Macron bientôt en visite au Vatican ?

Emmanuel Marcon pourrait se rendre bientôt à Rome, pour recevoir son titre de chanoine du Latran, comme l’indique un article du Parisien. Une visite certes symbolique, pour un président cultivant l’art du symbole, mais aussi politique, une rencontre avec le Pape permettant de toucher de manière toute particulière les catholiques. Le titre de chanoine relance ainsi la possibilité d’une rencontre prochaine avec le Pape François, même si l’agenda choisi par l’Elysée sera déterminant, dans le tumulte de réformes inquiétant les catholiques, à l’instar de la PMA. Affaire à suivre.

 

 

 

Source photo : Article du Parisien.

 

 

La Présidentielle la plus religieuse de la Ve République

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Un intéressant article paru dans Vingt Minutes analyse les multiples et inédites références au religieux dans la présente campagne présidentielle, en dépassant la seule question de la « manipulation électorale ». De Fillon à Macron, en passant par Mélenchon, les candidats ne semblent plus avoir de gêne pour parler de foi.

20 Minutes a demandé à trois politologues si le fond de l’air avait déjà été aussi « spirituel » à l’approche du scrutin central de la vie politique française. La réponse est unanime : non, clairement pas.

S’il est essentiel de distinguer à quel titre, dans quel contexte et dans quels objectifs les références religieuses sont amenées par chaque candidat (quête d’une nouvelle mystique pour Emmanuel Macron, adaptation aux évolutions de l’électorat de droite pour François Fillon), il est certain qu’elles témoignent d’une porosité inédite du politique aux sujets religieux. La crise actuelle du système politique et le sentiment d’impasse généralisée dans laquelle se trouve la France ne sont sans doute pas étrangers au phénomène. La perception d’un « tournant historique » et d’un retour de l’Histoire amènent les candidats à charcher des points d’ancrage au-delà des références classiques et purement rationnelles : la quête d’une transcendance permet ainsi de suggérer le dépassement des interrogations les plus brûlantes, l’avènement de l’inespéré dans la désespérance.

Reste à savoir qui aura la bénédiction finale des électeurs et quel sera le devenir concret de ces références religieuses dans l’exercice du pouvoir. Il ne suffit pas de dire Seigneur, Seigneur, …

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Nouvelle mise au point sur les catholiques et le vote FN

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Une étude publiée par le Cevipof (Sciences Po) illustre la pertinence de la variable de la pratique religieuse dans l’analyse du vote. Contrairement à d’autres études récentes, rapporte La Croix, cette dernière étude montrerait que les catholiques pratiquants voteraient moins pour le FN que la moyenne des Français, contrairement aux catholiques pratiquants occasionnels et non-pratiquants.

Il serait particiculièrement intéressant de compléter ces études par une approche géographique, la sociologie française – et plus spécialement la sociologie catholique – ayant tendance à évoluer vers une homogénéisation des groupes selon les espaces géographiques (urbains, périurbains, périphérie urbaine lointaine, rural, …). Non seulement les catholiques ne sont sans doute pas étrangers à cette tendance à la fragmentation spatiale, mais les récentes évolutions qu’a connu l’Eglise pourraient encore accentuer la tendance (émergence des communautés nouvelles et renouveau associatif en milieu urbain, recul des espaces d’engagement et de sociabilité traditionnels en milieu périurbain et rural, …). Le catholique des champs vote-t-il comme le catholique des villes ? Cette donnée pourrait être à l’origine de brouillages dans la perception de l’ancrage politique des catholiques, agissant par effets de concentration atténués dès lors que l’on considère les données à l’échelle nationale.

Source photo : Un bureau de vote à Evry, au second tour des élections départementales le 29 Mars 2015. Martin Bureau/AFP

Catholicisme et libéralisme sont dans un bateau

Le pape Léon XIII et François Fillon, montage.

Au sortir d’une période mouvementée pour les catholiques dans l’espace médiatique, dans le contexte de la Primaire de la droite et du centre, la presse se tourne vers des analyses plus approfondies sur ce qu’implique le catholicisme en matière de contenu politique. Un mot semple émerger plus particulièrement, et pourrait bien devenir l’une des clés de voûte de l’élection présidentielle : libéralisme.

Ainsi, un journaliste de l’Obs s’essaie à un cours sur la doctrine sociale de l’Eglise (qu’il confond au passage avec ce que pourrait être un axe socialisant de la DSE) pour mettre en valeur les prises de position anti-libérales de l’Eglise sur le plan économique au cours de l’Histoire. En dépit des approximations dont fait preuve cet article, il a au moins le mérite de s’interroger sur ce qu’est le catholicisme en politique, en questionnant la labellisation AOC de « candidat catholique » de François Fillon. En guise de conclusion, l’article en appelle à François (le pape) contre François (le candidat LR), confirmant la tendance actuelle à faire de la figure du Pape un baromètre de la pensée politique catholique et une figure d’autorité reconnue de tous.

De son côté, la Croix identifie cette question du libéralisme économique à un courant, qui est celui du catholicisme social, s’interrogeant sur les mutations de l’univers catholique : à rebours des prises de position du Pape François, les catholiques français se détourneraient du message ecclésial sur les questions économiques pour conforter un catholicisme « bourgeois », moral et libéral.

Cette question libérale, qui se trouve aujourd’hui interrogée dans ses liens avec le catholicime, devrait se trouver au centre des débats économiques, depuis le programme libéral d’Emamnuel Macron jusqu’aux attaques du FN en direction de la droite sur ses options libérales. Car le libéralisme de François Fillon pourrait bien amener le FN à cimenter un discours anti-libéral et étatiste en direction des classes populaires, pour se poser en protecteur des acquis sociaux. Le débat ne pourra qu’être salutaire pour les catholiques, encore peu mobilisés sur les questions économiques et ainsi interrogés dans leur adhésion globale aux discours de l’Eglise. Le front national et la gauche au service de la pensée sociale ?

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C’est jour d’élection

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Bien sûr la vie politique ne se résume pas à l’élection, mais elle est incontestatblement un temps fort de la vie politique – quitte à ce que cette vie politique apparaisse alors dans toute sa vacuité. Clinton ou Trump ? Certains se refusent même à choisir entre deux candidats accusés d’incarner deux formes d’impasses.

En ce jour d’élections aux Etats-Unis, prions pour les Américains et prenons de la hauteur en méditant les paroles prononcées par le Pape François au Congrès américain lors de sa visite aux Etats-Unis en septembre 2015. Des mots qui entrent en résonnance avec les slogans de campagne des deux protagonistes : le « make America great again » (« rendons à l’Amérique sa grandeur ») de Donald Trump et le « stronger together » (« plus forts ensemble »), d’Hillary Clinton.

« Une nation peut être considérée comme grande quand elle défend la liberté comme Lincoln l’a fait, quand elle promeut une culture qui permet aux personnes de ‘‘rêver’’ de droits pléniers pour tous leurs frères et sœurs, comme Martin Luther King a cherché à le faire ; quand elle consent des efforts pour la justice et la cause des opprimés, comme Dorothée Day l’a fait par son travail inlassable, fruit d’une foi devenue dialogue et semence de paix dans le style contemplatif de Thomas Merton. »

Source photo : la Croix