Le prêt-à-penser néolibéral

Dans son bloc-note sur La Vie, Jean-Claude Guillebaud nous présente brièvement un ouvrage qui vient de paraître aux éditions de l’Atelier : Reprendre le contrôle de la dette, par Lord Adair Turner.

Lord Adair Turner « fut longtemps le chef des « patrons » de Grande-Bretagne. L’équivalent outre-Manche de notre président du Medef, Pierre Gattaz. » Et c’est le jésuite Gaël Giraud, jésuite, économiste et docteur en mathématiques appliquées bien connu pour sa critique du modèle économique néolibéral, qui préface l’ouvrage ; un livre « explosif », selon Jean-Claude Guillebaud.Lire la suite

Et maintenant, le plan F.

2069966_ca-se-passe-en-europe-le-pape-francois-divise-par-deux-le-deficit-du-saint-siege-web-tete-0211851448885_1000x533Puisque l’un renonce, que Rome ne saurait se désintéresser du devenir de celle qui fut un jour dénommée « fille aînée de l’Eglise », que les François tiennent la corde, que certains génies tactiques proposent une « sortie respectueuse », que d’autres demandent à François Fillon de se trouver un successeur, qu’il y a déjà deux F à François Fillon, songeons au plan F.

Ce sont les très sérieux Echos qui le soulignent : le pape François a divisé par deux le déficit du Saint-Siège. Voilà qui ferait de lui un candidat respectable, outre toutes les qualités que nous lui connaissons. Et vue la crédibilité des autres plans…

La rigueur n’est pas uniquement économique elle est aussi éthique avec une transparence accrue et un contrôle plus étroit des finances vaticanes critiquées pour leur opacité. C’est l’un des chantiers les plus importants du pontificat et qui suscitent le plus de réticences, voir de résistances, parmi certains membres de la Curie. Beaucoup reste encore à faire mais les efforts commencent à porter leur fruit.

Les Echos

Le libéralisme est un humanisme

LibéralismeLe libéralisme est un humanisme est un ouvrage de Robert Leblanc, ancien président des Entrepreneurs et dirigeants chrétiens. Il était interviewé ce matin sur Radio Classique.

J’affiche que je suis chrétien […] mais je m’empresse de le dire, mon propos ne concerne pas que les chrétiens, ma vision de l’entreprise concerne tout le monde.

Cette notion de fraternité est importante. Le libéralisme nous place chacun devant nos frères, plutôt que d’attendre qu’une structure lointaine, abstraite, prenne en charge les choses qu’on ne fait pas. C’est là qu’il y a un appel à la responsabilité. […] L’appel à la responsabilité de chacun, dans une fraternité ouverte, est un chemin de salut pour tout le monde.

 

Une entreprise dans un monde local ?

b_1_q_0_p_0Nul doute que tous n’y trouveront pas leur compte. Nul doute que cela correspond à l’intérêt bien compris de l’entreprise : c’est bien ainsi que l’on peut espérer les voir évoluer. Bref, Danone s’engage sur une voie qui peut s’avérer intéressante.

Nous ne croyons plus à la mondialisation à l’ancienne. Le monde est en train de se fragmenter. Le consommateur va de plus en plus raisonner local. (…) Les religions vont cliver les sociétés. Les tendances alimentaires seront influencées par l’environnement. Le modèle ne sera plus global (…) [Les consommateurs] ont un désir de transparence et d’équité. Ils veulent savoir comment les industriels tra vaillent, quelles sont leurs valeurs.

Source Les Echos

Mettre l’évasion fiscale sur la table

Une soupe chez BNP Paribas pour mettre l’évasion fiscale sur la tableJeudi 1er décembre une action pacifique organisée par les faucheurs de chaises a transformé une agence BNP Paribas en cantine à l’heure du déjeuner. Au menu : galette de pommes de terre et soupe bio. « Certains politiques expliquent qu’une nourriture bio dans les cantines scolaires n’est pas finançable. Les militants des associations Les Amis de la Terre et ANV Cop 21 attestent du contraire. Selon eux, en se réappropriant la manne financière des évasions fiscales, la collectivité pourrait sans peine régler cette question », explique le site Reporterre.

Les clients souhaitant retirer des billets de banque étaient surpris par le spectacle auquel ils assistaient. Ils étaient invités par les activistes à déguster les mets présents sur les tables, partageant ainsi repas et idées. La plupart des clients semblaient ravis de cette initiative citoyenne, l’un disant même, la bouche pleine, « Des actions comme cela, il en faudrait tous les jours, les évasions fiscales ce n’est pas équitable ! »

Finalement, Thomas Borrell, porte-parole de l’association Les Amis de la Terre a pris la parole : « Nous sommes venus interpeller le groupe BNP Paribas, pour que l’argent qui s’évade chaque année par le biais de ses 200 filiales situées dans des paradis fiscaux serve plutôt à financer cet objectif d’intérêt général. »

A écouter aussi, toujours sur le site Reporterre, les explications de Thomas Borrell, chargé de campagne aux Amis de la Terre, sur le lien entre alimentation et évasion fiscale.

Le pape, le patron et l’homme

Devant des grands patrons, le Pape insiste sur la centralité de l'être humainQuand de grands patrons se voient rappeler qui est le (vrai) patron !

« Savoir remettre en question le modèle économique dominant aujourd’hui ; tel est l’enjeu du 21ème siècle. Le Pape François l’a clairement souligné en recevant samedi 3 décembre au matin les participants au « Fortune Time Global Forum », qui réunit chaque année plusieurs centaines d’administrateurs de grandes entreprises. Leur assemblée s’est tenue cette année pour la première fois au Vatican. »

Lire la suite sur Radio Vatican…

Le bon usage de l’argent, l’honnêteté et la fraternité

Le pape encourage les entrepreneurs à prendre « trois risques »Le discours du Pape François aux participants à la Conférence Internationale des Associations des Entrepreneurs Chrétiens (UNIAPAC) est à lire en intégralité ! Le Pape y exhorte à prendre 3 risques pour les entrepreneurs.

D’abord le risque de l’usage de l’argent, par lequel on peut si facilement se salir les mains. Et c’est pourquoi « il est urgent de se réapproprier la signification sociale de l’activité financière et banquière, avec la meilleure intelligence et inventivité des entrepreneurs. » Ensuite, le risque de l’honnêteté contre les tentations de la corruption, en particulier. Enfin, le risque de la fraternité, rappelant à la suite de Jean-Paul II que « avant encore la logique de l’échange […] il existe un quelque chose qui est dû à l’homme parce qu’il est homme, en vertu de son éminente dignité », et encore que « l’activité entrepreneuriale doit toujours inclure un élément de gratuité. » 

Pour finir, avant de les remercier, le Pape François a demandé de l’aide à ces entrepreneurs :Lire la suite

Economie : François persiste et signe

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Le discours prononcé par le Pape François ce samedi à l’occasion de la troisième rencontre mondiale des mouvements populaires est une étape de plus dans l’exposé de sa pensée économique et politique. Ce discours a notamment été l’occasion pour le Pape de compléter et préciser ses prises de paroles précédentes sur les dérives de l’économie néolibérale et les liens entre terrorisme et religion. Le fil conducteur du discours était la violence induite par les systèmes politico-économiques, conduisant le Pape à parler, à propos de la « dictature de l’argent » de « terrorisme économique ». Il s’est notamment interrogé sur le décalage entre les moyens engagés pour voler au secours de l’économie et les moyens déployés face à la détresse humaine, là où l’on ne peut que constater une « banqueroute de l’humanité ».

Le Pape a appelé les mouvements populaires réunis à agir dans la société et en politique comme forces de transformations et non comme de simples béquilles permettant au système de continuer sa course :

« Cette idée de politiques sociales conçues comme des politiques vers les pauvres mais jamais avec les pauvres et des pauvres (…), me semble une espèce de poubelle maquillée pour cacher les déchets du système ».

Source : La Croix

Donnez-leur vous-mêmes à manger

Entre 30 et 69 ans, un Français sur deux est en surpoidsLu sur La Croix : « Une étude réalisée par l’Inserm et publiée mardi 25 octobre montre que l’obésité est un problème de santé publique majeur en France, en particulier chez les plus pauvres. »

Au moment où l’ont pouvait légitimement mettre Mr Copé face à son ignorance du prix moyen des pains au chocolat, se rappelle à nous cette autre réalité : une part non négligeable des français est amenée, pour avoir peut-être la chance de manger des viennoiseries, à aller se fournir ailleurs que dans les bonnes boulangeries parisiennes. Les pains au chocolat à 15 cents existent bel et bien, chez les hard-discounters, par paquets de 8, de 12 ou de 16, et font le miel – mais pas la santé – des consommateurs les moins avantagés. C’est une réalité que des associations comme la Conférence Saint Vincent de Paul, Les Restos du Coeur, ou d’autres, connaissent bien. En effet, lorsqu’on est amené à donner à manger aux plus démunis, et qu’une fois de temps en temps, on s’accorde sur le fait qu’ils pourraient apprécier de manger autre chose que des pâtes, c’est avec ce genre de produits que l’on ira se fournir le plus souvent.

Cette corrélation entre faibles revenus et obésité, révélée par la récente étude de l’Inserm, et qui semble paradoxale à première vue, est analysée par les nutritionnistes en particulier sous l’angle de la qualité des aliments consommés. On peut dès lors parler de pathologie alimentaire, de malnutrition, liée à la condition sociale. Une situation que nombre d’entre nous, qui moquons nos politiciens pour leur ignorance de nos réalités, ignorons à notre tour, faute peut-être de ne pas, nous-mêmes, être suffisamment proche de ceux qui n’ont pas de quoi se nourrir décemment. Cette proximité, cette solidarité nécessaire, est celle qui fait dire à Jésus pour ses disciples, et donc pour nous : « Donnez-leur vous-mêmes à manger. » (Lc 9,13).

Cette coopérative de paysans qui échappe à la crise

Biolait, la coopérative des paysans qui échappe à la criseUn reportage à découvrir sur le site Reporterre à propos de  la coopérative Biolait. Une coopérative de producteurs laitiers fondée sur un principe de solidarité, plutôt que de concurrence, entre producteurs.

Avec la fin des quotas laitiers en 2015, la tendance est à l’agrandissement pour faciliter le travail des laiteries qui pourront collecter moins de fermes, mais plus de lait. Une question de rentabilité entre le transport et la quantité collectée pour la laiterie, une question de vie ou de mort pour la ferme. Pas de collecte, pas de lait vendu et, donc, la clef sous la porte.

À rebours de cette logique, Biolait se fait un point d’honneur de collecter le lait de tous ses adhérents, même si ce n’est pas rentable. « Nous assurons un service public, explique Jacques Chiron. Pour nous, il est hors de question de laisser un collègue sur le carreau. »

L’un des autres grands principes de la coopérative est la transparence :Lire la suite

Dis papa, c’est quoi cette bouteille de lait ?

Alexandre Jardin jette une brique de lait à Bruno Le MaireLors de l’émission politique hier sur France 2 avec Bruno Lemaire, l’écrivain Alexandre Jardin a fait une entrée remarquée par un beau coup de publicité à la marque « C’est qui le patron ?! » qui a lancé ce lundi sa nouvelle brique de lait.

L’esprit de la marque mêle divers concepts comme celui des AMAP qui mettent en relation directe producteurs et consommateurs, de l’économie participative, mais aussi, osons le dire, une idée qui connait un succès depuis déjà bien longtemps dans un domaine où l’on s’en serait pourtant bien passé : l’industrie musicale. Moins pour sa dimension éthique que pour sa rentabilité, les producteurs des The Voice, Nouvelle Star et autres émissions du genre ont depuis longtemps compris l’intérêt de mettre sur le marché un produit conçu et choisi par avance par les consommateurs.

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Climat et agriculture: pour le Pape François, il est urgent d’agir

Climat et agriculture: le principe de précaution ne suffit pas, il faut de la sagesse !A l’occasion de la Journée mondiale de l’alimentation ce dimanche 16 octobre, le Pape François a adressé un message au directeur de l’Organisation de l’ONU pour l’alimentation et l’agriculture (FAO). Face à la détresse des migrants climatiques, le pape souligne l’urgence d’agir: « Il ne suffit plus d’être impressionné et de s’émouvoir devant qui, sur toutes les latitudes, demande son pain quotidien. Des choix et des actions sont nécessaires. »

Pas de précaution, par conséquent, mais de la sagesse ! Celle que les paysans, les pêcheurs et les éleveurs conservent dans la mémoire de générations en générations, et qui est aujourd’hui raillée et oubliée par un modèle de production qui est à l’avantage de groupes restreints et d’une portion exiguë de la population mondiale. Souvenons-nous qu’il s’agit d’un modèle qui, avec toute la science, permet qu’environ huit-cent millions de personnes souffrent encore de la faim.

Lire l’intégralité du message, traduit en français, sur Zenit.org.

L’intelligence du travail par Pierre-Yves Gomez

Interview de Pierre-Yves Gomez suite à la sortie de son dernier ouvrage sur le sens du travail, la condition du travailleur et la société de consommation :

Dans la cité du consommateur le travail est simplement un moyen permettant de consommer davantage. On travaille pour pouvoir acheter. Le sens propre au travail effectué, au projet auquel on appartient s’atténue et finalement, c’est la capacité émancipatrice du travail qui disparaît.

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Une relecture contemporaine de L’Utopie de More

Où l’on découvre que Thomas More promouvait déjà une réforme écologique et décroissante et démontrait les excès à venir d’une société au capitalisme débridé.

Par quoi il advient que certains laboureurs, circonvenus par des tromperies, ou opprimés par violence, ou lassés par des injures, sont dépouillés et dénués de leurs terres, ou sont contraints de les vendre, afin qu’un avaricieux qui n’a jamais suffisance, et qui est une peste en son pays, augmente son territoire et en un circuit enclose quelques milliers d’arpents de terre. 

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