Derrière chaque parlementaire, un chef de bureau sommeille

Dans La Croix, chronique de François Sureau à propos – notamment – du nouveau Palais de Justice :

Les perspectives de la réforme constitutionnelle amènent naturellement députés et sénateurs à défendre hautement les droits du Parlement. Mais ces droits nous sont de peu d’intérêt, à nous autres mortels, s’ils ne s’exercent pas à notre bénéfice. Et c’est rarement le cas. La seule activité dans laquelle nos assemblées aient fait preuve de constance depuis vingt ans, c’est celle consistant à réduire les libertés et à tenir pour peu de chose l’idée de la responsabilité personnelle. Le Parlement ne veut pas nous rendre libres : il veut nous asservir en lieu et place du gouvernement. Derrière chaque parlementaire un chef de bureau sommeille.

L’oubli de ce que nous sommes

« Mieux vaudrait que, au lieu d’espérer que l’État « déradicalise » pour notre compte les criminels religieux, nous nous radicalisions nous-mêmes, selon la ligne de nos principes, en nous souvenant que nous avons été enjoints de juger l’arbre à ses fruits. Les nôtres, liberté de conscience, liberté face à l’appel de Dieu pour ceux qui y croient, liberté dans la création d’une société plus juste pour ceux qui n’y croient pas, ne peuvent être comparés aux fruits de mort du satanisme islamique ».

François Sureau dans La Croix

Nous avons jugé ces hommes, et c’est à présent notre silence qui nous juge

« En 1923, Albert Londres décide d’enquêter sur les pénitenciers de la Guyane. Ses articles pour Le Petit Parisien seront réunis plus tard dans un livre intitulé Au bagne, dont la lecture reste saisissante plus de soixante ans après que le bagne a disparu. Nous découvrons que nos ascendants se sont, à quelques grandes voix près, accommodés du chemin de la pourriture.

Il nous est interdit de nous croire meilleurs. Lire la suite

Le désir d’être celui qui s’arrête

Capture« L’actualité fait ces jours-ci naître en moi le désir d’être celui qui s’arrête, comme dans le fragment de Pascal : « Quand tous vont vers le débordement, nul n’y semble aller. Celui qui s’arrête fait remarquer le débordement des autres, comme un point fixe. »

L’élection présidentielle voit se former, se déformer, se reformer sans cesse des masses de passions mauvaises, qui sont peut-être à l’esprit collectif ce que la boule d’Ignace de Loyola, obsédante à Manrèse, fut à sa vie personnelle ».

François Sureau, dans La Croix

La chartreuse, ma fée verte

capture« Au moment où le souvenir des fêtes s’efface, avant que le bruit des choses et de la politique nous envahisse à nouveau, je voudrais saluer ma fée verte, qui n’est pas l’absomphe de Rimbaud mais l’élixir du silence, cette chartreuse devenue légendaire. Une légende qui est d’ailleurs d’intensité variable. Il y a trente ou quarante ans, tout le monde connaissait la chartreuse et personne ne connaissait les chartreux ».

François Sureau, dans La Croix