En ZEP, Elsa Bouteville donne le goût de lire.

Cours de lecture (image d'illustration) © Getty / Steve Debenport« En CE2 les écoliers savent lire, en théorie du moins. Parfois, il y des ratés comme pour Sidi, rétif à la lecture et empêtré dans ses blocages malgré deux années passées en CP. Elsa Bouteville fait plusieurs tentatives de rattrapage en tête en tête avec Sidi, au fond de la classe. En vain. Elle décide finalement de repartir de la base avec des livres d’images sans texte, des livres à toucher. Et ça fonctionne : L’enfant regarde et touche le livre, il l’emporte avec lui. L’envie d’aller vers les livres était là ! »

Sur France Inter, Elsa Bouteville, professeure des écoles, raconte son vécu en salle de classe, pour « éduquer en banlieue ». C’est à lire, et à écouter ici.

 

 

Plan Borloo : deux avis divergents

Xavier Lemoine – maire de Montfermeil (Seine Saint-Denis) depuis 2002, vice-président du Parti chrétien démocrate (PCD) – et le Père Bernard Devert – président-fondateur d’Habitat et Humanisme – réagissent à l’annonce du Plan de mobilisation proposé par Jean-Louis Borloo pour les banlieues.

Nous ne connaissons que trop bien la camisole de moche qui entoure nos villes

« Le constat est unanime, évident, si flagrant que l’on cesse presque de s’en étonner : nos entrées de ville sont défigurées… et uniformes. Si Brel revenait, il ne chanterait plus la « laideur des faubourgs » mais la laideur des Carrefours©. Je ne vais pas nous imposer la trop longue litanie des enseignes – Auchan, Castorama, Ikéa, etc. – nous ne connaissons que trop bien la camisole de moche qui entoure nos villes. Du fait de cette frénésie des grandes surfaces, de leurs immenses parkings et de l’extension sans limite des banlieues pavillonnaires standardisées, l’étalement urbain représente l’équivalent d’un département français enseveli tous les sept ans sous le béton. La richesse des sols est à jamais perdue, nous ne cesserons jamais de dénoncer ce scandale écologique et esthétique. Mais alors pourquoi un tel saccage, qui plus est uniforme, dans toutes les villes françaises ? »

Éléonore de Noüel dans Limite

 

L’un de ces profs

8Parce qu’il faut aussi, parfois, lire ceux qui travaillent « là-bas », tentent, et font vivre l’espérance, jusque dans cette Education Nationale que l’on a parfois un peu trop beau jeu de critiquer.

Je suis l’un de ces profs qui pense que l’on doit donner du bon, du beau à ceux qui, comme c’est parti, seront les silhouettes de la prochaine saison de Familles de policiers déchirées à la Grande Borne. Qui voit qu’en étant exigeant, impeccable au niveau de son cours, on peut voir B., N. et J. expliquer en mots précis pourquoi elles comprennent le traumatisme fondateur de Rousseau et que, non, ça n’a rien de ridicule, cette histoire de peigne. Et que cette victoire là est une étape, minuscule, ridicule, sur la route du changement.

Rachid Santali, le Bernard Pivot du 9.3

Quand un ancien cancre organise des dictées géantes dans les quartiers populaires :

Ici, il n’y a pas de perdants, il n’y a que des gagnants ! La dictée est un symbole de l’école et, pour beaucoup, de l’échec scolaire. Nous, on valorise tout le monde parce que, dans la vie, on peut faire des fautes et là, c’est pareil. Mais on en fait quelque chose d’accessible et d’amusant 

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