, tu vas finir à HEC !

« Telle sont à la fois la misère et la grâce de notre temps. Les grandes entreprises hypertechnologisées aboutissent à travaux si désincarnées et si débiles, qu’elles nous poussent à réévaluer les métiers manuels les plus humbles, et que le père de famille vraiment responsable peut désormais menacer son fils sur la mauvaise pente (qui est peut-être celle d’une certaine réussite) en lui disant : ‘Si tu continues comme ça, tu vas finir à H.E.C. !' »

Fabrice Hadjadj, dans Limite

Journée Mondiale de la Trisomie 21

En cette Journée Mondiale de la Trisomie 21, exhumation d’un billet de 2014…

« Le grand rabbin Abraham Karelitz se levait et se découvrait chaque fois qu’il voyait une personne atteinte de trisomie 21.
— Pourquoi lui accordez-vous des honneurs que vous refusez aux grands de ce monde ? lui demandait-on.
— Parce que, répondait-il, si Dieu ne lui a pas donné une capacité aussi grande d’étudier la Torah, c’est qu’elle est déjà plus parfaite et plus avancée que moi sur le chemin de la sainteté ».

Lire Fabrice Hadjadj dans Limite

Tel est l’individu de la théorie techno-économique : sans âge

Capture« Tel est l’individu de la théorie techno-économique – sans âge. Sa sortie de la diversité des âges de la vie implique la perte de la diversité des fonctions sociales, qui se réduisent dorénavant à une seule : la consommation. Jeunes et vieux se réjouissent ensemble dans l’accès commun aux marchandises. Ce n’est pas en eux, mais dans les produits qu’ils achètent, que se repère encore des âges résiduels. Mais ce qui les motive est la même impulsion. Ils ont le même rapport au monde, qui n’est plus un monde, mais un club de consommateurs ».

Fabrice Hadjadj, dans Limite

Faut-il hâter l’effondrement futur de la société ?

Capture« Henri Pérouze aborda le thème de la cité face au gigantisme. Peut-on encore parler de cités pour nos villes, alors que nous vivons dans des mégalopoles ? Le  même gigantisme gagne aussi, note Henri Pérouze, des associations au départ mutualistes, comme Groupama ou le Crédit Agricole. Face au fétichisme de la démesure, comment revenir à une société plus humaine ? Et Henri Pérouze de poser une question cruciale à Olivier Rey : faut-il pour cela hâter l’effondrement futur de la société ? Olivier commença par revenir sur les problèmes humains fondamentaux relevés par Hegel : avoir de quoi manger, avoir un toit sur la tête, être reconnu par ses semblables.  En ce sens, le système de consommation n’est, pour Olivier, pas matérialiste mais sémiotique. Les objets possédés nous permettent de nous situer à intérieur de la société. Plutôt que de faire s’effondrer les sociétés, il faudrait arriver à ringardiser le système de reconnaissance actuel et faire en sorte que ce soit celui qui a une Rolex à cinquante ans qui ait raté sa vie ».

Une journée de réflexion autour d’Olivier Rey : lire le compte-rendu de Mahaut Herrmann dans Limite

L’idée de détruire ce qui vous exclut

Capture« Mon père, qui était professeur d’école primaire, venait de la classe ouvrière et était animé d’une forme de res­sentiment envers les classes supérieures, la bourgeoisie. Mais il gardait au fond de son cœur l’idéal romantique d’une Angleterre paisible, où subsistaient des liens com­munautaires et fraternels, une certaine beauté du paysage qui transcendait la mythologie du conflit de classe. C’est cela que j’ai hérité de lui : le désir de défendre ce que j’aime, d’en faire un héritage commun. Mais je n’aimais pas en lui ce ressentiment, ce sentiment d’être exclu, cette idée de détruire ce qui vous exclut ».

Entretien avec Roger Scruton, dans Limite

Chut !

Capture« La définition du silence comme absence de bruit entraîne aussi une mutation de la parole, puisque celle-ci émerge du silence, comme l’écriture émerge de la page blanche. On ne sait plus regarder les tableaux de Rembrandt, qui sont des peintures de silence, c’est-à-dire qu’il faut savoir faire silence en les regardant pour gouter et retrouver le silence d’autrefois.

Le silence est aujourd’hui considéré comme un ennui puisque nous avons perdu le sens de l’approfondissement de soi, du retour sur soi et de l’introspection. Nous avons perdu le sens de l’aventure qui est d’être à l’écoute de soi et de ce qui vient à soi ».

Alain Corbin, dans Limite

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Nombreux sont les débats sur la liturgie…

Capture« Nombreux sont les débats sur la liturgie, mais les rubricaires ont eu tendance à filtrer le moustique et engloutir le chameau. Ils ont sauvé leurs dentelles, et laissé se perdre la dentellière. Attention à l’amict, et qu’importe si les ornements sont fabriqués en Chine, si les cierges méprisent les abeilles et que les hosties soient pressées par des machines allemandes – pourvu qu’elles soient bien fines et blanches ! Ils ont gardé les apparences, tout en se laissant envahir par la marchandisation.

Bien sûr, comme tous les appareils technologiques, le micro s’est présenté comme une aide, un coup de pouce, un moyen neutre ; et voilà que tout s’est reconfiguré autour de lui. Le style de la célébration s’en est trouvé changé. On ne donne plus vraiment de grand-messe : on amplifie des messes basses ».

Fabrice Hadjadj en tonton ronchon, dans Limite

Les broyeurs d’existence

Capture« Nous préférons, pour notre part, continuer à défendre, avec Orwell et Michéa, un anarchisme conservateur. Car nous nous méfions tout autant de l’étatisme ventripotent que du libéralisme élastique, de l’inertie du premier que de la flexibilité du second. L’un comme l’autre, à la lumière de l’Histoire, nous paraissent de gigantesques broyeurs d’existence. De même, nous avons déjà soupé de l’ivresse des table rase et de l’hypnose de l’immuable. Nous avons goûté l’amère potion du progrès. Quant aux boîtes de conserve pleines de substances chimiques, nous les digérons mal. La vérité, c’est que nous voulons rester vivants, de chair et de sang, ni liquéfiés par l’Émancipation, ni pétrifiés par la Tradition. Qu’on nous permette de croire qu’entre Charybde et Scylla, il y a une autre voie ».

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La démondialisation ou le chaos ?

captureLes solutions évoquées sont dérangeantes, et même heurtantes. Mais le constat n’en demeure pas moins juste !

Le concept de firme multinationale date des années 1950 et concerne au départ des entreprises américaines qui ont adopté une stratégie de conquête de marché à l’étranger et d’un commencement de délocalisation d’une partie de la production. La frontière du Mexique a été franchie pour employer une main d’œuvre moins chère qui fabriquait des produits ensuite réimportés aux Etats-Unis. Les profits ont progressé très rapidement, et les entreprises ont augmenté en volume.

Aujourd’hui elles gèrent des masses monétaires immenses, elles ont des réseaux de sous-traitance à qui elles dictent leurs conditions. Elles ont, surtout, un poids politique de premier ordre avec l’arme du chantage à la délocalisation, qui leur permet de se soustraire à toute réglementation qui nuirait à leurs intérêts.

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Penser le politique dans le cadre d’une écologie intégrale

capture« Comment sortir de cela ? Non pas en proposant une autre construction sociale, mais en pensant le politique dans le cadre d’une écologie intégrale, c’est-à-dire en repartant du donné des communautés naturelles : la famille (communauté humaine), l’agriculture (communauté de l’homme avec la nature), le culte (communauté de l’homme avec les dieux, car sans cette confiance dans le Créateur et Rédempteur, comment accueillir le donné avec ses drames ?). Si terribles que soient les temps, c’est une providence qui nous y a placés, et c’est là, dans le donné de notre époque, que nous avons notre mission ».

Fabrice Hadjadj dans Limite

Gauche libertaire et droite non conservatrice

capture« Dans tous nos numéros, nous travaillons à faire resurgir cette pensée tue, dissimulée par la gauche libertaire, totalement ignorée par la droite conservatrice (dont on se demande, au reste, ce qu’elle veut réellement conserver). Les courants de fonds ne sont peut-être pas ceux qu’on affiche en Une des magazines. Gageons que ce soit là la bonne nouvelle de l’histoire ».

Paul Piccaretta, dans Limite…

Pour une écologie intégrale

capture« Cet ouvrage est donc un appel à appréhender l’invisible, non pas d’un point de vue théorique, mais bien concrètement en replaçant l’action de l’homme au cœur de cette démarche. L’atteinte des objectifs de l’écologie intégrale dépend donc avant tout de la reconnaissance par l’homme de sa responsabilité dans la conduite du monde. Le témoignage de ces quatre spécialistes provenant de secteurs différents illustre bien le caractère universel de l’écologie intégrale, de sa composante transcendantale, et nous rappelle l’impératif d’œuvrer rapidement à son avènement ».

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Une vie de plus en plus incertaine, suspendue…

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« Grandir avec ses parents, c’est bien ; sous un toit, et dans une maison à la température décente et sans avoir à cracher ses poumons faute d’avoir les moyens de payer le docteur, c’est mieux.

Autrement dit, pour être audible et pour porter du fruit, il me semble que l’engagement en faveur de la famille comme cellule de base de la société, et du droit à la vie de la conception à la mort naturelle, doit être en même temps, indissolublement, un combat pour la justice sociale et environnementale ».

Gaultier Bès dans Limite…