Fillon un an après

AFP / SEBASTIEN BOZON

Le 27 novembre 2016, François Fillon remportait haut la main la Primaire de la droite, caracolant en tête des sondages de la présidentielle. Un an après, de l’eau a coulé sous les ponts et François Fillon démissionne de son mouvement Force Républicaine pour se retirer de la politique, sur fond de polémiques ouvertes par la publication du livre-réquisitoire de son ancien responsable de campagne, Patrick Stefanini. France Info revient en quelques dates sur la folle année de François Fillon.Lire la suite

Foi de politiques

Ils ont eu une vie de foi, enfants. Ils sont candidats à la présidentielle. La Croix revient dans un article publié ce lundi sur le parcours de foi des principaux candidats, depuis Jean-Luc Mélenchon jusqu’à Marine Le Pen. Il est intéressant de noter la manière dont chacun se situe vis à vis de son héritage familial ou de ses choix de jeunesse, vis à vis de l’Eglise et de la pratique religieuse.

Il est plus intéressant encore de se demander quels candidats mobilisent aujourd’hui un imaginaire chrétien dans leur campagne. La palme revient alors sans nul doute au « christique » Emmanuel Macron, suivi de près par Jean-Luc Mélenchon, candidat du « sel de la Terre », véritable prophète de la VIe République. Contrairement à François Fillon, candidat désireux d’incarner des « valeurs catholiques », ces candidats croient que la politique rejoint le religieux à travers une dimension sacrée qui consiste à conduire une peuple vers un horizon qui le transcende. La politique n’est ainsi pas dépourvue de religiosité, de dévots, de pharisiens et de Judas. Certes, le Royaume n’est pas de ce monde et il importe de remettre la politique à sa juste place, mais il est intéressant de se demander si cet afflux de religiosité électorale n’est pas le signe d’un univers politique en quête de salut, espérant toucher l’âme des électeurs à défaut de pouvoir séduire leur raison, le signe de Temps politiques à bout de souffle, qui se défendent d’être les derniers ?

Radiographie du vote catholique à la mi-janvier

ifop FC

Famille Chrétienne expose les résultats d’un sondage Ifop sur le vote des catholiques à la présidentielle, effectué à sa demande.

Si la dynamique en faveur de François Fillon semble se confirmer, il est intéressant de constater que le vote FN des catholiques pratiquants s’est considérablement rapproché de la moyenne des Français et qu’Emmanuel Macron mobilise beaucoup moins chez les catholiques pratiquants que dans l’ensemble de la population (9% d’un côté, 17% de l’autre).

A ce stade, plusieurs facteurs amènent à prendre avec des pincettes ces intentions de vote des catholiques, comme les intentions de vote en général. Les catholiques ne sont pas plus épargnés que l’ensemble des Français par une lassitude à l’égard de la classe politique, une tendance au vote « flottant », incertain, évoluant au gré des mois et des semaines. A gauche, le champ reste encore très ouvert dans l’attente des résultats des Primaires et, plus encore, de ses suites : dans quelle mesure se dirige-t-on vers une dispersion des votes à gauche ? Les catholiques ont sans doute des positions plus arrêtées que la moyenne des Français sur les différents candidats de la Primaire de gauche, selon leur rapport au fait religieux, ce qui pourrait les amener à dédaigner le candidat socialiste, selon la personalité élue.

Libé face au phénomène Fillon

Sans titre

Encore un article qui s’emploie à analyser la place de l’électorat catholique dans la présidentielle.

Alain Duhamel livre dans une chronique politique publiée dans Libération hier son analyse sur le fameux «je suis gaulliste et, de surcroît, je suis chrétien» de François Fillon, qui n’a pas fini de faire couler de l’encre. La première partie est intéressante, rappelant que l’argument de « séparation entre politique et religion » est un faux argument. Il est dommage que la seconde résume la question identitaire au seul vote FN, sans analyser davantage les évolutions de l’électorat de droite, la droitisation de la vie politique française, la connexion croissance entre questions identitaires et questions religieuses. Preuve que le FN polarise toujours les commentateurs de la vie politique française, plus encore que le seul jeu politique.

Un article qui peut néanmoins être salué dans la mesure où il part du point de vue des catholiques :

« C’est, en réalité, plus gênant pour l’Eglise catholique que pour la République laïque, car l’objectif de François Fillon n’est en rien de remettre en cause la loi de 1905 mais est, en revanche, très clairement de disputer l’électorat catholique traditionaliste au FN. »

Catholicisme et libéralisme sont dans un bateau

Le pape Léon XIII et François Fillon, montage.

Au sortir d’une période mouvementée pour les catholiques dans l’espace médiatique, dans le contexte de la Primaire de la droite et du centre, la presse se tourne vers des analyses plus approfondies sur ce qu’implique le catholicisme en matière de contenu politique. Un mot semple émerger plus particulièrement, et pourrait bien devenir l’une des clés de voûte de l’élection présidentielle : libéralisme.

Ainsi, un journaliste de l’Obs s’essaie à un cours sur la doctrine sociale de l’Eglise (qu’il confond au passage avec ce que pourrait être un axe socialisant de la DSE) pour mettre en valeur les prises de position anti-libérales de l’Eglise sur le plan économique au cours de l’Histoire. En dépit des approximations dont fait preuve cet article, il a au moins le mérite de s’interroger sur ce qu’est le catholicisme en politique, en questionnant la labellisation AOC de « candidat catholique » de François Fillon. En guise de conclusion, l’article en appelle à François (le pape) contre François (le candidat LR), confirmant la tendance actuelle à faire de la figure du Pape un baromètre de la pensée politique catholique et une figure d’autorité reconnue de tous.

De son côté, la Croix identifie cette question du libéralisme économique à un courant, qui est celui du catholicisme social, s’interrogeant sur les mutations de l’univers catholique : à rebours des prises de position du Pape François, les catholiques français se détourneraient du message ecclésial sur les questions économiques pour conforter un catholicisme « bourgeois », moral et libéral.

Cette question libérale, qui se trouve aujourd’hui interrogée dans ses liens avec le catholicime, devrait se trouver au centre des débats économiques, depuis le programme libéral d’Emamnuel Macron jusqu’aux attaques du FN en direction de la droite sur ses options libérales. Car le libéralisme de François Fillon pourrait bien amener le FN à cimenter un discours anti-libéral et étatiste en direction des classes populaires, pour se poser en protecteur des acquis sociaux. Le débat ne pourra qu’être salutaire pour les catholiques, encore peu mobilisés sur les questions économiques et ainsi interrogés dans leur adhésion globale aux discours de l’Eglise. Le front national et la gauche au service de la pensée sociale ?

Source photo montage

Éthique de conviction et éthique de responsabilité (1)

capture

René Poujol s’étonne qu’on puisse se scandaliser du fait que François Fillon se déclare personnellement opposé à l’avortement. Il s’appuie pour cela sur la célèbre distinction weberienne : « Il n’y aurait pas de place pour le moindre écart entre la loi de la Cité et la conscience propre du citoyen. À plus forte raison pour un responsable politique de premier rang. Ce qui consiste à réfuter la distinction classique du sociologue allemand Max Weber entre éthique de conviction et éthique de responsabilité. Or cette distinction est non seulement légitime mais nécessaire à la bonne santé morale de toute personne comme de toute communauté humaine ».

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Une bonne nouvelle pour la politique

5035476_6_07b7_2016-11-21-34d4919-15496-sn4pvj-y9v2rtqpvi_07fa08ca37d809bf0fb5102d09ddd96cSans se prononcer sur les programmes (le libéralisme de l’un ou les positions sociétales de l’autre, leur discrétion commune sur l’environnement titillent), le résultat de la primaire de la droite et du centre reste porteur d’une bonne nouvelle – notamment au regard des préoccupations avancées par les évêques dans leur dernière lettre – et c’est Alain Wieviorka, pourtant proche du parti socialiste qui le souligne dans Le Monde :

Le succès de François Fillon, dimanche, vient dire deux choses, complémentaires : que la démocratie libérale n’est pas condamnée, et qu’une droite classique peut exister en France, dynamique, capable de se doter d’un leader incontestable et d’une vision pour l’avenir. (…) Après le Brexit, qui a suscité en France bien des critiques sur le fond, mais aussi sur la santé de la démocratie britannique, et après les carences du système politique américain mises en lumière par l’élection de Donald Trump – avec ses deux grands partis incapables de se doter de candidats incontestables –, on pouvait craindre qu’une vague mondiale submerge aussi notre pays, sinon sur un mode extrémiste, du moins sur le mode du mensonge, de la vulgarité, de la corruption morale, du complotisme et de l’irrationalité : la primaire de la droite et du centre, et pas seulement son résultat, montre que cette voie est résistible.

Qui convaincra les catholiques (de droite) ?

Vous êtes catholique et vous passez le week-end de la Toussaint en famille ? La Vie, Pascale Tournier et Jérôme Fourquet vous proposent quelques accroches pour ouvrir le débat et ambiancer le déjeuner.

Sur François Fillon,

Quand on regarde son parcours et ses propos, il marque des points. Il y a des liens avec sa Sarthe natale et l’abbaye de Solesmes, un haut-lieu du catholicisme. Il s’est rendu souvent au Kurdistan pour soutenir les Chrétiens d’Orient. Dans la sphère identitaire et celle de la Manif pour tous, c’est une cause qui parle.

Sur Alain Juppé,

En prônant la modération, il a dans sa manche toute une partie de l’électorat catholique, notamment à l’Ouest.

Sur Nicolas Sarkozy,

Son style clinquant, lors de son dernier quinquennat, a heurté. Le meeting de Sens commun puis sa volte-face sur le mariage pour tous a causé beaucoup de dégâts. Il n’a pas remonté la pente depuis.

Sur Jean-Frédéric Poisson,

À noter d’abord que l’électorat catho ultra est réduit numériquement. (…) De plus, celui qui se revendique uniquement du catholicisme rafle rarement la mise. Les dernières élections européennes, où le parti de Christine Boutin a présenté des candidats, l’ont montré.

Nous vous souhaitons une belle fête de la Toussaint et un bon repas familial.

Vous nous raconterez.

(lire le reste de l’article pour étayer un minimum)