Je ne suis pas un démocrate chrétien, mais un socialiste religieux

« Un jour, François Mitterrand me dit : ‘Vous êtes démocrate chrétien’. Je lui réponds : ‘N’inversez-vous pas les rôles ?’ Cette formule l’a laissé pantois. Je ne suis pas un démocrate chrétien, mais un socialiste religieux. Si je m’inscris dans ce courant, je n’ai jamais pensé qu’on pouvait s’exprimer en politique à partir de ses convictions religieuses. Sur le catholicisme en France, nous avons vécu à partir de 1905, un long rapprochement entre deux continents qui étaient séparés. Au fond, cette loi de séparation a été un texte de rapprochement ».

Entretien d’Henrik Lindell avec Jacques Julliard

Gauche française et catholicisme

capture-fc« Le récit canonique refait par Julliard trouve en lui-même sa propre objection lorsque l’intéressé constate que ‘les catholiques sociaux, à force d’être sociaux, ont fini par négliger d’être catholiques’. Il doit bien y avoir quelque raison à cela qu’il s’agirait d’examiner avec rigueur. La référence qui est faite, je crois à contre-emploi, au père de Lubac devrait mettre sur la piste de ce qui fut à l’origine d’un dévoiement. Car le grand théologien avait désapprouvé, dès la fin de la guerre, l’évolution d’un courant qui croyait que Vatican II consacrait sa victoire, alors qu’il se précipitait sur une voie d’apostasie.

Mais le désaccord sur l’histoire rebondit sur le désaccord sur le présent. Non, le catholicisme d’affirmation qui renaît aujourd’hui n’a rien à voir avec un repli intégriste. Mais il faudra en discuter plus avant ».

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