La messe est dite ?

Isabelle de Gaulmyn, rédactrice en chef du journal La Croix, était l’invitée de l’émission politique « C’est dans l’air » ce lundi 17 avril. Lundi de Pâques oblige, l’émission était consacrée à la place des religions dans la campagne présidentielle. Si elle permet quelques clarification sur la nature de Sens Commun à destination d’un public extérieur au monde catholique et si elle dresse un vaste panorama des interactions passées, présentes et futures entre religions et programmes, elle pêche par manque de précision dans l’analyse et la définition des notions. Lire la suite

Des responsables musulmans anglais à la rencontre du Pape

La rencontre, c’est le mot-clé, tant elle est constitutive du dialogue !

« Je pense que les personnes de foi ont beaucoup à offrir. Le dialogue entre personnes qui croient en Dieu crée un espace commun. Et c’est de ce point de vue un devoir pour les chefs religieux de se parler, de se rencontrer, d’explorer ensemble des solutions communes, d’affronter la question du credo religieux qui aboutit à l’extrémisme et à la violence. »

Ces propos, rapportés par l’agence Zenit, sont ceux du cardinal Vincent Nichols, archevêque de Westminster, annonçant à la presse la visite privée de quatre responsables musulmans du Royaume-Uni au Pape François. Ce dernier les accueillera le 5 avril 2017, deux semaines après l’attentat de Westminster.

Et prévenant toute velléité de repli national, identitaire, précisément, le cardinal a bien souligné par ailleurs : « il est clair que ce qui s’est passé n’a rien à voir avec les frontières. Le terroriste était un homme né en Angleterre, qui avait grandi en Angleterre. Il a passé, il est vrai, une brève période en Arabie et il est devenu musulman. Mais il faut aussi dire que c’était un homme avec une longue histoire de violence. Il a été 5 ou 6 fois en prison, et ceux qui l’ont connu parlent d’un homme très en colère. Cet accident doit donc être regardé et interprété dans sa réalité ».

Le pape chez Abdel Karim

Aujourd’hui, le pape a changé notre vie, nous sommes très heureux. C’est incroyable que le pape soit entré dans ma maison. Il me semble que je rêve, mais au contraire tout est vrai : j’ai eu le pape dans ma maison !

Le pape est entré dans Milan en passant par les « périphéries ». Il est allé à la rencontre de plusieurs familles dont celle d’Abdel Karim Mihoual, musulman, originaire du Maroc – manifestement source d’une grande joie pour lui, comme le rapporte Zenit. Le pape s’est vu offrir du lait et des dattes, dans la pure tradition marocaine, indique le site marocain, le360.ma.

Pour qui en doute : oui, la rencontre est possible.

Cela a été une chose très belle, a confié la maman, Hanane, souriante, que le pape soit venu ici trouver une famille musulmane.

10 livres pour comprendre l’islam…

A lire, un article de La Croix qui propose 10 ouvrages « pour comprendre l’islam » et, comme dirait le dominicain Adrien Candiard, pour comprendre « pourquoi on n’y comprend rien ».

A ajouter donc à cette liste l’ouvrage d’Adrien Candiard, Comprendre l’islam (ou plutôt : pourquoi on n’y comprend rien), paru chez Flammarion en 2016.

Auteur de l’essentiel Veilleur, où en est la nuit ?, il vient de publier un livre de réflexion sur la vocation chrétienne, au éditions du Cerf : Quand tu étais sous le figuier… Propos intempestifs sur la vie chrétienne.

 

 

Une entreprise peut interdire les signes religieux

Une entreprise peut interdire dans son règlement intérieur le port visible de signes religieux, politiques et philosophiques afin de conserver sa neutralité, sous certaines conditions, a estimé mardi 14 mars la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE).

La Cour de justice, basée à Luxembourg, a rendu son avis dans deux cas, en Belgique et en France, de femmes musulmanes estimant avoir été discriminées au travail en raison de leur port du foulard islamique. L’une évoque clairement une discrimination illicite tandis que l’autre laisse la porte ouverte à la justification d’une restriction liée à une « politique de neutralité » mise en place par l’entreprise.

 

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La Conférence d’Al-Azhar affirme « l’égalité entre musulmans et chrétiens »

La Conférence d’Al-Azhar affirme « l’égalité entre musulmans et chrétiens » - La Croix 06-03-2017 à 14-00-55

La Croix, sous la plume d’Anne-Bénédicte Hoffner, rapporte un événement qui pourrait être de grande ampleur. Alors que le cheikh d’Al-Azhar avait déjà qualifié la dhimma (aka dhimmitude dans certains milieux) d’ « anachronique », la Conférence d’Al-Azhar a confirmé l’égalité entre les chrétiens et les musulmans, qui forment une seule nation. Elle s’est encore prononcée pour un rejet de toute discrimination entre eux.

L’islam est réformable

6125_muhammad-abduh-w_440x260C’est ce que soutient Mohamed Haddad, professeur d’islamologie et de religions comparées à l’université de Carthage (Tunisie) dans Le Réformisme musulman, une histoire critique. Il en développe quelques aspects intéressants pour Le Monde des Religions, en s’appuyant sur l’exemple de sur Muhammad Abduh, l’une des figures de proue du réformisme musulman, grand mufti d’Egypte entre 1889 et 1905. Si la réforme qu’il a tenté d’impulser a avorté, sous l’influence du Wahhabisme et des Frères Musulmans, son existence même laisse supposer que l’islam n’est pas intrinsèquement irréformable.

Mohamed Haddad souligne l’influence de ces derniers courants, du poids donné aux pays hébergeant le Wahhabisme et une vision politique de l’islam du fait de la puissance financière acquise avec la manne pétrolière, ainsi que le rôle de la colonisation (« L’Occident, que l’on prenait comme référence, est devenu l’ennemi. »)

Il propose dans cet entretien deux pistes : « re-spiritualiser l’islam pour le dé-wahhabiser », et inverser l’ordre de priorité actuellement admis entre les versets de Médine et ceux de La Mecque.

C’est à lire dans Le Monde des Religions.

Pour le grand imam d’Al-Azhar, la dhimmitude est un concept anachronique

le cheikh Ahmed Al TayyebC’est une nouvelle remarquable, que rapporte Radio Vatican, « qui marque une date importante dans l’histoire des relations interreligieuses en Egypte. »

Lors d’une interview télévisée le 13 janvier dernier, le grand imam d’Al Azhar, le cheikh Ahmed Al Tayyeb est revenu sur le concept de la dhimma, la protection que l’Etat musulman accordait aux minorités non-musulmanes à l’époque médiévale. La principale autorité du sunnisme a expliqué que ce terme était devenu anachronique.

[…]

Le cheikh d’Al Azhar faisait, dans sa déclaration, essentiellement référence aux coptes, les chrétiens d’Egypte, souvent victimes de discriminations. «La citoyenneté, réclamée par les manifestants de la révolution de 2011, est la seule garantie de l’égalité et de stabilité pour la société d’aujourd’hui » a-t-il expliqué.

Ahmed Al Tayyeb avait rencontré le Pape François le 23 mai 2016 au Vatican. Une visite historique qui avait confirmé le réchauffement entre l’institution du Caire et le Saint-Siège. A l’issue de cet entretien, le cheikh avait fait l’éloge du Souverain Pontife. Il avait aussi expliqué que les musulmans et les chrétiens souffraient ensemble de la violence et du terrorisme, qui frappe l’Egypte.

Chrétiens convertis au Maroc

capture« Reste, pour les convertis, le regard de la société, le plus dur à supporter. ‘J’aurais moins peur de dire la vérité au procureur du roi qu’à mon oncle !’, s’amuse Reda, qui tient secrète sa conversion. ‘Je veux garder mon travail et mes amis. Ici, quitter l’islam, c’est impensable. On pense que tu fais ça pour mener une vie de débauche, comme dans les séries américaines à la télé ! Ou on te prend pour un fou' ».

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Le dialogue avec les musulmans doit continuer

«Le dialogue avec les musulmans doit continuer», explique le card. Tauran« Le dialogue avec les musulmans doit continuer parce que l’alternative serait la violence », déclare le cardinal français Jean-Louis Tauran dans les colonnes de L’Osservatore Romano en italien du 21 décembre 2016, au lendemain de l’attentat de Berlin. Il ajoute: « Continuer de croire au dialogue qui est essentiel pour toute l’humanité » .

Interrogé par Gianluca  Biccini, le président du Conseil pontifical pour le dialogue interreligieux affirme la nécessité d’ « un dialogue de l’espérance, pour répéter que les religions ne sont pas le problème mais qu’elles font partie de la solution de ce qui est en train de se passer dans le monde ». Il évoque la réaction française à l’assassinat du père Hamel.

Devant ces actes, le drame des migrations, la crise internationale, surtout devant la situation de conflit en Syrie, la tentation du défaitisme est grande. Mais c’est justement maintenant qu’il faut continuer de croire au dialogue qui est essentiel pour toute l’humanité.

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Paroles de djihadistes

Le Monde publie les bonnes feuilles du nouveau livre de Daniel Thomson sur le retour des djihadistes. Et il y a déjà des choses à prendre en compte :

« On nous pousse à consommer, consommer, consommer plus. Mais au bout d’un moment, consommer, ça ne donne pas une raison de vivre. Certains ont besoin d’un autre projet. Quand on voit que le seul projet des démocraties occidentales aujourd’hui, c’est d’offrir du pouvoir d’achat aux gens, c’est vide, ça donne pas envie de vivre. Consommer, ça génère de l’ennui aussi, on dirait qu’on est morts. Des robots. »

9782021349399fsAttention à ne pas se tromper toutefois : ce n’est pas la société de consommation qui a assassiné plus de 200 français. Mais il faut entendre ce reproche de vacuité de nos sociétés. Comme il faut aussi entendre, quoi qu’on en pense, la perception de Lena, qui attribue son parcours et sa volonté toujours présente de commettre des actes terroristes à son sentiment d’être perçue comme inférieure parce que musulmane. Là encore, un tel sentiment ne conduit pas tout le monde à se muer en assassin. Cela n’excuse rien. Mais ce n’est pas inutile de le garder à l’esprit à l’égard des autres musulmans, ceux qui ne commettront aucune violence mais ont pourtant la même perception.

Rendez-vous interreligieux à la mosquée d’Angoulême

Conférence à la mosquée "De la Miséricorde vers l'Amour"Dans le cadre du dialogue interreligieux entre chrétiens et musulmans, la communauté musulmane d’Angoulême invite tous les croyants pour un temps d’échange et de partage. à l’occasion d’une conférence sur le thème : « De la miséricorde vers l’amour » par Mr Zaim Khenchelaoui, anthropologue des religions et spécialiste du soufisme. Cette conférence aura lieu le samedi 12 novembre, à 19h30, à la mosquée d’Angoulême. Inscriptions avant le 9 novembre. Plus d’informations sur le site du diocèse d’Angoulême ou sur le site de la paroisse Saint Jean Baptiste.

La réponse du Conseil Théologique Musulman de France aux Evêques de France

Le Conseil Théologique Musulman de FranceLe Conseil Théologique Musulman de France a publié une lettre en réponse au texte de la Conférence des Évêques de France : « Dans un monde qui change, retrouver le sens du politique ». Dans cette lettre, les théologiens musulmans saluent l’initiative des évêques, et entendent leur témoigner reconnaissance et soutien. En abordant les crises actuelles, attentats, crise syrienne et atmosphère de guerre mondiale imminente, stigmatisation des migrants, instrumentalisation de la laïcité, manœuvres électoralistes, ils proposent d’apporter leur collaboration à toute initiative visant à promouvoir la paix et l’unité, par l’amour et la miséricorde.

Extrait ci-dessous :Lire la suite

Une délégation d’Al-Azhar dans l’église du p. Hamel

Le Père Jacques Hamel, nouvelle figure pour le dialogue entre catholiques et musulmans.

Mercredi 26 octobre, dans l’après-midi, une délégation de l’université Al-Azhar du Caire a visité l’église Saint-Etienne de Saint-Étienne-du-Rouvray. Les 5 personnes qui composent la “Caravane de la Paix”, une initiative du Conseil des sages musulmans à laquelle participent des religieux et des universitaires, étaient guidées par le prof. Oussama Nabil, directeur des études francophones et de recherche en islamologie à l’Université Al-Azhar, également fondateur et directeur de l’Observatoire Al-Azhar, fondé en 2015 pour la lutte contre la diffusion des idées extrémistes dans le monde musulman.

Mgr Dominique Lebrun a ensuite conduit personnellement la délégation à la cathédrale de Rouen. « J’avais la crainte d’être confronté à Saint-Étienne-du-Rouvray à de la haine, un désir de vengeance. Au contraire, j’y ai trouvé un esprit de fraternité et d’amour, malgré ce qui s’est passé », constatait le chef de la délégation, dont le message est de transmettre cette « volonté d’amitié » autour d’eux.

Plus d’infos sur Paris-Normandie et Radio Vatican

Pierre Manent outre Atlantique

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La réflexion du philosophe Pierre Manent sur la place de la religion et spécifiquement de l’islam dans notre « conversation civique » suscite l’intérêt de la revue intellectuelle The Atlantic :

Manent is writing in a French manner for French people about French problems. Americans face different problems, and they talk about them in different ways. Yet there is wisdom to be gained from Manent’s profound intelligence despite this.

Cela donne à réfléchir sur l’accueil frileux des milieux de droite traditionnelle hurlant à la compromission et de ceux de gauche laïciste n’y voyant qu’une réponse de catholique sorti du placard…

Syrie : « Notre monde a besoin d’une révolution contre la violence »

Le père Jacques Mourad est resté prisonnier de Daech durant cinq mois avant de parvenir à s’échapper. Celui qui était prieur du monastère syrien de Mar Elias, aujourd’hui détruit par les islamistes, a répondu aux questions de l’Aide à l’Eglise en Détresse. Loin de toute rancœur, il appelle à une action éclairée pour vaincre le fanatisme.

Si le monde souhaite vraiment mettre fin aux ravages des fanatiques, il faudra arrêter de commercer avec l’Arabie Saoudite. […] Les bombardements ne servent à rien.

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Soirée débat à Toulon : « Chrétiens et Musulmans dans la République : l’indispensable dialogue »

L’Observatoire Sociopolitique (OSP) du diocèse de Fréjus-Toulon organise le 21 octobre une soirée débat à Toulon sur le thème : « Chrétiens et Musulmans dans la République : l’indispensable dialogue ». Deux religieux et deux élues dialogueront sur l’engagement politique, la conception de notre place dans la République, la laïcité et l’action dans la cité. Soirée débat animée par Eugénie Bastié, journaliste au Figaro, avec :

  • Hayette Hamidi, avocate, fondatrice du think tank France Fière, élue LR au Blanc-Mesnil, Sens Commun
  • Abbé Fabrice Loiseau, fondateur des Missionnaires de la Miséricorde
  • Marie-Hélène Charles, Conseillère municipale de La Garde
  • Docteur Ahmed, Membre du Conseil des Imams du Var

Entrée gratuite, plus d’informations sur la page dédiée.

Du pardon

photoPilote, il a été victime d’une attaque aux Etats-Unis. Son agresseur avait déjà tué deux personnes pour les mêmes motifs. Or, non seulement il a pardonné à son agresseur mais il s’est démené pour lui éviter la peine de mort. En vain, certes. Aujourd’hui, il continue sa lutte pour prouver qu’il est possible de vivre ensemble en paix et en amitié, même entre personnes de différentes convictions. Et, vous allez rire : il est musulman. (Source Zenit)

Lisez plus souvent l’Evangile que les textes politiques

Mgr Pontier : « Notre société est devenue pluriculturelle »A lire : cette interview de Mgr Pontier, président de la Conférence des Evêques de France, au journal Le Monde.

Sur l’Islam :

Pour l’Eglise, le vivre-ensemble est possible. Il faut le réussir en favorisant les rencontres et tout ce qu’on peut « faire » ensemble. […]

Il vaut mieux encourager ceux-là, ceux qui au sein de l’islam cherchent la manière de vivre leur religion dans la République, que passer son temps à dénoncer les autres.

Sur l’accueil des réfugiés :
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Le Pape François rencontre le CFCM

Une délégation du Conseil français du culte musulman (CFCM) va se rendre à Rome le 3 novembre prochain, à l’invitation du Vatican. Le président du CFCM Anouar Kbibech sera accompagné de ses vice-présidents Chems-Eddine Hafiz, Ahmet Ogras et Sebti Taoufik, ainsi que de son secrétaire général Abdellah Zekri. Ils bénéficieront d’une audience privée avec le pape François afin d’évoquer la question des relations entre les musulmans et les chrétiens.

Plusieurs cardinaux français ont intercédé auprès du Saint Siège pour que cette rencontre puisse se tenir. Cette rencontre a d’ailleurs été rendue possible grâce à « l’excellence des rapports du CFCM avec la Conférence des évêques de France » (CEF), présidée par Mgr Georges Ponthier, avec le concours de l’évêque d’Evry-Corbeille-Essonne Mgr Michel Dubost, président du Conseil pour les relations interreligieuses de la CEF, ainsi que « l’appréciation très positive par le pape François de l’action et des initiatives du CFCM pour le dialogue interreligieux », indique à Saphirnews Anouar Kbibech, qui avait rencontré le souverain pontife en septembre en marge de la rencontre interreligieuse d’Assise, en Italie.

Les multiples gestes d’amitié islamo-chrétienne qui ont suivi l’assassinat du père Jacques Hamel à Saint-Etienne-du-Rouvray ont particulièrement appuyé la décision.

SaphirNews

Dialogue avec l’Islam : ni irénisme, ni violence

Mgr Pascal Roland, évêque de Belley-Ars , organise une série de conférences pour apprendre à connaître l’Islam :

 

Lorsque nous observons ce qui se passe actuellement dans le monde, il est manifeste que le grand défi, incontournable, qui s’offre à nous dans les années présentes est celui de la fraternité universelle. Tous les hommes de sagesse et de bonne volonté sont d’accord sur cette priorité. Le philosophe musulman Abdennour Bidar écrivait, dans son Plaidoyer pour la Fraternité, suite aux attentats de janvier 2015 à Paris, que ceux-ci nous rassemblaient de façon instinctive contre le fanatisme en nous faisant prendre conscience qu’il fallait maintenant changer d’ère : passer du « choc des civilisations » à la fraternité des cultures, du choc des indifférences à la fraternité des cœurs.

 

Les attentats meurtriers, qui font malheureusement le quotidien de beaucoup de pays, surviennent maintenant sur notre territoire.

 

Ceux qui mènent ces combats se réclament de l’Etat islamique. Ils font référence au Coran et à une tradition musulmane pour justifier leurs actions. Cela sème la confusion dans les esprits en même temps que la peur. De ce fait, les relations entre les musulmans et les non-musulmans, notamment les catholiques, sont de plus en plus tendues. La méfiance réciproque tend à paralyser les relations. Des clichés les plus divers circulent. Un certain nombre de courants politiques instrumentalisent la situation.

 

Dans ce contexte difficile, nous voyons des approches réductrices qui conduisent aux prises de position les plus diverses, y compris chez ceux qui se réclament de la foi chrétienne : depuis l’irénisme inconscient et le syncrétisme, jusqu’aux simplismes binaires et aux attitudes violentes.Lire la suite

Emmanuel Macron : « Demanderait-on à des catholiques d’être modérés? Non! »

Emmanuel Macron, dont les idées économiques sont un peu aux antipodes de la doctrine sociale de l’Église, se met à défendre le droit dans Le Journal du Dimanche la visibilité des catholiques pour défendre celle des musulmans. À force de récupération des catholiques par ceux qui veulent que les musulmans soient discrets puis par ceux qui défendent le droit des musulmans d’être visibles, on en vient à se dire que ce qu’est être catholique n’est pas clair pour tout le monde, et ce qu’est être musulman non plus.

Reprenant les mots prononcés par Jean-Pierre Chevènement qui avait demandé aux musulmans d’être « discrets », Emmanuel Macron dit « dénoncer [ces] considérations ». « Demanderait-on à des catholiques d’être modérés? Non! On demande à des gens de faire ce qu’ils veulent avec la religion pour eux-mêmes et d’être dans un rapport de respect absolu avec les règles de la République », conclut-il.

Une identité morte ne sert à rien sinon à recevoir des chrysanthèmes

Samuel Pruvot et Malik Bezouh s’entretiennent pour le Figaro Vox de l’identité chrétienne de la France. Extraits.

Le christianisme est-il juste une part ancestrale de nous-mêmes? (…) Si le catholique est le dernier des Mohicans il ne reste plus qu’à le parquer quelque part. En souvenir. Une identité morte ne sert à rien sinon à recevoir des chrysanthèmes. (Samuel Pruvot)

Malheureusement, aujourd’hui, certains, et il est à craindre qu’ils ne soient de plus en plus nombreux à l’avenir, font un bien triste usage de cette identité chrétienne, transformée, tantôt par opportunisme électoraliste, tantôt par peur, en une arme redoutable dont la finalité n’est nullement l’intégration mais l’exacerbation de l’altérité musulmane de France. C’est d’autant plus désolant que le patrimoine chrétien, s’il était enseigné avec intelligence et, si j’osais, avec amour, pourrait, j’en suis persuadé, constituer, en partie, un antidote au désintérêt de ces français musulmans pour la France à laquelle ils ont, hélas, tourné le dos. (Malik Bezouh)

Et si c’est Daech qui leur tend la main…

Frappante coïncidence : c’est à la mosquée de Saint-Etienne de Rouvray qu’a été enterré le fils de Latifa Ibn Ziaten, assassiné par Mohamed Merah. Depuis, elle parcourt le pays pour lutter contre la radicalisation des jeunes musulmans. Elle revient pour La Vie sur sa vision de ce phénomène.

La République est là mais on doit lui apporter des choses, pas exiger des choses. Par ailleurs, on ne valorise pas assez les jeunes qui ont réussi. Or, dans les cités, pour lutter contre le désespoir, il faut des exemples. (…) Les jeunes me disent : quand on parle de nous, c’est toujours pour parler de ceux qui sont sortis du chemin. C’est ainsi que le mal se répand.

Se préparer au martyre, mais pas seulement

Mgr Lebrun affirme aussi, pour Famille Chrétienne, que « chacun d’entre nous qui laisse prise à Satan devient persécuteur, par exemple par la colère ou le mensonge. » Il ajoute encore :

De tout cœur, je souhaite que le dialogue avec les musulmans devienne plus intense et plus intérieur. Beaucoup souhaitent et vivent le climat d’amitié qui en est la base. Je demande au Père Hamel de nous aider à résister à tout ce qui ressemble, de près ou de loin, à des généralisations ou des soupçons a priori. La tentation des boucs émissaires demeure. Jésus, par son sacrifice unique, a aboli tout autre sacrifice qui, en définitive, ne soulageait pas vraiment l’humanité de son péché.