La laïcité menacée ?

« Surprenante polémique dans la ville de Bourgoin-Jallieu (Isère). Pour répondre à l’augmentation du nombre d’électeurs dans cette ville, la mairie a décidé d’installer trois bureaux de vote pour les élections présidentielles dans le gymnase d’un collège privé catholique. Il n’en fallait pas plus pour susciter le courroux du Comité 1905 Auvergne Rhône-Alpes.

Dans une lettre datée du 21 mars, le Comité 1905 interpelle le maire de Bourgoin-Jallieu au sujet de ce bureau de vote. ‘Notre République laïque n’a-t-elle pas suffisamment de locaux pour devoir utiliser des locaux confessionnels ?’, interroge l’association. ‘Demander à des athées ou des agnostiques, à des croyants d’autres religions (…) de se rendre dans un établissement catholique pour aller voter, est-ce une image acceptable de nos institutions ?' ».

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Colloque aux Bernardins : État, Religions, Laïcité

CaptureQuelles réponses à la montée des fondamentalismes en France et dans le monde ? Quelles évolutions prévoir du rapport État, religions et laïcité en France ?

Comprendre les origines des fondamentalismes qu’ils soient religieux, idéologiques ou technologiques ;

proposer des solutions durables à la double crise de la modernité et de la radicalisation ;

restaurer les conditions qui permettront de placer les progrès de la connaissance au service d’une humanité digne.

Voir le programme du 15 mars

Libé face au phénomène Fillon

Sans titre

Encore un article qui s’emploie à analyser la place de l’électorat catholique dans la présidentielle.

Alain Duhamel livre dans une chronique politique publiée dans Libération hier son analyse sur le fameux «je suis gaulliste et, de surcroît, je suis chrétien» de François Fillon, qui n’a pas fini de faire couler de l’encre. La première partie est intéressante, rappelant que l’argument de « séparation entre politique et religion » est un faux argument. Il est dommage que la seconde résume la question identitaire au seul vote FN, sans analyser davantage les évolutions de l’électorat de droite, la droitisation de la vie politique française, la connexion croissance entre questions identitaires et questions religieuses. Preuve que le FN polarise toujours les commentateurs de la vie politique française, plus encore que le seul jeu politique.

Un article qui peut néanmoins être salué dans la mesure où il part du point de vue des catholiques :

« C’est, en réalité, plus gênant pour l’Eglise catholique que pour la République laïque, car l’objectif de François Fillon n’est en rien de remettre en cause la loi de 1905 mais est, en revanche, très clairement de disputer l’électorat catholique traditionaliste au FN. »

Un amical corrigé pour mon ancien élève…

capture« Au cours la matinale d’Europe 1 du mardi 10 janvier, Raphaël Enthoven nous donnait sa morale de l’info : ‘L’agnosticisme, c’est le credo de la laïcité’. Enthoven rebondit ainsi sur une profession de foi agnostique d’Arnaud de Montebourg. Puisqu’il a été mon élève (Raphaël, pas Arnaud), et que je ne le renie pas, je me sens un peu responsable de ses propos. Conscient des contraintes et des raccourcis qu’impose une prise de parole radiophonique, je proposerai à l’ancien élève, en guise de correction fraternelle, un amical corrigé ».

Paul Clavier, dans La Vie…

Laissez-nous vivre Noël

xvmb3950396-c5fb-11e6-a030-cff5af09f187C’est en substance le message que délivre Maxime Tandonnet dans une tribune parue au FigaroVox. Depuis plusieurs années, ce « temps de Noël », appelé à être un temps de paix est transformé en terrain de confrontation entre laïcistes et identitaires. Il est temps de dire : ça suffit ! #LaissezNousVivreNoël

Depuis quelques années, la fête de Noël se voit prise en otage des passions idéologiques française, au grand dam des croyants et même des incroyants de culture chrétienne, attachés aux traditions. En France, deux formes de fanatismes se trouvent face à face et se nourrissent l’un l’autre. D’une part les laïcistes, que toute expression chrétienne dans un espace public indispose. Ceux-là ont fait de la lutte contre la crèche de Noël, par le biais de plaintes en justice, leur nouveau fonds de commerce. Et puis les idéologues extrémistes, qui à l’inverse, instrumentalisent la crèche comme outil identitaire, destiné à marquer leur rejet des autres religions. Ces derniers vont jusqu’à formuler l’exigence de la présence de crèche dans les collectivités territoriales et à s’indigner de son absence.

Maxime Tandonnet, au FigaroVox

Les réseaux sociaux découvrent les traditions chrétiennes de la France

Pascal Praud dans son édito sur RTL :

« Les réseaux sociaux vont tous nous rendre fous ! », lance Pascal Praud. « Ils ont découvert cette chose ahurissante dimanche 27 novembre : la France et l’Europe sont des terres de tradition chrétienne », raille-t-il. « Je précise ‘tradition chrétienne’. Mais sachez que la croix de Valérie Boyer n’est pas catholique, elle est orthodoxe, précisément arménienne« , poursuit-il.

« Valérie Boyer est maire des XIe et XIIe arrondissements de Marseille, où vivent beaucoup de fils et de petit-fils d’Arméniens arrivés en 1915, après le génocide perpétré par la Turquie« , rappelle le journaliste, ajoutant : « Ceci explique cela, et notamment cette croix qu’elle ne quitte jamais ».

« Mais au-delà de cette confusion, cet exemple montre l’hystérisation des débats. Jamais, il y a quinze ans, la croix de Valérie Boyer, catholique ou orthodoxe, serait devenue un sujet », décrypte Pascal Praud. « Il existe des intégristes de la laïcité qui traquent, dénoncent et puniront, qui sait, demain ceux qui affichent leur médaille de baptême », lâche-t-il. « L’intolérance avance, la bêtise galope, et chacun porte sa croix », conclut-il.

Le Conseil d’Etat autorise les crèches si elles ont des guirlandes

imageEt encore, clignotantes.

Le Conseil d’Etat a donc rendu ses décisions dans les affaires des crèches dans l’espace public. Et, contrairement à ce que l’on peut lire dans la presse, le Conseil d’Etat n’a pas « autorisé les crèches de Noël ». La décision est plus nuancée puisqu’il a cassé la décision de la Cour administrative d’appel de Paris, qui avait considéré qu’une crèche de Noël contrevenait par principe à la neutralité religieuse. Il considère, un peu à l’image de la Rapporteur public qui évoquait un « objet mixte », que la crèche est un objet spécifique :

Une crèche de Noël est une représentation susceptible de revêtir une pluralité de significations. Il s’agit en effet d’une scène qui fait partie de l’iconographie chrétienne et qui, par là, présente un caractère religieux. Mais il s’agit aussi d’un élément faisant partie des décorations et illustrations qui accompagnent traditionnellement, sans signification religieuse particulière, les fêtes de fin d’année.

Par conséquent,Lire la suite

La laïcité peut-elle varier ?

laicite-sappliquer-toujours-lieux-facon-indifferenciee-faire-lobjet-approche_0_730_685En marge des valses-hésitations de notre Premier Ministre (sur le mode « non, je n’ai pas dit qu’on pouvait approcher la laïcité de différentes manières ! »), on peut raisonnablement se poser la question de savoir si la laïcité peut et doit s’appliquer pareillement en tous lieux et en tous temps.

C’est l’objet du débat entre Jean-Louis Bianco, président de l’Observatoire de la laïcité, et Charles Arambourou, membre de l’union des familles laïques, dont La Croix fait écho.

A ceux qui militeraient pour une application univoque (oserais-je « aveugle » ?) de la laïcité, l’examen des faits montre beaucoup de contre-exemples. Dans une contribution avec le Père Jacques Anelli et l’Imam Mohamed Bechir Ould-Sass sur « Les religions : menace ou bienfait pour le vivre ensemble ? », Jean-Paul Willaime, fin connaisseur de ces sujet, notait ainsi les différences d’approche, au sein même de l’Etat, entre l’Education Nationale d’une part, les Armées ou le monde hospitalier d’autre part.

Ne peut-on imaginer collectivement et sereinement que le respect d’un principe puisse très bien accepter des applications diversifiées ? Une question d’Esprit et de Lettre sûrement … qui reste difficile à partager dans un environnement qui utilise parfois la République comme une paire d’oeillères.

Manuel Valls veut des religions qui « brillent au cœur de la République » !

Manuel VallsLe premier ministre Manuel Valls a été accusé d’avoir adouci ces derniers temps, alors qu’il entrerait plus ou moins en campagne présidentielle (cela ne nous regarde pas, enfin, pas encore !), sa position sur la laïcité. Il a redit ses convictions devant des militants pro-laïcité lors de la remise des « prix de la laïcité » par le Comité laïcité République. Il explicitait ainsi ses derniers propos sur l’affaire du burkini et sur l’islam.

J’ai le plus grand respect et la plus grande considération pour la religion et la culture musulmanes. Et parce que je la respecte, je la soumets aux mêmes exigences que toutes les autres religions. Je veux qu’elle brille au cœur de la République, c’est-à-dire qu’elle sache aussi se débarrasser du poison salafiste qui la mine. Et l’Etat est là pour accompagner les Français musulmans dans ce combat.

Manuel Valls, 2 novembre 2016

Lire l’article complet dans le Figaro.

Au Quebec, la laïcité s’appelle « neutralité religieuse de l’Etat »

Au Québec, le projet de loi 62, portant sur la neutralité religieuse de l’État, est défendu par le gouvernement libéral. Le terme « laïcité«  n’apparaît nulle part dans le texte du projet de loi 62. Ses rédacteurs ont plutôt utilisé l’expression « neutralité religieuse de l’État. » Les premiers mots du texte législatif qui sera débattu jusqu’au 9 novembre posent comme objet  l’établissement de mesures visant à favoriser la neutralité religieuse de l’Etat le respect. « À cette fin, elle impose notamment aux membres du personnel des organismes publics le devoir de neutralité religieuse dans l’exercice de leurs fonctions. »

Les évêques du Québec ont été reçus en commission pour expliquer leur position, axée sur la signification et la raison d’être de la neutralité religieuse de l’État, la liberté de conscience et de religion, et la valeur du pluralisme québécois actuel.

Plus d’informations sur le site du diocèse de Québec ou de l’assemblé des évêques catholiques du Québec.

Les croyants ne revendiquent pas l’installation de crèches dans les mairies

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C’est le Père Louis-Marie Guitton, prêtre dans le diocèse de Fréjus-Toulon (Var) et responsable de l’Observatoire socio-politique du diocèse, qui le souligne et qui rappelle entre autres que :

Pour nous, Noël est un temps de paix, donc il n’y a pas lieu d’entrer dans des guerres inutiles. C’est toujours sain qu’il y ait un débat, mais ces histoires de crèche installées dans les mairies ne sont pas une priorité aujourd’hui.Je préfère rappeler que l’histoire que raconte la crèche est dramatique au départ : ce sont des gens qui n’ont pas trouvé à être hébergés, un couple qui cherche une maison. Ca peut nous ramener à l’actualité, non ? La crèche est tout le contraire d’un signe de fermeture.

Soirée débat à Toulon : « Chrétiens et Musulmans dans la République : l’indispensable dialogue »

L’Observatoire Sociopolitique (OSP) du diocèse de Fréjus-Toulon organise le 21 octobre une soirée débat à Toulon sur le thème : « Chrétiens et Musulmans dans la République : l’indispensable dialogue ». Deux religieux et deux élues dialogueront sur l’engagement politique, la conception de notre place dans la République, la laïcité et l’action dans la cité. Soirée débat animée par Eugénie Bastié, journaliste au Figaro, avec :

  • Hayette Hamidi, avocate, fondatrice du think tank France Fière, élue LR au Blanc-Mesnil, Sens Commun
  • Abbé Fabrice Loiseau, fondateur des Missionnaires de la Miséricorde
  • Marie-Hélène Charles, Conseillère municipale de La Garde
  • Docteur Ahmed, Membre du Conseil des Imams du Var

Entrée gratuite, plus d’informations sur la page dédiée.