François Hollande : mon Royaume n’est pas de ce monde

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Se représentera ? Se représentera pas ? La possible candidature de François Hollande a occupé bien des commentateurs politiques cette semaine, le tout sur fond de défections supposées dans son propre camp (depuis les distances de Claude Bartolone jusqu’aux velléités de candidature prêtées à Manuel Valls ou Ségolène Royal).

Il est vrai que tout semble conforter, en ces temps qui sont les derniers, l’idée d’une marche finale vers Jérusalem, de la mise en scène d’une possible résurrection politique. Entouré de ses disciples les plus proches, le Président demande un dernier acte de foi en son quinquennat, invoque la figure paternelle de François Mitterand et demeure seul maître du calendrier, seul capable de donner le jour et l’heure.

Pourtant, dans le même temps, François Hollande paraît également annoncer sa propre mort politique, que son camp peine à accepter. Suite à la publication de ses déclarations sans filtre dans le le livre-confession Un président ne devrait pas dire ça…, il semble entré dans une forme de Gethsémani politique au cours duquel transparaît toujours plus la distance prise par ses disciples à son égard à l’approche de 2017. Manuel Valls lui-même paraît déjà renier sa candidature…

En demandant une attitude de foi en même temps qu’il instille l’idée de sa propre mort politique, le Président a décidément des allures christiques. Reste la question de savoir par qui il pourrait être sauvé avec seulement 4% d’opinion favorable dans les sondages.

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500 ans de Réforme

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« A Lund et à Malmö en Suède, le pape François, pour l’Église catholique, l’évêque Munib Younan et le pasteur Martin Junge, représentant la communion mondiale des 145 Églises de la Fédération luthérienne mondiale (FLM), donneront ensemble le coup d’envoi de la commémoration commune de la Réforme, à l’occasion de son 500e anniversaire, le 31 octobre 2016. »

Un événement dont le détail est à lire sur le site de l’Eglise catholique de France.

Philippe de Villiers fait campagne

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Philippe de Villiers sait participer à la vie politique sans en avoir l’air, qu’il reçoive Emmanuel Macron en visite au Puy-du-Fou ou qu’il fasse paraître, conformément à un rituel annuel, son essai politique de rentrée. Depuis la parution de son dernier opus mi-octobre, Les cloches sonneront-elles encore demain?, Villiers envahit la scène médiatique, diffuse ses idées, commente la campagne présidentielle. Depuis longtemps déjà, la participation directe au jeu politique n’intéresse plus l’ex-candidat aux présidentielles : c’est sur le terrain des idées qu’il s’emploie à exercer son influence. Avec son dernier ouvrage, portrait d’une France islamisée au bord de la guerre civile, Villiers entend peser dans les débats autour de la crise identitaire, la reconfiguration de la droite et la crise de régime généralisée. Il prépare la France d’après :

Tout cela, plus la révolte de la police, sent la fin de régime. Mais le peuple français se réveillera et sa colère s’exprimera hors des urnes.

Dans la vision binaire développée par Villiers, le catholicisme et la civilisation française ont un rôle premier à jouer face à l’immigration, l’islam et le déclin de la France dans la mondialisation. Mais pour quelle vision du christianisme ? Celle d’une Église sur la défensive, refusant de construire à partir des mutations du monde. Les cloches sonneront-elles demain pour nous inviter à élever le regard, à partir de notre quotidien, ou pour nous rassembler autour des reliques du passé ?

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Le pain que nous mangeons

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Evalué hier à 10-15 centimes par le candidat à la primaire de droite, le pain au chocolat de Jean-François Copé n’a plus la même saveur. L’occasion de rappeler les erreurs les plus marquantes commises par les politiques sur les prix des denrées du quotidien, depuis la baguette de pain de Lionel Jospin jusqu’au ticket de métro de Natalie Kosciuszko-Moriset. L’occasion aussi de dénoncer une classe politique éloignée du peuple, menant une forme d’existence parallèle, enfermée dans un métier et une élite échappant aux contingences le plus élémentaires.

Plus profondément, ces questions relatives à la vie quotidienne nous ramènent à l’essence même du politique et à une meilleure compréhension de la crise du politique que nous traversons. Ce qui est reproché aux hommes et femmes politiques n’est pas tant le fait de ne pas partager le même mode de vie que le fait de ne pas partager la même vision du monde que leurs électeurs. Comment quelqu’un qui ne fréquente jamais un lieu aussi commun et crucial qu’une boulangerie ou qu’une station de métro, qui sont des lieux qui structurent notre rapport à l’économie, au territoire, à la communauté, peuvent-ils partager la même vision du monde, saisir les attentes de leurs contemporains ? Le pain que l’on partage, c’est un peu de notre existence commune que l’on met sur la table. C’est encore le pain de la nouvelle alliance qui réunit le peuple de Dieu dans l’eucharistie. Symboliquement, partager un même pain, c’est appartenir à un même peuple.

Traité UE-Canada : CETA vous de choisir

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Le gouvernement wallon a aujourd’hui toutes les clés en main pour décider de l’avenir proche du traité commercial CETA : la Commission européenne lui ayant laissé jusqu’à ce soir pour livrer sa position définitive, conditionnant celle de l’Etat belge, la Wallonie tranchera sur la tenue – ou non – de la séance de ratification du traité prévue ce jeudi avec le Premier ministre canadien. Le veto wallon peut, s’il est maintenu et en conformité avec les lois constitutionnelles belges, orienter la décision du pays vers la négative et donc empêcher la ratification de l’accord, qui doit recevoir l’aval des différents chefs d’états. La pression est donc maximale du côté de la Commission européenne et des gouvernements nationaux en direction du dirigeant wallon, Paul Magnette, qui a dénoncé le défaut de démocratie dans le processus de validation ainsi que ces pressions dont il est l’objet.

Le veto wallon a d’abord pour avantage de braquer les projecteurs sur les négociations commerciales en cours, réinstaurant un débat public jusqu’alors extrêmement pauvre en comparaison des enjeux en présence, par exemple sur la question des tribunaux d’arbitrage (permettant aux entreprises d’attaquer des Etats pour entrave au commerce). Mais l’affaire « Paul Magnette » est surtout à suivre de près car elle pourrait créer un précédent quant au contenu et aux modalités de négociations des accords commerciaux – comme le TAFTA, actuellement mis en attente -, opaques et discutables quant à leurs retombées économiques et environnementales. Y aura-t-il un avant et un après CETA ? On peut en tous cas se féliciter du retour du politique dans l’arène des affaires européenne, en écho avec la récente lettre des évêques de France.

Source photo : Le Soir

Aide toi le ciel t’aidera

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Le dessin de Denis Pessin pour Slate peut donner lieu à bien des commentaires. Il peut notamment nous rappeler que le premier rôle du message du Christ est de trouver une incarnation concrète dans le monde. Trouver une place en crèche aujourd’hui c’est encore un peu la croix et la bannière… Dans le regard que l’on porte sur la politique, il serait bon de se demander d’abord si les acteurs se mettent authentiquement au service du bien commun (accueillons chacun comme on accueille le Christ), avant de se demander quel rôle ils jouent dans nos querelles de symboles. Sans que cela évacue pour autant l’importance du débat sur la place de la religion dans notre société, il est légitime de veiller à ne pas tomber dans un certain pharisianisme politique qui veut que l’on nettoie l’extérieur de la coupe et du plat avant de se pencher sur ce qu’il contient.

Cathos de gauche : même pas morts ?

resurrection-de-lazare-par-rembrandtRéagissant à un article de Gaël Brustier, René Poujol s’insurge, dans une tribune publiée ce jeudi sur Causeur et Aleteia, contre l’idée que les cathos de gauche seraient morts et enterrés, balayés par la tempête de la Manif pour Tous. Pour lui, le recul du vote catholique à gauche est d’abord un problème d’offre politique : orphelins politiquement, les catholiques de gauche seraient les grands déçus de François Hollande qui n’aurait su ni conduire un authentique débat sur le mariage pour tous, ni mener une politique économique au niveau des attentes. Enfin, les catholiques de gauche continuent pour lui à souffrir d’un défaut de visibilité, continuant à opter pour une forme de discrétion en décalage avec le catholicisme décomplexé de la jeune génération.

Mais parle-t-on encore de « cathos de gauche », au sens historique du terme ? Ou parle-t-on plus justement de « cathos à gauche », moins nombreux, offrant volontiers leur soutien à la gauche mais sans développer pour autant des attentes en matière de réforme liturgique en résonance avec leur engagement politique ? Quels sont les éléments qui, au-delà du « mai 68 conservateur », structurent le positionnement politique des catholiques ? Ne sont-ils pas toujours plus nombreux à chercher un autre marqueur que la gauche ou la droite ? C’est peut-être en cela que la catégorie de « cathos de gauche » est remise en question.

Redonner sens à la charité

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C’était le message du Pape hier lors de l’audience générale. Rappelant que le « droit à l’alimentation » est un droit fondamental inscrit dans la pensée sociale (Caritas in veritate), le Pape a rappelé l’importance d’une charité concrète, au -delà des seules « campagnes de don », en se laissant interpeller par les personnes en situation de précarité.

« Quand, marchant dans la rue, nous rencontrons une personne dans le besoin ou qu’un pauvre frappe à notre porte. Quelle est alors ma réaction ? Est-ce que je détourne le regard ou bien est-ce que je m’intéresse à son état et prend le temps de lui parler ? », a interrogé le pape.

Source : La Croix

Photo : pélerinage Fratello, Rome, 2014

Primaire EELV : l’écologie au milieu du gué ?

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Drôle de primaire que celle d’Europe Écologie les Verts. Hier au soir, 17000 votants à peine permettaient à Yannick Jadot et Michèle Rivasi de passer au second tour de la primaire écologiste, devant Cécile Duflot. Au-delà de l’élimination surprise de l’ancienne ministre du logement, annoncée favorite, cette élection questionne encore sur la place de l’écologie en politique. Alors même que Cécile Duflot appelait à une « République écologique » et à « faire naître une nouvelle famille politique » pour « la justice sociale et l’écologie », au delà d’EELV, Yannick Jadot choisit quant à lui d’assumer le rôle d’outsider de son parti pour 2017, en refusant de croire au sacre d’un président écologiste. La crise de parti d’EELV paraît faite pour durer.

L’écologie est-elle arrivé à un tournant en politique ? Jamais elle n’aura été autant présente dans les esprit que ces dernières années, en étant aussi peu incarnée politiquement. L’encyclique Laudato Si comme le film Demain lui ont donné en 2015-206, sur fond de COP21, une résonance toute particulière. Pourtant, elle peine encore à s’articuler à un projet de société, dans un univers politique marqué par les questions économiques et identitaires. Les chrétiens auraient-ils un rôle à jouer dans l’émergence de cette nouvelle écologie politique ? Dans leur récent texte sur la situation politique de la France, les évêques évoquent l’écologie parmi les nouveaux enjeux offrant « une chance pour nous dire quelle société nous voulons ».

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Emmanuel Macron et la religion : libéral dans les règles

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Pas encore candidat mais tout de même en campagne, Emmanuel Macron se devait de prendre la parole sur les sujets brûlants ayant trait à l’identité française et à la place de la religion dans notre société. Son troisième meeting de « diagnostic » qui s’est tenu hier soir à Montpellier lui a permis d’exposer sa conception de la laïcité. L’ancien ministre de l’économie en est essentiellement resté à des déclarations de principe en affirmant l’importance de la liberté religieuse (« aucune religion n’est un problème »), dans les limites des lois de la République, et en plaçant l’islam « au cœur du débat ».

Sans entrer dans des questions de mise en application trop précises, Emmanuel Macron a ainsi pu se démarquer commodément de son aile gauche (Manuel Valls, accusé de promouvoir une « laïcité revancharde ») et de son aile droite, jugée trop offensive vis-à-vis des musulmans et accusée de promouvoir des identités fermées. A nouveau, Emmanuel Macron fait le choix de s’inscrire dans un marché politique de niche, à l’intérieur des espaces laissés par les autres candidats, dans une posture réconciliatrice qui tire parti des crises idéologiques existantes.

Fin des temps

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Il fallait s’attendre à ce que cette fin de quinquennat soit comme la synthèse de l’ère François Hollande. La sortie du livre d’entretiens Un Président ne devrait pas dire ça de Gérard Davet et Fabrice Lhomme montre un président prêt à toutes les confidences, même les plus déplacées, en face à face avec des journalistes. A l’image de la communication générale de ces dernières années, le geste fait hésiter entre une authentique maladresse, un suicide assumé et une stratégie christique de foi indépassable en la résurrection politique. Or, la troisième interprétation devient de moins en moins probable.

François Hollande peut-il « revenir d’entre les morts » ? C’est la question posée par un journaliste de BFMTV. Cela paraît de moins en moins crédible à mesure que le temps passe (et les trois jours canonique avec ?). Le Président ne fait sans doute plus que freiner la course vers 2017, et l’avènement du monde d’après.

Causeur peut aller relire Laudato Si

6 juillet 2013 : Lors d'une Audience dans la salle Paul VI, François a rencontré des séminaristes et novices présents à Rome pour un pèlerinage dans le cadre de l'Année de la Foi. Vatican, Rome, Italie. July 6, 2013: Audience with seminarians and novices in Paul VI hall at the Vatican. Vatican, Rome, Italy.

Quitte à choisir entre Najat Vallaud-Belkacem et le Pape François, Causeur a fait son choix : autant mettre tout le monde dans le même sac. Car si le Pape François évoque des sujets partagés à gauche, il doit forcément être quelque part du côté de la « bien pensance » contemporaine. On apprend ainsi qu’avec Laudato Si, le Pape « flatte l’air du temps avec une pensée peu exigeante mais bien sympathique », qu’il est fâcheusement « européiste, antilibéral et relativiste ». Truffé d’erreur, l’article témoigne d’une lecture sélective et caricaturale des propos du Pape, qui n’est finalement que le pendant d’une lecture restrictive, à gauche, des discours de l’Église. Non, dans Laudato Si le Pape n’est pas étatiste et non, il n’est pas possible de se passer aujourd’hui d’une regard critique sur la technique et la soumission du politique à l’économique.

Cher Causeur, « le vent souffle ou il veut, et tu en entends le son; mais tu ne sais pas d’ou il vient, ni ou il va ».

Source photo : eglise.catholique.fr

Retrouver le sens du politique par l’écologie ?

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En synergie avec la publications par les évêques de France de leur lettre « Dans un monde qui change, retrouver le sens du politique », le cercle de réflexion Esprit Civique organisait à Cluny les 14et 15 octobre son habituelle université d’automne. Portant notamment sur la laïcité, ce rendez-vous annuel a été l’occasion de réaffirmer la nécessité d’une refondation du politique. L’intervention du jésuite Gaël Giraud parait avoir particulièrement marqué les esprits en appelant à « traduire politiquement », de toute urgence, l’encyclique Laudato Si du Pape François. Redonner sens au politique passe ainsi par le constat que « la transition écologique apparaît comme une nécessité absolue ».

Vu dans la Vie.

Libé – CEF : même combat

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Dans une tribune publiée ce jeudi soir, Libération s’émeut du contenu du texte en cours de publication par la CEF sur la vie politique française.

Le billet, qui parle de « nos évêques » salue « une leçon de républicanisme » à la lecture d’aspects de la pensée sociale de l’Eglise qui ne sont pas toujours en première ligne dans les médias. La conclusion de la tribune montre à nouveau que l’Eglise, universelle, peut parler à chacun :

« Messieurs les évêques, veuillez pour une fois accepter que la gauche laïcarde, libertaire et insolente vous dise sincèrement, sans aucune arrière-pensée, merci »

Les cathos contre les robots

La société Saint-Vincent de Paul réalise un clip saisissant sur la robotisation croissante de l’assistance aux personnes. La question du remplacement de l’humain par la machine dans les politiques sociales et, plus généralement, celle des conséquences de l’avènement de la nouvelle ère numérique, restent totalement absentes du débat public à l’heure où les candidats rivalisent de petites phrases sur l’identité française et la place de l’Islam dans notre société.

http://www.ssvp.fr/actions/b-e-n-bionically-engineered-nursing/

Jean-Luc Mélenchon, la Révolution et l’Apocalypse

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Au lendemain du premier épisode d’ « Ambition intime » diffusé sur M6, le Monde présente la nouvelle émission politique de la chaîne « Toute l’histoire » : « Et si c’était vous ».

Réalisée en partenariat avec le quotidien, cette émission place les hommes politiques en situation historique, face aux événements, pour savoir quelles auraient pu être leurs réactions aux moments clés de l’Histoire de France. Premier participant à l’émission de ce dimanche 9 octobre, Jean-Luc Mélenchon se retrouve ainsi face à Robespierre, aux dernières heures de la Terreur. Le leader du Front de gauche commence l’émission en parlant de la Révolution comme d’une période « hors du commun », multipliant les images bibliques :

« Ce moment extraordinaire où un jour est comme dix ans et dix ans comme un jour, pour reprendre une image tirée de l’Apocalypse, c’est la fin d’un monde, la naissance d’un nouveau. Les derniers sont les premiers, les humbles d’un seul coup renversent toutes les hiérarchies. » (3:46)

Si Jean-Paul II m’était conté par Wajda

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Suite au décès du cinéaste ce dimanche, RFI rapporte une interview dans laquelle Andrzej Wajada évoque son projet de film sur Jean-Paul II, avec une de ces scènes coup de poing dont il a le secret :

J’ai toujours rêvé de tourner un film sur Jean-Paul II. Je voudrais qu’une scène y figure, qui m’a été racontée à Rome. Les papes avant Karol Wojtyla étaient tous Italiens. Le pape changeait, mais pas la ribambelle de cuisiniers, femmes de chambre et femmes de ménage qui s’occupaient de ses appartements. Quand un Polonais est devenu pape, tous les domestiques sont partis. A son arrivée au Vatican, Karol Wojtyla a trouvé les appartements vides. Lui et son fidèle secrétaire, le père Dziwisz, ne savaient même pas où était le pain ni le sel. Et c’est avec les moyens du bord qu’ils se sont préparés leur premier repas. Ce premier souper solitaire dans un vaste appartement vide reste pour moi le symbole du choc, du profond bouleversement causé par l’élection de ce Polonais, de cet homme qui pour beaucoup venait de nulle part, et qui s’est retrouvé à la tête de l’Église catholique.

Sortons du canapé

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La chaîne M6 ne semble pas avoir entendu les conseils du Pape François lors des dernières JMJ.

La toute nouvelle émission lancée hier soir et animée par Karine Le Marchand, expose la personnalité et la vie intime des candidats, tranquillement installés dans des canapés et fauteuils. L’objectif ? Montrer que derrière le politique, il y a l’homme, derrière le vernis de la communication, une personnalité authentique. Bref : rendre les dirigeants plus proches des français, dans un contexte où les représentés se sentent toujours plus éloignés de leurs représentants. Karine Le Marchand peut-elle réconcilier les Français avec les politiques comme elle s’emploie à les réconcilier avec le monde agricole ? Il n’est pas sûr que l’incarnation de la représentation soit une simple affaire de sentiment et que le développement d’une « communication sentimentale », en parallèle de la « communication politique », soit la bonne réponse à la crise de régime actuelle. Elle ne fait finalement que la mettre au grand jour, en lui opposant de fausses solutions. Politiquement aussi, il est temps de sortir du canapé.

« Il faut quitter le canapé pour des chaussures, des bonnes chaussures de marche. Il faut marcher, vers des sentiers que l’on ne connaît pas encore. […] Être des acteurs politiques, des animateurs sociaux. Porter partout la bonne nouvelle. Un don pour Dieu et pour les autres. Et c’est cela qu’être courageux, qu’être libre. » Pape François, JMJ de Cracovie, 30 juillet 2016.