« Ni repli identitaire, ni effacement. Être chrétien aujourd’hui »

Comment les chrétiens peuvent-ils s’engager au nom de leur foi sans subir de récupérations idéologiques ? Les chrétiens ont-ils encore un rôle à jouer dans le monde moderne qui depuis longtemps ne les attend plus ?

Les Bernardins ont organisé un « Mardi » à cette question, avec la Communauté chrétienne de l’Essec. La table-ronde réunissait Noëlle Benoist, présidente de ladite communauté, Philippe d’Iribarne (ethnologue, socilogue, directeur de recherce au CNRS et notamment auteur de Chrétiens et modernes, Gallimard, 2016), Thierry Bizot (Producteur de télévision, et auteur entre autres livres de Catholique anonyme, Points, 2009), ainsi que Erwan Le Morhedec (Avocat, blogueur et auteur notamment de Identitaire, le mauvais génie du christianisme, Editions du Cerf, 2017).

Le débat disponible en vidéo ci-dessus, sur le site du Collège des Bernardins,ainsi que sur le site de France Culture.

Prendre la parole, est-ce diviser l’Eglise ?

débat-sur-lidentité.pdf 01-02-2017 à 10-18-51La Revue Limite revient sur le débat actuel concernant la place de l’identité chez les chrétiens. Mahaut Herrmann y signe une recension affutée du livre de Koz, Identitaire – Le mauvais génie du christianisme.

Extrait :

Un des autres reproches fait à longueur de tribunes au livre de Koz est de défendre un catholicisme bourgeois, un catholicisme de salon où on cultiverait l’entre-soi. C’est à se demander si ceux qui formulent cette critique ont tous lu le livre. Car Erwan Le Morhedec combat explicitement la tentation d’un embourgeoisement du christianisme. Il n’hésite pas à poser quelques questions qui fâchent. Si la pratique religieuse se transmet principalement dans des milieux bourgeois, est-ce, demande-t-il, par transmission de la foi ou par un goût marqué pour l’héritage et la transmission ? Bien plus, « ne peut-on pas craindre que les paroisses dans lesquelles la pratique reste forte soient trop souvent celles dans lesquelles elle est, précisément, teintée de conventions sociales » (p 38) ? « Ce serait un triste visage que celui d’un catholicisme bourgeois ou réservé à une élite sociale », ajoute-il plus loin (p 106). Cela le conduit à affirmer qu’il faudrait que les chrétiens mènent à nouveau, comme ils ont su le faire par le passé, des « combats pour le bien commun … au lieu de la seule spécialisation morale, bioéthique et parfois communautaire que nous entretenons » (p 84)

Lire la suite, chez Limite.

Les condoléances du Pape pour les victimes de l’attentat de Québec

Les condoléances du Pape pour les victimes de l'attentat de QuébecCe lundi 30 janvier 2017, après la messe à la Maison Sainte-Marthe, le Pape s’est entretenu avec le cardinal Gérald Cyprien Lacroix, archevêque de Québec (Canada), lui exprimant ses condoléances après l’attentat survenu dimanche soir dans une mosquée de sa ville. Deux tireurs ont ouvert le feu sur les musulmans en prière, faisant six morts et huit blessés. 39 personnes ont pu sortir indemnes de la mosquée.

Le Pape a souligné l’importance de rester dans ces moments tous unis dans la prière, chrétiens et musulmans. Le cardinal Lacroix, qui était en visite à Rome, est rentré en urgence au Canada. Voici le texte officiel du message adressé par le secrétaire d’État du Saint-Siège au cardinal Lacroix :

«Apprenant l’attentat survenu à Québec dans une salle de prière du Centre culturel islamique, faisant plusieurs victimes, Sa Sainteté le Pape François confie à la miséricorde de Dieu les personnes qui ont perdu la vie et il s’associe parla prière à la peine de leurs proches. Il exprime sa profonde sympathie aux blessés et à leurs familles, ainsi qu’à toutes les personnes qui ont contribué aux secours, demandant au Seigneur de leur apporter réconfort et consolation dans l’épreuve. Le Saint-Père condamne fermement à nouveau la violence qui engendre tant de souffrances, et implorant de Dieu le don du respect mutuel et de la paix, il invoque sur les familles éprouvées et sur les personnes touchées par ce drame ainsi que sur tous les Québécois le bienfait des Bénédictions divines.»

La suite à lire et écouter sur Radio Vatican

A l’heure actuelle un suspect a été arrêté. Son profil est celui d’un jeune identitaire, étudiant en sciences politiques, qui avait semble-t-il dans ses habitudes de troller les associations d’accueil de réfugiés sur Facebook « Il a des idées politiques à droite, pro-Israël, anti-immigration. J’ai eu de nombreux débats avec lui concernant Trump. Il était évidemment pro-Trump », se souvient un camarade qui a étudié avec lui à l’Université Laval en sciences politiques, interrogé par Le Journal du Québec. Plus d’informations ici.

La tentation identitaire détruit l’identité

Un message posté par le Père Jean-Baptiste Nadler sur les réseaux sociaux, et qui mérite attention :

16252132_1479420808758490_4920444436123985689_oJ’ai trouvé ces deux photos sur le site d’une « académie » qui organise des universités d’été se proposant de former les jeunes catholiques à la doctrine sociale et politique.

La première montre le flyer de l’événement posé sur un visuel de « European Brotherhood » (vous pouvez jeter un coup d’œil sur le site web de ce mouvement : les références au IIIème Reich y sont omniprésentes), ainsi que le chapelet marial associé au poing américain (?!). La seconde image [ci-après] représente l’un des moments d’une soirée de l’université d’été : son inspiration outre-atlantique paraît évidente.

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Identitaire, le mauvais génie du christianisme

Identitaire, le mauvais génie du christianismeQuelques extrait de l’ouvrage à paraître d’Erwan Le Morhedec publiés sur La Vie en avant-première. A découvrir !

« La France est une et indivisible, elle garantit les mêmes droits à tous sans distinction, droits qu’elle considère même attachés à tous, et pas exclusivement aux citoyens français, et c’est cela qu’elle choisit de mettre en avant dans son texte fondamental. Voilà peut-être ce à quoi porte atteinte le réflexe identitaire, du seul point de vue politique : finalement, au génie et à l’élan de notre pays. Parce qu’il fracture et fragmente une France qui se veut une et indivisible. Parce qu’il racornit une France qui, elle, aspire à l’universel sous l’influence conjointe, quoique parfois concurrente, du christianisme et des Lumières. Et ce réflexe politique identitaire s’accompagne d’un rapt auquel nous devons nous soustraire et que nous devons dénoncer et combattre : l’accaparement et la récupération du christianisme à des fins étrangères. In fine, sa trahison et sa subversion. »

Et aussi, à lire dans la même revue, l’excellent édito de Jean-Pierre Denis, Catholiques et tentation identitaire : deux visions, un débat.

Vote : un catho peut en cacher un autre (ou plusieurs) …

ffDans un excellent article dans la Revue Esprit, Yann Raison du Cleuziou s’interroge sur la part du vote catholique dans le succès de François Fillon aux primaires des Républicains. Il estime entre autres que n’y voir que la trace d’un catholicisme identitaire sur le retour est au moins une surévaluation et que le vote des catholiques est beaucoup plus dispersé que certains tendant à le faire croire, en donnant des éléments de compréhension sur le moyen terme.

Interpréter le vote en faveur de François Fillon comme un signe inquiétant de la montée en puissance d’un catholicisme identitaire et réactionnaire est donc très abusif. C’est se soumettre à une déclinaison du storytelling élaboré en 2012-2013 pour mettre en récit La Manif Pour Tous.

Et autre élément intéressant, il explique comment certains catholiques réussissent d’autant mieux qu’ils sont discrets sur leur ancrage confessionnel. Un pied de nez par les faits à certains identitaires ?

On peut retrouver l’auteur ainsi que d’autres contributeurs de qualité une soirée à Saint-Merry à Paris le 24 janvier sur le thème : « Elections 2017 : des chrétiens s’interrogent ». A suivre sur le site du Centre pastoral Saint-Merry

 

 

A paraître !

Identitaire, le mauvais génie du christianismeIdentitaire, le mauvais génie du christianisme, c’est le titre du nouveau livre de l’ami Erwan Le Morhedec alias Koz, publié le 13 janvier prochain aux éditions du Cerf.

Sur son blog, il explique le pourquoi de ce livre, pourquoi en tant que catholique s’affronter à la question de l’identité et comment il convient de ne pas laisser la foi chrétienne être réduite par certains groupuscules à une affirmation identitaire. Vous pouvez d’ores et déjà en lire la quatrième de couverture () et le précommander chez votre libraire ou sur ces divers sites :

Vous pourrez aussi assister à la présentation de l’ouvrage et le faire dédicacer par son auteur à la libraire La Procure de la rue de Mézières (place Saint Sulpice) à Paris le jeudi 12 janvier de 18h30 à 19h30.

Un livre qui devrait faire du bruit. Du moins on l’espère, et pas seulement pour son auteur. A lire ! Alors on y va, hop hop hop !

Résister à la guerre civile

C’est un article de salut public, qui ne laisse place qu’à un regret : qu’il ne soit accessible qu’aux abonnés. Anne Guion, dans La Vie, revient sur les mécaniques connues conduisant à de tels affrontements : la désignation d’un Autre pour donner une cible à la peur, la recherche délibérée de la différenciation, l’affrontement qui donne un sens à l’oisiveté du petit caïd ou de l’éternel matamore. Et la responsabilité des medias dans ce qui relève d’une prophétie auto-réalisatrice : pointer la guerre civile est souvent la meilleure façon de la faire advenir, et présente de surcroît le grand avantage que l’on pourra plus tard se targuer de l’avoir prophétiser.

Quelques courts extraits toutefois. Citant l’historien Jacques Sémelin, auteur de Purifier et détuire :

Nous assistons alors à la résurgence de constructions idéologiques fondées sur trois thématiques : l’identité, la sécurité et la pureté, poursuit l’historien. Se multiplient les discours sur la figure de « l’Autre en trop » et du « suspect » : soit le musulman, l’arabo-musulman, le jeune qui peut basculer d’un moment à l’autre dans la violence. Pourquoi ces paroles font-elles écho ? Parce qu’elles transforment l’angoisse diffuse en haine et en rejet de l’autre. En désignant l’« Autre en trop », ces discours apaisent la peur des gens : ils leur disent « vous aurez moins peur car vous saurez qui haïr ».

Ou encore :

Avant que n’éclate la guerre proprement dite, les premiers à être réduits au silence, souvent avec violence ne sont pas les chefs nationalistes de l’autre groupe ethnique ou religieux, écrit Chris Hedges, ceux-là nous sont utiles, dans la mesure où ils jettent de l’huile sur le feu que l’on souhaite allumer. Non, les voix ciblées sont celles qui au sein même de notre groupe ethnique ou national, interrogent l’État, son désir et son besoin de faire la guerre. Ce sont eux les dissidents les plus dangereux. Ils nous proposent une autre langue, une langue, qui au lieu de décrire l’ennemi comme « barbare » ou du côté du mal, reconnaît son humanité.

Résister à la tentation de la guerre civile, Anne Guion, La Vie

Laissez-nous vivre Noël

xvmb3950396-c5fb-11e6-a030-cff5af09f187C’est en substance le message que délivre Maxime Tandonnet dans une tribune parue au FigaroVox. Depuis plusieurs années, ce « temps de Noël », appelé à être un temps de paix est transformé en terrain de confrontation entre laïcistes et identitaires. Il est temps de dire : ça suffit ! #LaissezNousVivreNoël

Depuis quelques années, la fête de Noël se voit prise en otage des passions idéologiques française, au grand dam des croyants et même des incroyants de culture chrétienne, attachés aux traditions. En France, deux formes de fanatismes se trouvent face à face et se nourrissent l’un l’autre. D’une part les laïcistes, que toute expression chrétienne dans un espace public indispose. Ceux-là ont fait de la lutte contre la crèche de Noël, par le biais de plaintes en justice, leur nouveau fonds de commerce. Et puis les idéologues extrémistes, qui à l’inverse, instrumentalisent la crèche comme outil identitaire, destiné à marquer leur rejet des autres religions. Ces derniers vont jusqu’à formuler l’exigence de la présence de crèche dans les collectivités territoriales et à s’indigner de son absence.

Maxime Tandonnet, au FigaroVox

L’avortement comme marqueur identitaire

L'avortement aux Etats-Unis« Aux Etats-Unis, l’avortement constitue depuis sa légalisation en 1973, avec le cas « Roe v. Wade », un élément identitaire des bases électorales républicaine et démocrate », indique France Culture, en proposant une carte des différentes législations sur l’avortement aux Etats-Unis. Cette carte met bien en évidence comment la question de l’avortement sert de ligne de fracture entre Républicains et Démocrates.

En France, il n’en est plus de même dans la mesure où, si l’on excepte quelques politiciens isolés, plus aucun parti politique, en lice pour l’élection aujourd’hui, ne s’oppose au droit à l’avortement. Il reste que s’opposer à l’avortement en France aujourd’hui a pour conséquence directe de se voir classer à l’extrême-droite, voire plus encore à droite de l’extrême-droite. Par opposition, à l’extrême-gauche on programme par exemple d’inscrire le droit à l’avortement dans une nouvelle constitution républicaine, et d’en faire un droit fondamental.

Le fait que l’avortement soit un tel marqueur d’identité politique devrait interroger les catholiques qui considèrent que « la vie humaine doit être respectée et protégée de manière absolue depuis le moment de la conception. » (C.E.C. 2270). Comment faire pour que la défense de la vie soit une « bonne nouvelle » ?

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Saint Paul vs Les Identitaires

J’aurais pourtant, moi aussi, des raisons de placer ma confiance dans la chair. (…) Mais tous ces avantages que j’avais, je les ai considérés, à cause du Christ, comme une perte. Oui, je considère tout cela comme une perte à cause de ce bien qui dépasse tout : la connaissance du Christ Jésus, mon Seigneur.

saintpaul-608x394Philippe de Saint-Germain s’est laissé surprendre par l’épître de Saint Paul du 3 novembre dernier et il livre pour les Cahiers Libres une réflexion intéressante sur la chair, l’identité, pour penser notamment que  » l’identité, la perfection morale et le service du bien commun ne prennent leur sens que dans leur abandon dans le Christ, « à cause du Christ » »