Pensée du jour

Horreur d’un monde sans Dieu, sans stabilité ni mystère, qui se croit clair à lui-même, et qui va s’abîmant dans un devenir sans signification et sans issue, dum nu perenne cogitat. Désespoir atroce d’une société que les idoles temporelles ont séduite, et où meurt étouffée la mens avida aeternitatis.

Henri de Lubac

Gauche française et catholicisme

capture-fc« Le récit canonique refait par Julliard trouve en lui-même sa propre objection lorsque l’intéressé constate que ‘les catholiques sociaux, à force d’être sociaux, ont fini par négliger d’être catholiques’. Il doit bien y avoir quelque raison à cela qu’il s’agirait d’examiner avec rigueur. La référence qui est faite, je crois à contre-emploi, au père de Lubac devrait mettre sur la piste de ce qui fut à l’origine d’un dévoiement. Car le grand théologien avait désapprouvé, dès la fin de la guerre, l’évolution d’un courant qui croyait que Vatican II consacrait sa victoire, alors qu’il se précipitait sur une voie d’apostasie.

Mais le désaccord sur l’histoire rebondit sur le désaccord sur le présent. Non, le catholicisme d’affirmation qui renaît aujourd’hui n’a rien à voir avec un repli intégriste. Mais il faudra en discuter plus avant ».

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Théologien vs. Théoricien de Dieu

Henri de LubacHenri de Lubac s’affrontait déjà, il y a presque un siècle, à certaines tentations de réduire la foi chrétienne à une mystique privée du mystère, comme des tenants du mystère sans mystique, et à ceux-là qui dans l’Église, au nom d’un certain néothomisme, s’accrochaient à une absolutisation de la religion catholique, en lieu et place de la foi au Christ.

Hors de la mystique […] le mystère s’extériorise, il risque de se perdre en pures formules, en abstractions vides ; celles-ci pourront bien se durcir, et la foi se prendra peut-être alors pour plus intègre et plus ferme parce que l’expression s’en fera plus dure : ce ne sera pas le mystère de foi intériorisé pour féconder toute la vie. L’adhésion spirituelle au mystère se changera en conformisme, et celui qui dans cet esprit, ou plutôt cette absence d’esprit se fera le spécialiste du mystère sera, pour user d’une expression de Grégoire IX, « théoricien de Dieu », mais non vraiment « théologien ». 1

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Notes:

  1. Henri de Lubac, « Préface », dans : André RAVIER (dir.) La mystique et les mystiques, Paris, Desclée de Brouwer, 1965