Comment naquirent les crèches familiales ?

« Le véritable essor des santons est lié à la Révolution française qui interdit la Messe de Minuit et les crèches d’église. À son corps défendant, la République inventa donc la coutume de la crèche familiale ! Restés très fidèles à leurs crèches, les Marseillais contournèrent la loi en créant des « crèches publiques », qui étaient en réalité des crèches privées ouvertes au public. On ouvrait son logis à la visite pour faire admirer la crèche familiale.

L’usage se répandit alors de monter une crèche dans chaque foyer, pour le plus grand bonheur des santonniers ».

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Laurent Wauquiez : ne nous santons pas concernés

AFP PHOTO / JEFF PACHOUD

A l’approche de l’élection pour la présidence des Républicains, la passion de Laurent Wauquiez pour l’artisanat santonnier ne faiblit pas. L’installation, en 2016, d’une crèche au siège de la Région Auvergne-Rhône-Alpes ayant été jugée illégale par le tribunal administratif de Lyon en octobre dernier, le candidat à la présidence des Républicains a choisi, cette année, de rendre hommage au savoir-faire des santonniers de la Région en exposant pas moins de 8 crèches dans le hall du centre administratif.Lire la suite

Le Conseil d’Etat autorise les crèches si elles ont des guirlandes

imageEt encore, clignotantes.

Le Conseil d’Etat a donc rendu ses décisions dans les affaires des crèches dans l’espace public. Et, contrairement à ce que l’on peut lire dans la presse, le Conseil d’Etat n’a pas « autorisé les crèches de Noël ». La décision est plus nuancée puisqu’il a cassé la décision de la Cour administrative d’appel de Paris, qui avait considéré qu’une crèche de Noël contrevenait par principe à la neutralité religieuse. Il considère, un peu à l’image de la Rapporteur public qui évoquait un « objet mixte », que la crèche est un objet spécifique :

Une crèche de Noël est une représentation susceptible de revêtir une pluralité de significations. Il s’agit en effet d’une scène qui fait partie de l’iconographie chrétienne et qui, par là, présente un caractère religieux. Mais il s’agit aussi d’un élément faisant partie des décorations et illustrations qui accompagnent traditionnellement, sans signification religieuse particulière, les fêtes de fin d’année.

Par conséquent,Lire la suite

Un endroit où crécher

creche-de-noelAu moment où nous nous étripions sur la place à donner aux crèches dans les mairies, le Saint-Siège par la voix de Mgr Bernardito Auza plaidait pour le droit au logement pour tous auprès de l’Organisation des Nations Unies.

La réalisation complète du droit à un logement décent et abordable est liée au respect pour la dignité intrinsèque et inviolable de la personne humaine. Trop de personnes sont encore logées de façon insuffisante, vivant dans des bidonvilles insalubres ou dans des bâtiments dangereux : aujourd’hui il y a tant de familles sans-abri.

Le rapporteur auprès du Conseil d’Etat appelle dans ses conclusions à envisager la crèche, lorsqu’elle se trouve exposée dans des bâtiments publics, comme un objet sécularisée. Ne peut-on imaginer que les chrétiens utilisent cette opportunité pour partager avec leurs concitoyens un idéal de solidarité, celle qui amène par exemple à prêter un toit à un couple en transit qui attend un enfant ? La meilleure solution pour contrer ceux qui veulent faire de la crèche un symbole identitaire au service du rejet de l’autre n’est-elle pas de leur opposer une vision qui promeuve l’accueil et le partage ?

Beaucoup de chrétiens œuvrent déjà activement pour le droit au logement. On peut penser en particulier à Habitat et Humanisme, dont le fondateur, le père Bernard Devert, vient de signer un signer un texte particulièrement d’actualité.

Les croyants ne revendiquent pas l’installation de crèches dans les mairies

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C’est le Père Louis-Marie Guitton, prêtre dans le diocèse de Fréjus-Toulon (Var) et responsable de l’Observatoire socio-politique du diocèse, qui le souligne et qui rappelle entre autres que :

Pour nous, Noël est un temps de paix, donc il n’y a pas lieu d’entrer dans des guerres inutiles. C’est toujours sain qu’il y ait un débat, mais ces histoires de crèche installées dans les mairies ne sont pas une priorité aujourd’hui.Je préfère rappeler que l’histoire que raconte la crèche est dramatique au départ : ce sont des gens qui n’ont pas trouvé à être hébergés, un couple qui cherche une maison. Ca peut nous ramener à l’actualité, non ? La crèche est tout le contraire d’un signe de fermeture.

Oui à la crèche, sans Jésus

creche-noelIl était une fois un pays extraordinaire dont les habitants se faisaient la guerre à cause de la paix. Dans ce pays extraordinaire, les juges semblaient penser que la paix serait admise, pour autant qu’elle reste décorative.

Le rapporteur public devant le Conseil d’Etat a rendu ses conclusions dans l’affaire des crèches. Il ne s’agit donc pas de l’arrêt du Conseil d’Etat mais de conclusions – généralement suivies. La position, notable, est celle-ci : la laïcité ne s’oppose pas, par principe, à la présence d’une crèche dans une mairie, bâtiment public par excellence. Le rapporteur a expliqué : « Nous ne croyons pas que le contexte de crispation sur la laïcité vous impose d’instruire par principe le procès de la crèche ».

Mais il y a des conditions et, selon l’AJDA, il conviendrait que la crèche, « objet mixte, à la fois religieux et décoratif (…) s’inscrive dans le temps festif de Noël en tant que fête sécularisée ». Lire la suite