Il est licite de s’affranchir de la loi

gleeden_logoJeudi dernier, la Justice a débouté les AFC de son procès contre Gleeden, site « spécialisé » dans les rencontres extra-conjugales, aux motifs principaux que :

  • la violation de l’obligation de fidélité ne constituerait pas nécessairement une faute, car les époux peuvent s’en délier d’un commun accord et le comportement de l’un excuser l’infidélité de l’autre,
  • dès lors, seuls les époux pourraient se prévaloir d’un manquement à cette obligation.
  • L’infidélité n’étant pas nécessairement une faute, il ne serait pas illicite d’en faire la promotion.

En somme, l’exception fait la règle : le Tribunal donne toute force aux exceptions les plus infimes – les adultères consentis – pour balayer la règle.
Ceci est d’autant plus regrettable que ces situations ne sont, à l’évidence, pas celles qui sont visées par le site, qui joue allègrement sur le registre du secret, du mensonge, des « astuces pour ne pas se faire prendre ». […]

De fait, les AFC entendent interroger la société tout entière sur cette question, qui n’est pas celle de l’infidélité, mais celle du business de l’infidélité, de la promotion de la duplicité.

Comment la justice qui, sauf exception, prononce le matin, un divorce pour faute sur ce fondement pourrait-elle, le soir, dire qu’on a le droit de le favoriser ? Comment un maire qui, tous les jours, rappelle l’article 212 du code civil aux nouveaux époux, peut tolérer qu’à la sortie de la mairie, une société privée les incite et les aide à s’en affranchir ?

Derrière la légèreté apparente du commerce de Gleeden, il y a des drames personnels et un business sur lequel chacun doit s’interroger. Les dégâts causés par l’infidélité sur la stabilité des couples, le bien-être des enfants, le lien social ne sont plus à prouver. Il n’est pas acceptable de les sacrifier à des intérêts strictement mercantiles. On ne peut se résoudre à ce que les exigences du commerce l’emportent sur la protection de la famille.

C’est pourquoi les AFC ont décidé de faire appel de ce jugement.

Gleeden : le “business de l’infidélité“ en procès

Les AFC contre Gleeden : le “business de l’infidélité“ en procèsHier a eu lieu l’audience du procès initié par les Associations familiales catholiques (AFC) contre le site de rencontres extra-conjugales Gleeden, au tribunal de grande instance de Paris. La Vie en retrace les grandes lignes :

« Le procès n’est pas celui de l’infidélité, mais du business de l’infidélité », a rappelé Me Henri de Beauregard, avocat des AFC avec Me Erwan Le Morhedec, au début de la plaidoirie. « Nous ne mettons pas en cause les époux, mais une société qui tend à inciter l’ensemble des époux à se tromper, et donc violer son obligation de fidélité ». L’adultère n’est plus un délit pénal depuis 1975. Mais il reste juridiquement une cause de divorce pour faute.

L’objectif des avocats est, d’une part, de demander la nullité des contrats passées entre le site et les contractants, et d’autre part, « qu’il soit fait interdiction à Gleeden de faire valoir l’argument de la relation extraconjugale, que ce soit sur des affiches diffusées dans le métro, les bus, dans la presse, jusqu’à leur site internet ». En somme, que Gleeden devienne un simple site de rencontre, comme Meetic.

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