Lorsque les voies légales sont bouchées…

Une chronique alerte, voire une chronique-alerte, d’Erwan Le Morhedec dans La Vie :

Un gouvernant devrait savoir que, lorsque les voies légales sont bouchées, c’est la rue que l’on emprunte. L’enjeu dépasse la seule PMA, il engage le lien social. Or, cette fois, le pouvoir a souhaité l’organisation d’États généraux de la bioéthique, mais lorsqu’une opposition massive s’y est exprimée, on s’est empressé de la discréditer au prétexte qu’elle serait militante – comme s’il existait d’autre participation que militante à ce type d’événements – et l’avis du CCNE a été rendu comme si ces états généraux ne s’étaient pas tenus.

La dignité de la procréation

Tous les évêques de France ont signé une déclaration, « La Dignité de la procréation », pour expliquer leur position sur l’Assistance Médicale à la Procréation.

« Notre attitude n’est pas d’être “contre”. explique Mgr d’Ornellas. Mais nous sommes pour la dignité de la procréation. » « Nous entendons les souffrances. Mais c’est avec sérénité que nous présentons ici des arguments éthiques car c’est le dialogue que nous cherchons et non la confrontation. »

 

 

 

Conseil d’État et Bioéthique

Au-delà de la fin de vie et de l’extension de la PMA, qui focalisent toute l’attention médiatique et politique, le Conseil d’État examine dans son rapport d’autres sujets susceptibles d’entrer dans le champ de la révision des lois de bioéthique.

À lire dans La Croix :

► PMA post-mortem
► La congélation des ovocytes
► L’anonymat et la gratuité du don de gamètes
► Intersexes
► Diagnostic préconceptionnel
► Diagnostic prénatal (DPN)
► Recherche sur l’embryon
► Neurosciences
► Intelligence artificielle

Fraternité ou autonomie ?

Mgr Aupetit dans Le Point :

Il me semble très heureux que tout le monde ait pu s’exprimer, car les décisions qui seront prises vont avoir des conséquences durables sur nos façons de vivre et les valeurs qui les sous-tendent. Nous sommes, en effet, à la croisée des chemins entre deux visions sociétales. D’un côté, une société basée sur la fraternité où la personne est qualifiée par les relations qu’elle entretient avec autrui. Dans cette situation, la loi protège les plus vulnérables. D’un autre côté, une société individualiste où chacun revendique une autonomie. Dans ce cas, la loi s’ajuste au désir individuel avec le risque de revenir au droit du plus fort, du plus riche ou du plus puissant.

Les évangéliques et la fin de vie

Le Conseil National des Évangéliques de France (CNEF) a organisé, mercredi 23 mai à Paris, un forum pour présenter ses positions sur les grands enjeux des sujets débattus dans le cadre des États généraux de la bioéthique.

Cette rencontre, animée par Thierry Le Gall, le directeur du service pastoral du CNEF auprès des parlementaires et par une dizaine d’experts – médecins, éthiciens, théologiens, juristes, etc – a balayé en deux heures les thèmes les plus clivants de la consultation populaire en ligne lancée en février 2018 par le Comité consultatif national d’éthique (CCNE).

Dans La Croix

Débat politique vs dimension anthropologique

Jean-Yves Nau s’interroge sur la diabolisation des opposants à la PMA pour toutes, en citant le professeur Sicard :

J’ai avant tout été frappé par une forme de diabolisation des opposants à l’évolution de la loi dans les débats auxquels j’ai participé et dans les médias. Ceux qui ne sont pas d’accord avec l’ouverture de la PMA ou la modification de la loi sur la fin de vie sont très souvent traités de «réacs», d’obscurantistes ou désignés comme croyants. Ils sont accusés de mépris envers les couples homosexuels ou les femmes célibataires. C’est une manière de fermer le débat, de dénier à l’autre sa capacité de réflexion ou de mettre en doute son raisonnement en le considérant comme biaisé par une idéologie. J’y vois une confusion entre le débat politique et la dimension anthropologique de ces thèmes.

 

Les deux faces de la limite

Dans le cadre des débats sur la bioéthique, il est très intéressant de relire cet entretien d’Eric Fiat à La Croix (il date du 30 mars mais la bioéthique ne se périme pas 8 jours), et notamment ceci :

« Comment les chrétiens peuvent-ils se positionner dans les débats ?

E. F. : Il me semble que les chrétiens doivent veiller à ne pas s’installer dans une posture, qui est une position figée, théâtralisée et souvent insincère. Il vaut mieux avoir des positions qu’une posture. Ils doivent aussi se souvenir de la formule du Livre de l’Exode : « Tu n’invoqueras pas le nom de l’éternel en vain » (Exode 20, 7). Le nom de Dieu ne doit pas être invoqué à tout bout de champs, pour clore les débats. Rappelons-nous que l’éthique consiste plus souvent à affronter des dilemmes qu’à dénoncer des scandales. »

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États généraux de la bioéthique : 1er bilan du CCNE

Attention, cela prend du temps d’y participer, et la consultation s’arrête le 30 avril ! En attendant, bilan d’étape, et réaction de Tugdual Derville :

Ce que ces États généraux attestent donc d’ores et déjà, c’est que la demande sociale de ces transgressions est faible et, en réalité, ultra minoritaire. Et que l’hostilité à ces transgressions est forte et argumentée. Nous avons entendu certaines critiques sur la présence de citoyens convaincus ; c’est au contraire, à nos yeux, un signe de vitalité du processus…

 

Revue de presse du 5 avril

Revue de presse de la semaine, avec au sommaire : Pâques, les questions de relation Eglise/société (le lobbying, la bioéthique, le positionnement des cathos) et quelques brèves sur les prêtres mariés et le radicalisme…

 

Du sens civique des cathos

Éditorial de Gérard Leclerc dans France Catholique :

Pour Libération, ‘Les catholiques risquent d’empêcher tout débat dans les États généraux de la bioéthique, en monopolisant la parole’.
C’est tout de même un peu curieux ce reproche, car on ne sache pas que lesdits catholiques empêchent quiconque de s’exprimer. Sans doute sont-ils plus motivés que les autres, mais on devrait plutôt leur en savoir gré eu égard à leur sens civique. Lire la suite

Les Evêques contre l’euthanasie ! #FindeVie #EgliseEtBioethique

Extraits de la déclaration des 118 évêques de France :

Quelles que soient nos convictions, la fin de vie est un temps que nous vivrons tous et une inquiétude que nous partageons. Chacun doit donc pouvoir y réfléchir le plus sereinement possible, en évitant les écueils des passions et des pressions.

Nous voulons avant tout exprimer notre pleine compassion envers nos frères et soeurs en « fin de vie », comme l’Eglise a toujours essayé de le faire. Ils se présentent dans leur faiblesse, parfois extrême. Leur existence est un appel : de quelle humanité, de quelle attention, de quelle sollicitude ferons-nous preuve envers eux qui vivent au milieu de nous ?

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Quelle société voulons-nous ?

« Il semble qu’une partie de nos concitoyens, y compris des catholiques, ne prennent pas la mesure des changements de société qui peuvent nous impacter. C’est pourquoi l’Église souhaite apporter sa contribution à ce travail pour édifier un monde meilleur qui ne soit pas le meilleur des mondes (*) ».

Mgr Aupetit, éditorial aux Fiches de bioéthique

(*) Le Meilleur des mondes (Brave New World), roman d’anticipation d’Aldous Huxley, paru en 1932.

L’obscurantisme d’Occident

Les nouveaux refus que fait émerger partout dans le monde la perspective de la ‘casse des montages qui font tenir le sujet humanisé’ – et dont les fondamentalismes terroristes sont l’expression ultime – témoignent d’un durcissement planétaire redoutable. ‘L’économie est devenue la nouvelle et unique raison de vivre’. On est bien au-delà du religieux et des affrontements confessionnels. Sous la frivolité du message managérial, consumériste, publicitaire et distractif, Legendre croit distinguer un péril d’un nouveau genre : cette fois, l’obscurantisme émane du Centre, c’est-à-dire de l’Occident.

L’actualité de la pensée de Pierre Legendre, par Jean-Claude Guillebaud

États généraux de la Bioéthique : entrez dans le débat !

Comment y participer et faire entendre sa voix ?
Nous sommes tous invités à y prendre part et je vous encourage vivement à transmettre cet appel à tous les frères et sœurs de vos paroisses, communautés, établissements, mouvements et aumôneries. Une occasion nous est offerte pour témoigner humblement auprès de nos concitoyens de la beauté de la vie humaine et du chemin de liberté que nous ouvre la vie avec le Christ.

Cardinal Philippe Barbarin

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Débattre de bioéthique

Bandeaux-Bioethique1-1024x341Vous le savez, le gouvernement a lancé il y a peu des Etats généraux de la bioéthique, en vue de la prochaine révision des lois éponymes. L’Eglise de diverses manières nous invite à nous former aux enjeux majeurs de ces débats et à penser la contribution que nous pourrions apporter comme citoyen.

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Quel monde commun voulons-nous pour demain ?

Avec les Etats généraux de bioéthique, de quel modèle de société voulons-nous ?

C’est la question que se pose le p. Bruno Saintôt (s.j.), responsable du département de bioéthique au Centre Sèvres dans un billet explicitant deux de ces modèles.

« Les questionnements sur chacun des dossiers bioéthiques pourraient nous obliger à travailler, devant les urgences du temps, à un nouvel humanisme. Encore faut-il ne pas les traiter uniquement comme des points techniques, mais nous aider à en mesurer les enjeux collectifs : quel monde commun voulons-nous pour demain ? C’est bien de cela dont il est question. »

Bioéthique : l’Eglise doit poser les questions importantes …

sans-titreC’est l’un des messages de Dominique Quinio, Présidente des Semaines Sociales de France et Membre du Conseil Consultatif National d’Ethique (CCNE), dans une interview donnée à la Matinale de RCF.

Dans un tel débat, l’Eglise catholique entend bien faire entendre sa voix. Il est important qu’elle continue à s’exprimer, mais pas sous un mode condamnant, car cela n’aura aucune incidence. Mais elle doit poser les questions. L’Eglise doit amener les gens à se poser les questions importantes » estime la membre du CCNE, concluant en affirmant que « les chrétiens se posent des questions, et ne se laissent pas forcément entraîner face à ces questions contemporaines ».

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Mgr Michel Aupetit : « c’est l’Evangile qui dérange ! »

Mgr Michel Aupetit a livré un entretien très complet à La Croix (« il n’y a pas d’un côté la bioéthique, et de l’autre les migrants« ) appelant les chrétiens à se laisser déranger par l’autre, par la fragilité. Il y explique notamment ceci à propos des prochains rendez-vous législatifs, qui vaut à tous égards : « Il lui faut redire ce qui est en jeu : la construction de notre société. Or celle-ci s’est fondée sur l’acceptation de la fragilité. Ce qui nous fait humains, c’est la capacité d’accompagner les plus faibles et de leur laisser une place aussi digne que les plus forts. « Lire la suite

Bonne année, merci et à bientôt

Les principaux représentants des cultes catholique, orthodoxe, protestant, juif, musulman, et bouddhiste de France, étaient présents lors des vœux qui leurs étaient adressés par Emmanuel Macron ce jeudi 4 janvier, et dont Radio Vatican rapporte la teneur.

Des vœux en demie-teinte, entre affirmation du rôle des cultes dans les débats de bioéthique et rappel de l’autorité du gouvernement, proclamé légitime pour conduire l’adaptation des lois aux évolutions de société. Parmi les phrases les plus ambiguës de cet échange, annonciatrice des réformes à venir, on retiendra celle-ci, modèle de discours allusif et conciliant jusqu’au non-sens :

 «J’aurai à cœur que notre société puisse s’adapter aux évolutions qui sont en cours, que la loi puisse refléter celles-ci dans le cadre de ce qui est son esprit constant et que nous puissions aussi tout en accompagnant les évolutions technologiques, leur donner un cadre éthique indispensable»

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Bioéthique : la Croix ouvre le débat

Il est certainement déplaisant de constater le chemin pris par la société, chemin qui s’éloigne du nôtre. Il peut encore être discuté d’aborder le sujet par les sondages, le nombre n’ayant jamais fait la vérité d’une position, mais il est peut-être bien essentiel d’ouvrir les yeux sur l’état véritable de notre société, afin de pouvoir apporter une contribution ajustée à ce débat, sans s’illusionner sur celle-ci.Lire la suite

Matignon et la CEF sont dans un bureau

L’instance de dialogue entre le gouvernement et l’Église catholique s’est réunie ce mardi 12 décembre à Matignon, comme le rapporte La Croix. Au programme, différents points techniques relatifs à des réformes engagées en 2017, et qui ont un impact sur la vie de l’Église : diplômes requis pour les aumôniers de prison, effet des futures réformes fiscales sur les dons et legs, … Surtout, la CEF a souhaité engagé un dialogue sur des questions plus politique, en droite ligne de la récente assemblée plénière à Lourdes.

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Technologies génétiques et Droits de l’Homme

« La découverte de la nouvelle technique du CRISPR-Cas9 permettant la modification de l’ADN de toute cellule a été rendue largement accessible aux équipes scientifiques depuis sa mise au point en 2012. Cette technique est un outil de génie génétique simple, peu coûteux et facile d’utilisation. Il permet d’agir directement sur l’ADN de tous types de cellules, végétales, animales ou humaines. ‘Cette technologie fonctionne comme des ciseaux capables de cliver l’ADN. Elle peut facilement être conçue pour cibler n’importe quel gène. Il est désormais possible de modifier l’expression des gènes, d’allumer, éteindre, changer, réparer ou enlever des gènes. Elle est rapidement apparue comment étant un couteau suisse de la manipulation génétique’ explique Emmanuelle Charpentier, l’une des deux découvreuses de CRISPR-Cas9″.

Lire plus sur alliancevita.org

Université de la Vie

capture« L’Université de la vie est un Cycle de formation en bioéthique. Il propose de parcourir et d’approfondir en plusieurs soirées les enjeux actuels de la bioéthique pour agir au service de la vie. Une façon  de susciter une réflexion pratique et concrète, ancrée dans le quotidien, sur le sens de la vie humaine.

Lancé en 2004, cette formation était alors réservée aux seuls franciliens. Mais fort de son succès renouvelé, Alliance VITA a décidé de proposer ce cycle de formation à toute la France par un système de visioconférence associant une animation nationale et locale. C’est ainsi qu’en 2014 l’Université de la vie est  devenue un événement national et dès 2015 international associant l’Allemagne, la Belgique, le Canada, les Etats Unis, la Grande-Bretagne et la Suisse ».

Comment participer…

Réforme de l’académie pontificale pour la vie

Académie pour la vie: de nouveaux statuts pour élargir le champ d’actionRapporté par l’agence Zenit : La réforme de la curie romaine touche aussi l’académie pontificale pour la vie et la dote de nouveaux statuts. Reconnaissons qu’en matière de défense de la vie et de la dignité humaine, il était devenu quasiment banal de s’engager presque exclusivement sur les questions de début et de fin de vie. Aussi, il y a vraiment de quoi se réjouir de l’annonce qui est faite ici : tout en renouvelant les termes actuels de la mission de l’académie, les nouveaux statuts en élargissent le champ d’action en vue d’une écologie humaine intégrale, reconnectée à notre société humaine :

Parmi les nouveautés à souligner : la collaboration avec les non-catholiques, une section pour les jeunes chercheurs et l’abolition des nominations à vie pour les membres, désormais titulaires d’un mandat quinquennal.

Interrogé par Radio Vatican, Mgr Paglia explique que le pape demande à l’Académie de « ne pas rester enfermée dans son périmètre, mais d’entrer dans le cœur de la société humaine ». Les statuts élargissent ainsi l’horizon des recherches : « il est demandé à l’Académie de s’occuper de (…) tout ce qui concerne la protection de la dignité de la personne humaine dans les divers âges de l’existence, le respect réciproque entre genres et générations, la défense de la dignité de chaque être humain, la promotion de la qualité de vie, qui intègre ‘la valeur matérielle et spirituelle’ ».

Avec ces nouvelles directives, précise l’archevêque, « l’Académie ne devra pas seulement s’arrêter sur les question traditionnelles de la bioéthique, mais un dessein humaniste s’ouvre ». Une perspective qui englobe « des implications sociales, économiques et écologiques ».