Indissolubilité du mariage (Questions pour l’Evangile du 27° dimanche du Temps ordinaire B)

En ce 27° dimanche du temps ordinaire B, Jésus a quitté Capharnaüm (9,33) et la Galilée pour la Judée et la Transjordanie (10,1) montant vers Jérusalem. C’est là qu’il enseigne la foule et que des pharisiens viennent l’interroger (Marc 10, 2-16).

Voici quelques questions pour l’Évangile de ce dimanche :
– Quand m’est-il arrivé de vouloir piéger quelqu’un avec une question?
– Quand je sens qu’une question est piégée, comment est-ce que j’y réponds? par une réponse claire? en changeant de sujet? par une autre question ?
– Dans quelle(s) circonstance(s), est-ce que je m’accorde un régime de faveur, un régime dérogatoire? Quelle(s) conséquence(s) cela peut-il alors avoir dans mes relations avec les autres?
– Comment puis-je passer d’une morale légaliste (permis / défendu) à une éthique du sens et de la relation fondée sur l’amour?

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Lettre de Mgr Brunin aux personnes vivant ou ayant traversé une rupture d’alliance

Publié sur le site du diocèse du Havre :

Madame, Monsieur, cher ami(e)

Le Synode sur la famille convoqué par le pape François et son Exhortation apostolique La joie de l’amour, ont porté une attention particulière aux situations difficiles et douloureuses que connaissent les familles. Parmi ces situations se trouvent celles consécutives à une rupture d’alliance conjugale, avec ses répercussions sur la vie familiale.

Vous avez connu cette douloureuse épreuve. Elle vous a certainement affecté et déstabilisé. Car s’unir par le mariage, c’est porter un projet et espérer possible une alliance dans la durée. Vous avez commencé à écrire une histoire à deux et la rupture a été comme une amputation de vous-mêmes et l’effondrement de ce que cette alliance permettait d’entrevoir comme avenir possible et heureux. Vous avez vécu l’expérience que le projet d’alliance pouvait échouer car tout n’est pas maîtrisable. La rupture a suscité en vous des regrets, des amertumes, peut-être des colères et des révoltes, ou un sentiment de culpabilité.Lire la suite

Le mariage, toujours plus rapide, toujours plus facile…

Il n’y a pas que le divorce qui est toujours plus rapide… il y a aussi le mariage ! C’est le principe de la nouvelle émission de M6, « Mariés au premier regard »

Grâce à une « méthode scientifique » (à base de reniflage de linge sale), on se charge de choisir un époux pour les célibataires qui participeront à l’émission. On marie donc de parfaits inconnus à la mairie, et après quelques semaines de vie commune, on leur demande s’ils veulent poursuivre leur cohabitation ou divorcer.

Une belle image de l’amour, du mariage et du respect des institutions (sic).

On vous rassure, cette émission est pleine de bonnes intentions : « Ce qu’on cherche c’est qu’ils soient vraiment heureux ». Et si ce n’est pas le cas, le divorce est payé par la production.

 

 

Le divorce, toujours plus rapide, toujours plus facile

Paper chain family divorceIl a fini par passer. Nicolas Sarkozy avait tenté en 2007 un divorce sans juge et sans avocat. En 2014, c’était un divorce sans juge et devant greffier qui était proposé. Cette fois, la réforme est passée à l’Assemblée et l’on pourra désormais divorcer par consentement mutuel, sans juge. Un juge aux affaires familiales apporte un éclairage attristé à La Croix 1 – voir aussi cet article, qui détaille la réforme. Et il y a lieu d’être triste. Devant l’insistance transpartisane à faire passer une réforme dont bien des spécialistes expliquent les illusions et les dangers depuis bientôt dix ans. Devant la ferme volonté de toujours faciliter la séparation, de la rendre toujours plus rapide quand, pourtant, face à un consentement mutuel véritable, un divorce ne demandait déjà que six mois. Devant les facilités toujours accordées à l’instabilité familiale. Devant le sort des enfants – certes, « ils n’en mourront pas », mais l’on peut encore rêver de standards plus élevés. Reste à travailler les cœurs, pour préparer les mariages, rappeler le sens de l’engagement et du devoir, de la durée et de la fidélité, afin de limiter le recours à ce nouveau droit.

Notes:

  1. On comprendra ma réserve sur un paragraphe quelque peu méprisant pour le rôle de l’avocat