Qui a peur des miracles ?

« Les miracles sont pris avec des pincettes, entre fascination médiatique et ricanements radiophoniques. Habitué des polémiques un peu gratuites, Raphaël Enthoven assure que l’Église ‘prend les gens pour des imbéciles’. Pour employer les mots de Maurice Bellet, il faudrait se livrer à une critique de la raison sourde, celle qui ne sait entendre qu’elle-même. Cette raison-là n’a pas de cœur ».

Jean-Pierre Denis, dans La Vie

L’inconnu me dévore

« Depuis quelques jours, une joie m’habite. J’ai peur de ne pas savoir dire assez fort pourquoi ce livre m’a tant enthousiasmé, troublé, soulevé de terre. Cela n’arrive pas si souvent. Le livre en question, L’Inconnu me dévore, est un ensemble de textes de Xavier Grall, poète et journaliste breton, disparu en 1981. Ces pages publiées dans La Vie et Le Monde avaient été rassemblées à titre posthume trois ans après la mort de leur auteur. Un éditeur dont je salue l’intelligence, Olivier Frebourg, créateur des éditions Équateurs, a décidé de ressusciter ce recueil de 143 pages. Je sais déjà qu’il restera longtemps sur ma table de chevet… »

Jean-Claude Guillebaud dans La Vie

Laudato si’ en actes !

Vivre sans produire de déchets est l’objectif de Laure-Hélène Canette. Depuis septembre, cette jeune Lyonnaise a décidé de se fixer un nouvel objectif dans sa conversion écologique : finis les produits emballés ! ‘Je boycotte les supermarchés et je me rends dans les magasins avec mes boîtes et mes bocaux’.
Le déclencheur des transformations les plus radicales a été la fréquentation de l’atelier Laudato si’ en actes, organisé depuis septembre 2016 par l’association lyonnaise Les Alternatives catholiques. Il a lieu au bar associatif Le Simone.

Mahaut Herrmann dans La Vie

Le retour du mal

« Il n’est donc pas abusif de proposer la remarque suivante : ce retour du bien et du mal dans le discours contemporain ramène ipso facto nos sociétés vers un minimum d’interrogation spirituelle. Cette spiritualité, religieuse ou pas, qu’elle prétendait orgueilleusement dédaigner. Ou qu’elle croyait surannée. Par la même occasion, l’utilitarisme et le scientisme dominants, comme le cynisme pur et simple, se voient contraints à plus de modestie. Est-ce une mauvaise nouvelle ? »

Jean-Claude Guillebaud, dans La Vie

Que nous a dit Noël ?

« Semaine après semaine, une question devient explosive : celle des migrants. Leur afflux, bien que quantitativement modeste, suscite chez nous ce qui ressemble à une panique. On aurait tort de ne pas prendre cette dernière au sérieux. Tout n’est pas absurde dans cette crainte d’une immigration incontrôlée qui viendrait bousculer les équilibres politiques, au profit de l’extrême droite. Or, cette peur, ce refus ne cessent de s’aggraver ».

Jean-Claude Guillebaud, dans La Vie

2018 : Contempler le beau versus ruminer le laid

« Ne pourrions-nous pas, en 2018, faire l’effort d’exaucer autant que possible les vœux de Nietzsche, c’est-à-dire tâcher de contempler le beau plutôt que de ruminer le laid, et travailler à réformer tout ce qu’il y a de grincheux, de grognon, de passif, de résigné, dans le regard que nous portons sur nous-mêmes, les autres et le monde ?

En 2018, appliquons la sage maxime de Spinoza, qui fut un des grands inspirateurs de Nietzsche : ‘Toujours prêter attention à ce qu’il y a de bon dans chaque chose, afin qu’ainsi nous soyons toujours déterminés par un sentiment de joie‘ (Éthique, V, 10) ».

Denis Moreau dans la Vie

La grandeur d’un homme

« La grandeur d’un homme n’est pas de promettre les ténèbres mais de tenter, malgré sa propre nuit, de les éclairer. ‘Le monde se perd dans l’obscurité, soyons-en la lumière‘ (saint Charbel Makhlouf).

Voilà tous mes vœux ».

Erwan Le Morhedec dans La Vie

Don de la pluie et tradition chrétienne

« Trois jours de prière du 8 au 10 décembre pour obtenir le don de la pluie : l’initiative de Mgr Xavier Malle, évêque de Gap, n’est passée inaperçue ni chez les fidèles ni dans le public non-catholique. Initiative païenne ? Résurgence de pratiques désuètes ? Beaucoup se sont posé la question. La proposition de Mgr Malle lui a valu l’ironie de la presse locale et même sa première caricature. Pourtant, les origines de sa démarche sont on ne peut plus sérieuses ».

Mahaut Herrmann dans La Vie

Je ne suis pas un démocrate chrétien, mais un socialiste religieux

« Un jour, François Mitterrand me dit : ‘Vous êtes démocrate chrétien’. Je lui réponds : ‘N’inversez-vous pas les rôles ?’ Cette formule l’a laissé pantois. Je ne suis pas un démocrate chrétien, mais un socialiste religieux. Si je m’inscris dans ce courant, je n’ai jamais pensé qu’on pouvait s’exprimer en politique à partir de ses convictions religieuses. Sur le catholicisme en France, nous avons vécu à partir de 1905, un long rapprochement entre deux continents qui étaient séparés. Au fond, cette loi de séparation a été un texte de rapprochement ».

Entretien d’Henrik Lindell avec Jacques Julliard

Alors, pour la Sainte Laïcité, Johnny évangélisa la France païenne

« Alors un grand silence national se fait. Il se fait pour Johnny, mais il se fait incidemment, accidentellement, providentiellement pour Dieu. Rumeurs, ricanements de petits marquis et de starlettes de talk show, postures… tout disparaît. Et l’Église, qui sait si mal communiquer, qui si sait si peu s’expliquer, qui sait si rarement se faire entendre, qui doit tant se faire pardonner… L’Église prend la parole, comme elle sait si bien en ces moments-là. Elle donne, elle pardonne ».

Jean-Pierre Denis dans la Vie

Un médecin archevêque ?

 

Mgr Aupetit, c’est l’évêque qui, avant de te consacrer au Seigneur, vient simplement prier à tes côtés, en silence… parce que c’est le plus important en tout et qu’il le sait très bien. Et quand il te raconte qu’il se lève tous les matins aux aurores pour prier, tu sais que ce n’est pas du chiqué : tous les matins, il prie pour ceux qui lui sont confiés et il veille à soigner sa relation d’intimité au Seigneur. C’est le secret de sa mission.

D’ailleurs, avant de t’adresser une homélie, il prie toujours l’Esprit Saint en silence quelques instants… Pour que ce soit vraiment Lui et non lui qui passe en ses mots.

Accessible, simple, humain : c’est quelqu’un à la poignée de main chaleureuse, à la parole directe et intelligente, à l’humour fin qui affleure souvent dans ses propos : un vrai humain et un vrai spirituel.

Mais la charge d’un archevêque de Paris est bien lourde : en lui souhaitant une belle mission, au Samaritain, nous invitons aussi tous nos lecteurs à prier pour lui !

Vous pourrez encore mieux le connaître en lisant cet article de « La Vie » : « le pape appelle un médecin pour Paris »

 

Catholic workers

« Dans les années 1930, Dorothy Day fonde un journal, The Catholic Worker, qui a pour mission de mobiliser autour des luttes sociales de l’époque, comme la défense des droits sociaux des ouvriers. Ce journal devient ensuite un réseau de lieux de vie : progressivement des communautés se créent, rassemblant ceux qui sont en difficulté, des chômeurs, mais aussi des intellectuels qui, ensemble, partagent le désir d’une vie communautaire fraternelle.

[…] En France, nous avons tendance à séparer lieu de vie, lieu de formation et lieu d’élaboration d’actions. Dorothy Day nous invite à penser des lieux d’unification de la personne humaine dans ses différentes dimensions. Le projet du café-atelier Le Dorothy que nous portons ne s’adresse pas uniquement aux croyants : nous souhaitons proposer un lieu générateur de rencontres et de bien commun ».

Entretien avec Foucauld Giuliani dans La Vie

Le pape à la rencontre des… Rohingyas ?

Le Figaro décrit bien les difficultés que devra affronter le Pape François pour porter un message de Paix lors de son voyage en Asie :

« Le pape François entendra des témoignages de membres de la communauté musulmane des Rohingyas à Dacca durant son voyage au Bangladesh prévu du 30 novembre au 2 décembre, a précisé aujourd’hui le porte-parole du Saint-Siège Greg Burke. Le souverain pontife argentin enchaîne à partir de lundi deux visites délicates, dans la Birmanie bouddhiste et le Bangladesh musulman, où ses paroles seront particulièrement scrutées sur l’éviction des Rohingyas par l’armée birmane ».

Dans La Vie, Mgr Charles Maung Bo, cardinal-archevêque de Rangoun, avait tenté de nous faire entrer dans cette complexité en insistant sur les précautions d’usage du terme de « Rohingya » :

« Le Pape ne devra pas utiliser le mot Rohingya, cela choquerait les Birmans, le gouvernement et les militaires. Cela voudrait dire qu’ils sont une ethnie birmane, qu’ils appartiennent à ce pays, ce qui n’est pas le cas. Je vais lui dire qu’il devra s’exprimer en utilisant le mot musulman. Rohingya est un terme très politique ».

Ne pas subir

« ‘J’ai estimé en conscience que le lien de confiance entre le chef des armées et son chef d’état-major était trop dégradé pour que je puisse continuer dans mon poste’. Oh, bien sûr, on peut toujours sourire de ce catholique pratiquant, saint-cyrien à l’ancienne qui, avant de se rendre à l’Élysée, rangea dans sa boîte son casoar, avec ses plumes blanches et rouges qui se fixent sur le shako, le couvre-chef des cyrards. Villiers rappelle au passage la devise du maréchal de Lattre : Ne pas subir. S’il a écrit ce livre, c’est pour aider les Français à ‘prendre conscience de la gravité de la situation et de la nécessité d’une unité nationale' ».

Jean-Claude Guillebaud, dans La Vie

Qu’ils servent le Seigneur d’une même épaule !

« C’est contre ce ralliement au nazisme que luttèrent, au péril de leur vie, de grandes figures du protestantisme allemand comme Dietrich ­Bonhoeffer, Karl Barth ou Paul Tillich. Ceux-là recommandaient – comme Luther plus jeune, et pas encore gagné par cet antijudaïsme haineux – de s’inspirer du seul texte évangélique. Philippe Richert conclut en ajoutant : ‘Ensemble, juifs et protestants, catholiques, bouddhistes et musulmans, avec ceux qui croient au ciel et ceux qui n’y croient pas, osons regarder notre histoire en face' ».

Jean-Claude Guillebaud dans La Vie

Oui, nous nageons en pleine folie !

« Emmanuel Macron serait-il devenu le président des riches ? En tout cas, l’expression lui colle désormais à la peau. Elle ne sera pas facile à détacher. Pour mieux comprendre ses erreurs, il devrait lire un petit texte étincelant. Il date de 1985, mais fut édité en français en 2011 sous le titre L’Art d’ignorer les pauvres. Son auteur n’est pas un néogauchiste ou un populiste, comme on dit maintenant. Il s’agit de John Kenneth ­Galbraith (disparu en 2006), considéré de son vivant comme l’un des plus grands économistes du XXe siècle. Ces pages nous aident à comprendre pourquoi nous nageons littéralement dans la folie ».

Jean-Claude Guillebaud, dans La Vie

Comme l’éclair part de l’Orient

« Autant de prétextes à interpellations spirituelles sur la paternité, la foi, le mal, l’oecuménisme, la tradition, le zèle évangélique, Boulgakov, Harry Potter et l’inspecteur Barnaby. La linéarité s’incline, tranquillement foulée par le sentiment d’une fructueuse conversation avec un déjà vieil ami. Véritable personnage de roman, amoureux du Christ et de la France (dans cet ordre), Alexandre Siniakov secoue de son regard singulier et jubilatoire, avec une forme de politesse métaphysique, la poussière de nos évidences occidentales ».

Aymeric Christensen dans La Vie

L’enfance massacrée

« C’est à sa façon de traiter l’enfance qu’une société, au bout du compte, est jugée. Comme s’il y avait là un tabou – le dernier peut-être – que l’on ne saurait enfreindre sans toucher à l’essentiel. Or, ces deux ou trois dernières années, nous sommes abreuvés d’images montrant la jeunesse assassinée, égorgée, noyée, ­profanée ».

Jean-Claude Guillebaud dans La Vie

Voici donc un navet recommandable

« Ce film remet en question l’anti-intellectualisme observable chez certains croyants. Il dénonce la tentation fidéiste qui va de pair avec un renoncement à comprendre ou expliquer ce qu’on croit, et qui trouve sa traduction sociale dans une tendance identitaire au communautarisme, un recroquevillement sur soi, l’installation consanguine dans une mentalité de forteresse assiégée. Toutes ces formes de repli sont par essence incompatibles avec la visée universelle, c’est-à-dire catholique, au sens étymologique, du message chrétien. Josh, lui, accepte le débat. Il comprend que la raison philosophique, l’universalité qu’elle autorise et le dialogue qu’elle instaure, permettent de communiquer (au sens fort : partager, mettre en commun), échanger, s’expliquer, et d’échapper par là au prosélytisme à sens unique, et au fanatisme.

Au fond, et si l’on se souvient que la défense et la promotion de l’argumentation rationnelle en matière religieuse fut un des axes du pontificat de Benoît XVI, ce film est naïvement mais profondément ratzingérien. Voici donc, en un sens, un navet recommandable ».

‘Dieu n’est pas mort’, critique de Denis Moreau

 

Tollé européen pour les croix gommées

« Il se trouve que cette affaire est loin d’être un cas isolé. Cela fait en réalité plusieurs mois que l’on trouve la même image de Santorin retouchée sur des produits d’autres marques. Et pas n’importe lesquelles. Sur l’emballage de leurs Yaourts à la grecque, Nestlé, Danone, Carrefour, Lynos et probablement d’autres encore ont tous eu recours au même procédé que Lidl ».

Henrik Lindell sur lavie.fr

Bienvenue en laïcité

« Signalons que l’échec en début de cursus universitaire se prépare, si l’on ose dire, longtemps à l’avance. L’orientation scolaire reste beaucoup trop embryonnaire pour que les choix des élèves de terminale puissent être suffisamment éclairés. Sur ce terrain mal préparé survient le choc de la première année, trop peu ­encadrée, trop déroutante. En se terminant par de massives demandes de changement de filière, elle contribue à engorger davantage la machine APB.

On pourrait, évidemment, regarder du côté des facultés catholiques… »

Coup de gueule de Jean-Pierre Denis

Cette bonne conscience…

« Cet été 2017 aura été celui des incendies et des pyromanes. Piqûre de rappel : des milliers d’hectares peuvent être détruits parce qu’un gamin ou un adulte met le feu à un coin de pinède. C’est dire notre colère chaque fois qu’un incendiaire est arrêté, soupçonné, interrogé. Ses motivations sont souvent pathologiques : un jeu, une fascination pour le feu, une envie d’héroïsme médiatisé, etc. Par comparaison, nous nous rengorgeons du sentiment que, nous, citoyens ordinaires, incarnons la raison, le civisme, le respect de la nature, etc.

Cette bonne conscience, nous fait oublier un détail

Jean-Claude Guillebaud dans La Vie

Solidarité et prière pour Barcelone

« ‘Le Saint-Père a appris avec une grande préoccupation ce qui est en train de se passer à Barcelone’, a indiqué dès jeudi soir Greg Burke, directeur de la Salle de presse du Saint-Siège. ‘Le Pape prie pour les victimes de cet attentat et il désire exprimer sa proximité à tout le peuple espagnol, en particulier aux blessés et aux familles des victimes’, a ajouté Greg Burke.

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En souvenir du passé

« Pourquoi donc prendre la peine d’évoquer ici ces anciennes barbaries ? Pour montrer que si nous y avons renoncé, il nous en reste des traces et des envies au tréfonds de nous-mêmes. Certes, nous nous contentons le plus souvent d’exécutions symboliques. C’est-à-dire médiatiques ».

Jean-Claude Guillebaud dans La Vie

Mossoul libérée

« D’abord – et avec quelle évidence ! – un immense soulagement, un cri de joie, et pourquoi pas un Te Deum ou un alléluia. La libération de Mossoul en Irak, avant celle de Raqqa en Syrie, marque la fin du califat de Daech, ce cauchemar politique, idéologique et religieux, ce diabolique empire établi au nom de Dieu, cet énorme blasphème ».

Jean-Pierre Denis, dans La Vie

Peut-on rire de tout ?

« Principe numéro un, donc : rire de tout ! De la vie comme de la mort, du crime et du mensonge, du faux sérieux et du grandiloquent, de l’hypocrisie et du reste. Nietzsche attendait patiemment ce « grand rire qui ferait éclater le cosmos ».

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Il y a bel et bien une terreur de la vie qui habite l’époque

« À force d’être obsédés par les germes ou les virus, à force de traquer partout les odeurs et les « imperfections », à force de réclamer des normes et des chaînes du froid de toutes sortes, on participe d’une horreur et d’une crainte qui n’osent pas dire leur nom. Une crainte de la vie, tout simplement. Il y a bel et bien une terreur de la vie qui habite l’époque. Par essence, la vie est imparfaite, odorante, transpirante, charnue, diverse, périssable. Elle grouille et elle criaille comme un marché. Elle est rebelle à la conformité, rétive à la norme. Elle est aussi – évidemment – porteuse d’aléas et d’impuretés. L’élimination programmée de tout cela est bien un affreux fantasme hygiéniste, c’est-à-dire un fantasme de mort… »

Jean-Claude Guillebaud sur lavie.fr

L’Évangéliaire de Reims : ce surprenant cadeau de Poutine à Macron

« L’Évangéliaire de Reims convoque à la fois l’imaginaire rémois, celui du sacre des rois, d’une France royaume catholique depuis la conversion de Clovis ; mais aussi l’imaginaire de la Rus’, principauté orthodoxe depuis la conversion de Vladimir 1er, et le règne de son successeur Iaroslav le Sage, père d’Anne de Kiev, une filiation dans laquelle s’inscrit Vladimir Poutine. C’est donc un cadeau symboliquement complexe qu’a offert le président russe à Emmanuel Macron, une sorte de kaléidoscope diplomatique, à multiples messages, à l’image des relations entre les deux pays ».

Marie-Lucile Kubacki dans La Vie

Un bonheur tombé du ciel

« Mon précieux correspondant ne peut s’empêcher d’exprimer sa joie. ‘Un bonheur indicible m’envahit’, écrit-il. Dans la suite de sa lettre, il explique que, sur le lac de Moliets, le rendez-vous entre le milan noir et le pêcheur landais à la barque verte s’est reproduit de nombreuses fois. Ces rencontres sont-elles dues au hasard ? Le milan reconnaît-il la barque ? ‘Voici trois ans, précise-t-il, une tête de brème et son arête principale sont retombées dans la barque. Voulait-il me signifier qu’il était de retour, ou était-ce fortuit ?' »

Jean-Claude Guillebaud sur lavie.fr

Michel Onfray s’attaque à des moulins qu’il a lui-même bâtis…

Entretien avec Jean-Marie Salamito :

« Vous écrivez dans votre livre, à propos des considérations de Michel Onfray sur le christianisme antique, qu’il ‘s’attaque à des moulins qu’il a lui-même bâtis’. Que voulez-vous dire ?

Cette formule m’est venue très vite à l’esprit, quand je lisais les pages où Michel Onfray conteste l’existence historique de Jésus, une thèse qui a fait parler d’elle au XIXe siècle et au début du XXe, mais qui n’est plus soutenue par aucun historien. Le Jésus de Michel Onfray est tellement fantasmé – vu à travers des écrits apocryphes, des œuvres d’art très postérieures à l’époque de sa prédication… – qu’on a l’impression que tout a été retenu sauf, précisément, ce qui permet d’avoir des informations exploitables du point de vue de l’historien. C’est très curieux : cela consiste à prendre les sources les moins fiables ou ce qui n’a même pas le statut de source pour dire : ‘Voilà, il y a toute cette élaboration fictive autour de Jésus, donc Jésus n’existe pas’. Or des sources fiables existent bien, même si elles doivent être interprétées selon des méthodes scientifiques éprouvées ».

Lire l’entretien sur La Vie (édition abonnés)

Il n’y a rien de plus complexe que le pardon

Entretien avec Ingrid Bétancourt :

« Il n’y a rien de plus complexe que le pardon. Pardonner, c’est d’abord en prendre la décision, donc intellectualiser. Le pardon, c’est comme une réflexion intime, un choix spirituel pour ne pas être prisonnier d’une souffrance. Pour pardonner aux autres, il faut d’abord se pardonner à soi-même. Il faut se délester de beaucoup de douleur, décharger son âme. Je peux dire de façon légère que je pardonne aux Farc pour ce qu’ils m’ont fait subir. Notamment parce que j’ai envie que les Colombiens les accueillent bien alors qu’ils reviennent à la vie civile et forment un parti politique. Si l’on considère les émotions charriées par les souvenirs, le pardon est plus difficile à accorder. Lire la suite

Il y a des temps où l’on ne doit dépenser le mépris qu’avec économie

« Ce piteux concours n’incline pas à sourire. À force de réalisme électoral, c’est-à-dire de cynisme, on contribue ainsi à faire éclore ce populisme qu’on promettra ensuite de combattre, avec des effets de manche. Un peu de mépris, ces jours-ci, nous gagne. N’y cédons pas. Chateaubriand écrit, dans ses Mémoires d’outre-tombe : ‘Il y a des temps où l’on ne doit dépenser le mépris qu’avec économie, à cause du grand nombre de nécessiteux' ».

Jean-Claude Guillebaud, dans La Vie

Nous savions que nous étions dans la main de Dieu

« C’est la grâce qui m’a permis de tenir, en plus du soutien de nos proches. Nous savions que nous étions dans la main de Dieu, Lui qui s’était engagé avec nous dans le sacrement du mariage. J’ai expérimenté avec Léonard cette grâce de vivre au jour le jour, en sachant m’émerveiller de choses admirables. En une seconde, vous vivez à la fois la beauté de la vie et son âpreté, sa dureté. Beauté, lorsque je voyais Léonard dans son fauteuil, un enfant sur ses genoux, deux autres derrière en roller, et le quatrième sur sa trottinette. Dureté d’être au four et au moulin, en permanence sollicitée, et de contempler son corps amaigri qui se dirigeait vers la mort ».

Axelle Huber sur lavie.fr (édition abonnés)

Au milieu de la tristesse et de la colère

« Dérobée dans la nuit de vendredi à samedi au cœur du sanctuaire marial, la couronne de la Vierge de Fourvière, forgée à la fin du XIXe siècle grâce aux dons de bijoux des familles lyonnaises, est un morceau du patrimoine lyonnais. Au milieu de la tristesse et de la colère, les responsables du lieu de pèlerinage appellent malgré tout à l’espérance ».

Mahaut Herrmann sur lavie.fr

Cette France qui gronde

« On aurait tort de négliger cette France qui gronde de plus en plus fort, et donnera sans doute 40%, voire davantage, au Front National.

Cette France, c’est celle des perdants de la mondialisation et de l’Europe, celle des marges et des bourgades dont se désintéressent la droite comme la gauche. Cette France-là, non seulement elle est perdante sur tous les tableaux, mais elle est humiliée, jugée trop plouc par les élites urbaines et médiatiques ».

Jean-Claude Guillebaud, sur lavie.fr

Présidentielle : Les évêques de France aux catholiques

« Pas de consignes de vote, mais des points d’attention : après le premier tour de l’élection présidentielle, la Conférence des évêques de France a redit par la voix de son porte-parole quels devaient être les fondamentaux du discernement pour les catholiques.
Toutefois, ‘à la lumière de l’Évangile qui inspire son Enseignement social, l’Église catholique veut éclairer les consciences en donnant des éléments pour le discernement’, explique l’instance épiscopale par la voix de son porte-parole, Mgr Olivier Ribadeau-Dumas ».

Laurence Desjoyaux dans La Vie

Miséricorde pour les hommes, miséricorde pour la terre

« Heureuse coïncidence que la célébration de la fête de la divine miséricorde le jour d’une élection capitale et le lendemain d’une mobilisation mondiale pour une cause, l’écologie, qui n’est plus au cœur des débats publics. L’amour infini du Seigneur, qui ne se lasse jamais de donner son pardon et d’attirer les hommes vers lui, nous rappelle que les ténèbres n’auront pas le dernier mot ; que, même au plus fort du désespoir d’Israël, Dieu n’a pas abandonné son peuple. Le soin de la maison commune nous semble un engagement bien vain face à la menace terroriste ? La peur nous semble devenir le critère ultime de discernement dans l’isoloir ? Ce sont des réflexes humains bien compréhensibles. Mais s’il est une force particulière du christianisme, elle n’est pas dans le poids électoral des catholiques, des protestants, des orthodoxes au moment de dépouiller les votes. Elle est dans la bonne nouvelle de Pâques au plus fort du doute ».

Mahaut Herrmann sur lavie.fr

Je ne sais plus sur quoi fonder mon espérance, sinon sur Dieu

« Désormais, 95% des chrétiens partiraient s’ils le pouvaient, pense le père Imad. “L’Église leur dit ‘restez !’, ils nous répondent ‘mais pourquoi ?’ et c’est vrai que nous sommes impuissants”. Plus que la pauvreté, c’est l’épuisement et le manque de perspective qui marque partout en Syrie. Du haut de sa cathédrale cernée par les ruines, l’évêque maronite, Mgr Tobji, pourtant le sourire éternellement accroché aux lèvres, avait fait part de ses états d’âme : “Je ne sais plus sur quoi fonder mon espérance, sinon sur Dieu. C’est lui, le Seigneur de l’histoire, qui peut changer les cœurs”. Dans un pays déchiré, les espoirs humains ont été engloutis dans la guerre ».

Alep, Homs, Maaloula, Vallée des chrétiens… par Laurence Desjoyaux

Chrétiens d’Orient : envisager un long combat sous l’angle spirituel

« Envisager alors ce long combat sous l’angle spirituel, comme un carême de 40 ans, à l’image des Hébreux errant dans le désert. Ou comme une montée vers Pâques, une Passion vécue dans la chair, et non en costumes d’époque. Les souffrances des chrétiens de Syrie font entendre pour de vrai le cri de Jésus à l’agonie : ‘Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ?’ Mais par ce mot, le Christ élève avec lui, sur la croix, tous nos découragements. Le jour des Rameaux, alors que l’on apprenait les terribles massacres de Coptes, une brève vidéo diffusée sur les réseaux sociaux par l’association Fraternité en Irak montrait les chrétiens joyeux dans l’église incendiée de Qaraqosh, où leur présence se rétablit avec difficulté. Ceux qui n’ont plus rien souffrent avec le ­Messie et par lui espèrent. Ils méritent, littéralement, le nom de fidèles ».

Jean-Pierre Denis sur lavie.fr