Ils remboursent l’euthanasie, pas le traitement

Vous connaissez la boutade : « j’aimerais vivre en Théorie. Parce qu’en Théorie, tout se passe bien ». En théorie, l’euthanasie serait un choix libre. Stephanie Packer, elle, s’était vue prescrire une chimiothérapie par son médecin. L’assurance a préféré lui rembourser l’euthanasie. Qui peut croire que de telles dérives comptables n’auront pas lieu en France également, différemment certes mais tout de même ?

Évitez donc de vivre en Pratique.

A lire sur Crux

Le droit politique de vivre et de mourir dans la dignité

« On l’a compris, à proximité ou face à la mort, personne ne détient la vérité. Les certitudes et les savoirs sont défiés au point de verser trop souvent dans la caricature, l’insignifiance ou la démesure, là où seules s’imposeraient la retenue, la pudeur. Simplement, peut-être, une infinie tendresse.
Pour achever dignement son existence, encore faut-il avoir le sentiment de l’avoir pleinement vécue, y compris lorsqu’en phase terminale l’attente de l’instant qui vient peut ne pas être celle de la mort prochaine. Encore convient-il de reconnaître, d’assumer et de rendre effective cette ultime liberté de l’attente, absolument différente de celle de la mort sollicitée, donnée, parfois même précipitée.
Peut-on admettre qu’on puisse s’autoriser à vivre encore, malgré la maladie, en dépit d’une mort plus ou moins prochaine ? Le droit à vivre sa vie serait-il contestable et contesté, dès lors que prévaudraient des considérations supérieures habilement dissimulées derrière le paravent d’une dignité ravalée à la justification de ce qui pourrait être considéré comme l’exécution de basses besognes ? »

Emmanuel Hirsch sur plusdignelavie.com

Le suicide assisté, droit suprême ?

« Si les mots ont un sens, être tué serait donc l’ultime conquête sociale, le Graal des droits de l’homme. On n’aura pas le mauvais goût de rappeler à Jean-Luc Mélenchon qui, jadis, disait : ‘¡Viva la muerte!’ Il le sait : ce sont les franquistes. À peu près toutes les figures tutélaires dont se réclame le candidat de la France insoumise se retournent dans leur tombe devant l’affirmation de ce qui devient le grand projet d’un individualisme triomphant mais désenchanté. Sans parler des héros des luttes syndicales et politiques des derniers siècles, eux qui croyaient que le progrès consiste à défendre les fragiles contre l’exploitation sociale et l’oppression politique ».

Jean-Pierre Denis, dans La Vie

Devoir mourir au nom de son autonomie

« Après une loi autorisant le suicide médicalement assisté en Californie, l’assurance de Stephanie Packer, atteinte d’une sclérodermie, refuse la prise en charge d’une nouvelle chimiothérapie car son pronostic médical estimé est inférieur ou égal à six mois, mais propose de lui rembourser son suicide. Ses médecins protestent, en vain. Or cette femme n’est pas du tout isolée. La situation des personnes âgées aux Pays-Bas prend le même chemin… »

Marie-Jo Thiel dans La Croix

Éteins la lumière

« Éteins la lumière
Montre-moi ton coté sombre
Regarde les ombres
Qui errent
Cherche un peu de lumière
Tout s´éclaire »

Il n’est pas d’hommes ou de femmes politiques intégralement catholiques, de politiques qui puissent revendiquer l’application intégrale de la doctrine sociale de l’Eglise. Cela mérite d’être rappelé pour ceux qui s’en prévalent, y compris ces jours-ci, mais il semble paradoxalement utile de s’en souvenir aussi pour ceux qui s’en écartent pourtant explicitement.

 

Refuser l’accélération de la fin de vie

xvm79d51b5c-a434-11e6-9e31-ac0d491c80bbLe constat de l’accélération de notre vie quotidienne est largement partagé. Ce qui l’est moins, c’est son impact sur la fin de vie, sur notre acceptation du temps de mourir et du fait que ce temps-là, redouté, peut encore offrir des moments essentiels, qu’il serait dommage d’abréger. Cet article du Figaro évoque une étude qui paraît prometteuse en ce sens.

Penser à sa fin de vie est pour beaucoup très difficile, voire quasi impossible. Mais ce défi spécifiquement humain souffre de plus, aujourd’hui, d’être associé à des images extrêmes. D’un côté, les conflits militants autour du droit à l’euthanasie, au suicide assisté. De l’autre, les images embellies des productions hollywoodiennes, tous ces films dans lesquels le mourant dit «je t’aime» à ceux qui restent, où les secrets familiaux sont enfin dévoilés. (…) « Je voulais décrire pourquoi, et notamment chez ceux qui souhaitent maintenir jusqu’au bout les entretiens avec les psychologues, la fin de vie peut devenir, du point de vue identitaire, une opportunité »

L’euthanasie en voie de légalisation ?

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« Le 5 août 2016 en toute discrétion, ont été publiés  3 textes règlementaires en application de la loi Claeys-Leonetti. Ces textes précisent les conditions de ces  pseudo nouveaux droits adoptés le 2 février 2016. Orwell avait bien démontré comment inverser le sens des mots, rien de neuf.

Modification autoritaire et sans la profession, du code de déontologie médicale ! Une gravissime transformation régressive de la société passée inaperçue, et votée dans le silence loin des médecins eux-mêmes.
Le premier décret modifie le code de déontologie médicale pour encadrer le recours à la ‘sédation profonde et continue jusqu’au décès’. Le second décret concerne les directives anticipées, leurs conditions de rédaction et de conservation. Ces directives ‘s’imposeront, sauf exception, aux médecins’. Elles n’auront plus de limites dans le temps, alors qu’elles devaient jusqu’à présent être renouvelées tous les trois ans. Comment accepter cette loi, ce droit de tuer, qui devient en plus une injonction à tuer ( ‘s’imposeront aux médecins’ !) ?  Nous avons choisi médecine pour soigner, pas pour tuer sur ordre… Ça ne vous rappelle rien ? »

Tribune du Dr Nicole Délépine : voir plus…

Colloque « Penser le suicide »

L’université de Strasbourg organise un colloque interdisciplinaire sur le sujet sensible et douloureux du suicide. Outre les aspects sociologiques, psychologiques et théologiques, seront abordés les questions éthiques actuelles de la fin de vie, de l’euthanasie et du suicide assisté. La faculté de théologie catholique est co-organisateur.

Présentation sur le site du diocèse de Strasbourg :

Le suicide pose à la conscience de l’être humain d’innombrables et redoutables questions, d’ordres tout à fait divers : celles de la liberté et du rapport à soi ; celles du lien social et du rapport aux autres ; celles de l’interdit et de sa transgression ; celles des limites entre le normal et le pathologique ; celles du sens et du prix de la vie et de la confrontation à l’absurde ; celles des conditions de vie et du harcèlement au travail ; celles, enfin, de la fin de vie et de la dignité des malades et des vieillards. L’enchevêtrement de ces multiples registres risque fort d’embrouiller la réflexion et de parasiter le débat, voire de faire de la réalité du suicide une insondable aporie. Peut-on, à proprement parler, penser le suicide ?

Le suicide médicalement assisté prisé des assureurs américains

stephaniepackerLa Californie a récemment voté une loi autorisant le suicide médicalement assisté. Conséquence immédiate, rapporte le Washington Times : une mère de famille atteinte d’un cancer en phase terminale a appris que son assureur refusait de prendre en charge la chimiothérapie recommandée par ses médecins pour adoucir ses derniers mois, mais acceptait de rembourser les 1,20 dollars que coûte la pilule pour se suicider. Stephanie Packer, la jeune mère de famille, témoigne aussi de l’évolution de la mentalité des membres de son groupe de malades en phase terminale depuis le vote de la loi. Avant, ils s’encourageaient mutuellement pendant leurs réunion. Maintenant, la dépression totale domine et ils expriment le souhait d’en finir. Cette histoire n’étonnera que ceux qui voient dans le suicide assisté une bataille uniquement philanthropique et mue par l’amour du prochain. Ceux qui alertent sur la liquidation annoncée des soins palliatifs et de l’accompagnement des malades en fin de vie verront en elle la confirmation de leur crainte. Les malades peuvent mourir dans la dignité, mais dans la dignité définie par les acteurs économiques de la protection sociale.

Aider les vieux à se suicider

seringue-de-remplissage-5-mlC’est l’un des derniers « axes de progrès » de ce pays « en avance » que l’on nous vante si souvent, les Pays-Bas. Dans un courrier adressé au Parlement, les ministres de la santé et de la justice écrivent :

Ces personnes ne voient plus de possibilité pour donner un sens à leur vie, vivent mal leur perte d’indépendance, ont un sentiment de solitude à cause peut-être de la perte d’un être cher, sont incommodées par une fatigue totale, une perte de valeur personnelle. Mais pour pouvoir mettre en place leur fin de vie, elles ont besoin d’aide.

Rêvons un peu. A ce que nos pays placent plutôt tous leurs efforts pour que des personnes âgées gardent un sens à leur vie, ne vivent pas une « perte de valeur personnelle », ne souffrent pas de la solitude. Les aider à se suicider est certes plus facile.