Fillon un an après

AFP / SEBASTIEN BOZON

Le 27 novembre 2016, François Fillon remportait haut la main la Primaire de la droite, caracolant en tête des sondages de la présidentielle. Un an après, de l’eau a coulé sous les ponts et François Fillon démissionne de son mouvement Force Républicaine pour se retirer de la politique, sur fond de polémiques ouvertes par la publication du livre-réquisitoire de son ancien responsable de campagne, Patrick Stefanini. France Info revient en quelques dates sur la folle année de François Fillon.Lire la suite

Eglise et politique au Zimbabwe

On retiendra ces paroles de l’ancien archevêque de Bulawayo, Mgr Pius Ncube, prononcées dans les années 2000 : « L’Eglise a un rôle prophétique pour dire la vérité quand plus personne n’ose le faire. J’accepte cela, même si je dois le payer de ma vie. »Lire la suite

Le Pape s’attaque aux Fake News

« Co-organisées cette année pour la première fois par le Secrétariat pour la communication du Saint Siège, la Fédération des Médias Catholiques (FMC) et SIGNIS (l’association catholique mondiale pour la communication), les Journées Internationales Saint François de Sales exploreront les rapports entre medias et vérité, dans la lignée du message choisi par le Pape François en vue de la prochaine Journée Mondiale des communications sociales, le 13 mai 2018, sur les fausses nouvelles (fake news) et le journalisme de paix ».

Voir sur Radio Vatican

 

Bienheureux Francis Solanus (1870-1957)

« L’accueil fraternel envers les autres, pauvres, marginalisés, les minorités raciales ou religieuses: ce sont les traits distinctifs de la personnalité du père Francis Solanus (1870-1957), le frère capucin béatifié ce samedi à Detroit, aux États-Unis. Un exemple de simplicité et de dévouement dans le quotidien, dédié à la prière et au service du prochain, comme l’a souligné le cardinal Angelo Amato, préfet de la Congrégation pour les Causes des Saints :

‘Le bienheureux Francis Solanus Casey a atteint la sainteté ici, aux États-Unis, en gravissant chaque jour les marches qui mènent à la rencontre avec Dieu à travers l’amour pour les frères dans le besoin. Les autres, surtout les pauvres, étaient vus pas lui non pas comme un poids ou un obstacle pour son chemin de perfection. Mais comme une voie vers la lumière de la splendeur divine' ».

Sa vie sur radiovaticana.va

À quoi servent les universités catholiques ?

Les universités catholiques ont du pain sur la planche, à en croire le récent discours du Pape François à la conférence des universités catholiques, le 4 novembre dernier. L’occasion d’insister sur l’importance de former des esprits critiques et d’encourager les universités dans leur travail de réflexion sur les migrations et d’action auprès des migrants. « Depuis un peu moins d’un siècle, la Fédération internationale des universités catholiques, avec la devise Sciat ut serviat, se propose de promouvoir la formation catholique au niveau supérieur, en se servant de la grande richesse qui dérive de la rencontre de tant de réalités universitaires différentes. Un aspect essentiel de cette formation vise la responsabilité sociale, pour la construction d’un monde plus juste et plus humain ».

Lire le discours du pape dans La Croix

Les partis politiques : combien de divisions ?

Compter les « membres » d’un parti politique, c’est un peu comme compter les fidèles de l’Eglise catholique. Il y a les croyants et les pratiquants, les baptisés et les « membres de cœur »… Alors, combien de divisions ?

On retiendra des récents articles de Ouest France et du Monde que le flou est davantage présent pour les récents « mouvements politiques » (France Insoumise et La République en Marche), réunissant des sympathisants (adhérant en 1 clic) plus que de véritables « encartés ». En cela, ces formations ne sont qu’un signe supplémentaire de la crise des partis politiques, dans leur forme traditionnelle, et non une voie de résolution, comme le laissent croire certains discours sur LREM, nouveau « premier parti de France ».

 

Natalité : Gaël Giraud avocat du Pape

Une séquence de l’émission d’Arte « 28′ » était consacrée mercredi dernier aux questions de natalité et d’environnement (à partir de 12:57). Invité de l’émission, le jésuite Gaël Giraud, chef économiste de l’AFD, a débattu de la nécessité ou non d’intervenir sur la natalité pour l’avenir de la planète. Interrogé notamment sur les positions du Pape, il a dénoncé l’hypocrisie consistant à demander aux pauvres de faire moins d’enfants sans changer le mode de vie des plus riches, principaux pollueurs à l’échelle mondiale.

Macron bientôt en visite au Vatican ?

Emmanuel Marcon pourrait se rendre bientôt à Rome, pour recevoir son titre de chanoine du Latran, comme l’indique un article du Parisien. Une visite certes symbolique, pour un président cultivant l’art du symbole, mais aussi politique, une rencontre avec le Pape permettant de toucher de manière toute particulière les catholiques. Le titre de chanoine relance ainsi la possibilité d’une rencontre prochaine avec le Pape François, même si l’agenda choisi par l’Elysée sera déterminant, dans le tumulte de réformes inquiétant les catholiques, à l’instar de la PMA. Affaire à suivre.

 

 

 

Source photo : Article du Parisien.

 

 

Revoici le projet d’accès payant aux églises

Stéphane Bern a relancé samedi le débat : pourquoi ne pas rendre payante l’entrée dans les cathédrales ? En charge depuis peu de la sauvegarde du patrimoine français et nommé directement par Emmanuel Macron, l’animateur de télévision a proposé un ensemble de mesures pour gonfler les budgets attachés à l’entretien et à la restauration des monuments.

On l’a peut-être oublié, mais le débat avait déjà eu lieu en 2014, Lire la suite

L’évangile selon Jean-Luc

Une confusion des plus comiques de la part de Google attribue à Jean-Luc Mélenchon des ouvrages de Jean-Luc Moens sur l’évangélisation. Une manière de transformer le tribun en apôtre ? De révéler son penchant pour la dimension sacrée de la politique ? Pour l’évangile révolutionnaire ? Les voies de Google sont impénétrables.

 

Déo et débats : les catholiques en débat

Si vous avez manqué l’édition du 19 mai mai de l’emission Déo & Débats, diffusée sur KTO, vous pouvez la revoir ici :

Autour de Philippine de Saint-Pierre, Erwan le Morhedec, François Huguenin, Jean-Louis Schlegel, Jean-Marie Andrès et Guillaume de Prémare ont croisé leurs points de vue de laïcs sur le climat politique de la France en ces premiers jours de mandat d’Emmanuel Macron.

Le Pape François parle à la Silicon Valley

Le Pape François a adressé un très beau texte, dans le cadre des conférences TED, à la Silicon Valley, ce mardi 25 avril. Une bonne base pour prendre de la hauteur en ces temps d’élection.

Comme ça serait merveilleux si la croissance de l’innovation scientifique et technologique créait plus d’égalité et de cohésion sociale ! Comme ça serait merveilleux, alors qu’on découvre de nouvelles planètes, de redécouvrir les besoins de nos frères et sœurs qui orbitent autour de nous ! Comme ça serait merveilleux si la solidarité, mot magnifique, et parfois dérangeant, n’était pas réduite au travail social et devenait, au contraire, l’attitude naturelle dans les choix politiques, économiques et scientifiques et dans les relations entre les individus, entre les peuples, entre les pays. Ce n’est qu’en éduquant les gens à une vraie solidarité que nous serons capables de dépasser cette « culture du déchet » qui ne s’applique pas qu’aux biens de consommation, mais d’abord et surtout aux hommes qui sont mis sur la touche par nos systèmes techno-économiques, lesquels, sans même s’en rendre compte, placent les marchandises au centre de tout au lieu d’y placer les hommes. […]

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La messe est dite ?

Isabelle de Gaulmyn, rédactrice en chef du journal La Croix, était l’invitée de l’émission politique « C’est dans l’air » ce lundi 17 avril. Lundi de Pâques oblige, l’émission était consacrée à la place des religions dans la campagne présidentielle. Si elle permet quelques clarification sur la nature de Sens Commun à destination d’un public extérieur au monde catholique et si elle dresse un vaste panorama des interactions passées, présentes et futures entre religions et programmes, elle pêche par manque de précision dans l’analyse et la définition des notions. Lire la suite

Foi de politiques

Ils ont eu une vie de foi, enfants. Ils sont candidats à la présidentielle. La Croix revient dans un article publié ce lundi sur le parcours de foi des principaux candidats, depuis Jean-Luc Mélenchon jusqu’à Marine Le Pen. Il est intéressant de noter la manière dont chacun se situe vis à vis de son héritage familial ou de ses choix de jeunesse, vis à vis de l’Eglise et de la pratique religieuse.

Il est plus intéressant encore de se demander quels candidats mobilisent aujourd’hui un imaginaire chrétien dans leur campagne. La palme revient alors sans nul doute au « christique » Emmanuel Macron, suivi de près par Jean-Luc Mélenchon, candidat du « sel de la Terre », véritable prophète de la VIe République. Contrairement à François Fillon, candidat désireux d’incarner des « valeurs catholiques », ces candidats croient que la politique rejoint le religieux à travers une dimension sacrée qui consiste à conduire une peuple vers un horizon qui le transcende. La politique n’est ainsi pas dépourvue de religiosité, de dévots, de pharisiens et de Judas. Certes, le Royaume n’est pas de ce monde et il importe de remettre la politique à sa juste place, mais il est intéressant de se demander si cet afflux de religiosité électorale n’est pas le signe d’un univers politique en quête de salut, espérant toucher l’âme des électeurs à défaut de pouvoir séduire leur raison, le signe de Temps politiques à bout de souffle, qui se défendent d’être les derniers ?

Voter c’est discerner

Un article publié dans La Croix hier rappelle l’apport de la doctrine sociale de l’Eglise pour les chrétiens en période électorale.

La DSE n’est évidemment pas un critère de vote unique invitant à se tourner vers un candidat et un programme. L’article resitue bien la notion de « points non négociables » dans les textes dont elle est issue : la liste de ces points recoupe différents aspects de la dignité humaine, en matière d’éthique comme en matière d’économie. Plus largement, le Pape Benoît XVI avait invité, dans les textes concernés, au « respect du bien commun ». Comme a pu le dire Mgr Jean-Luc Brunin, « voter, c’est discerner ».

En resituant la doctrine sociale sous cet angle, l’article nous invite à trois actes concrets : le discernement n’est évidement pas sans lien avec la prière, véritable nourriture du discernement. Mais ce dernier nous tourne aussi vers le dialogue, notamment entre catholiques, afin de confronter nos réflexions et d’enrichir ce temps de discernement. Enfin, on peut se demander jusqu’où doit aller le discernement autour de candidats que l’on considèrerait comme « les moins pires » et si le discernement ne doit pas se porter aujourd’hui sur l’acte du vote en tant que tel, en tous cas sur la crise politique et l’urgence d’un engagement renouvelé des chrétiens. Ces élections nous invitent à nous demander, pour reprendre les mots du Pape François, que faire pour ne pas se contenter de regarder « du balcon » ? Comment répondre autrement que par le vote à notre insatisfaction politique ?

Voter en chrétien : oui mais comment ?

Un long article publié dans la Vie par Marie-Lucile Kubacki fait état des réflexions actuelles des chrétiens sur leurs critères de vote, à l’approche de la présidentielle.

Bien entendu, si plusieurs points d’attention restent partagés par les chrétiens (respect de la vie, attention au plus faible, au bien commun, à la dignité humaine et à la paix), on constate que les désaccord apparaissent dès lors qu’il s’agit de hiérarchiser ces points, notamment pour évoquer des « points non négociables ». Les constats posés par cet article nous rappellent que les chrétiens appartiennent aussi, chacun, à une sociologie, à une histoire familiale. Lire la suite

Les évêques ont du pain sur la planche

Réunis à Lourdes à partir d’aujourd’hui, du 28 au 31 mars, les évêques vont avoir du pain sur la planche. Principaux sujets à l’ordre du jour : la pédophilie, l’approche des éléctions présidentielles et la diversité des catholiques français (avec une intervention du philosophe Pierre Manent). A noter que, d’après La Croix,

À la clôture de leur Assemblée, vendredi 31 mars, ils publieront un texte intitulé Pour de nouveaux modes de vie, l’appel de Laudato’si.

Europe : joyeux anniversaire grand-mère

On se rappelle les mots du Pape François au Parlement Européen à Strasbourg, puis lors de la remise du Prix Charlemagne : l’Europe est une vieille grand-mère qui doit aujourd’hui retrouver une part de sa jeunesse.

L’anniversaire du Traité de Rome du 25 mars 1957 est l’occasion de se repencher sur les liens entre projet européen et christianisme, comme nous y invite une émission de France Inter à laquelle a participé Isabelle de Gaulmyn, rédactrice en chef adjointe du quotidien La Croix. L’occasion aussi de relire sur le blog des Cahiers Libres une synthèse sur la pensée de Schuman : « l’Europe selon Robert Schuman ».

Surtout, il faut lire le discours du détenteur du Prix Charlemagne, le Pape François, prononcé lorsqu’il a reçu, ce vendredi 24 mars, des dirigeants européens inquiets de la montée des populismes pour leur donner une nouvelle leçon d’Europe. Lire la suite

Faites le test

Un premier test à découvrir et à partager à l’approche de la Présidentielle, pour cerner de quel candidat vous êtes le plus proche :

https://www.jevote.info/quiz/elections2017

Et si vous répondez la plupart du temps « ne se prononce pas » et que vos niveaux d’adhésion sont faibles… c’est peut-être que vous appartenez au premier parti de France : les indécis et autre orphelins de candidats correspondant à leurs idées. Même si les réponses sont parfois simplistes, le test peut-être l’occasion d’un bon exercice de discernement sur un ensemble de questions (fiscalité, éducation, défense, …).

Le premier grand débat : antidote ou poison de la campagne ?

Il y a deux manières de considérer le grand debat de ce soir, entre les cinq principaux candidats à la présidentielle, comme il y a deux manières de considérer les primaires : salut ou aveux de faiblesse démocratique ? On a pu souligner la forte participation aux primaires comme on insistera demain sur le fort niveau d’audience du débat. On évoquera alors le fait que « oui, les Français s’intéressent vraiment à la politique », que l’on aura assisté à un « beau moment de démocratie » et que ce débat aura pu offrir « une séquence d’explication avec les Français, les yeux dans le yeux ». Bref, on saura se rassurer sur la stabilité retrouvée de notre système démocratique, à quelques semaines du premier tour. Vraiment ?

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Deo et débats : catholiques en débat

L’édition de mars de l’émission de la chaîne KTO « Deo et débats » était consacrée – entre autres sujets – aux Présidentielles et à l’entrée dans la 5ème année de pontificat du Pape François.

Consacrée aux débats entre laïcs sur des questions d’actualité, l’émission mensuelle accueillait cette fois-ci Dominique Quinio, Jérôme Vignon, Tugdual Derville, François Huguenin-Maillot et Albéric de Serrant.

10 livres pour comprendre l’islam…

A lire, un article de La Croix qui propose 10 ouvrages « pour comprendre l’islam » et, comme dirait le dominicain Adrien Candiard, pour comprendre « pourquoi on n’y comprend rien ».

A ajouter donc à cette liste l’ouvrage d’Adrien Candiard, Comprendre l’islam (ou plutôt : pourquoi on n’y comprend rien), paru chez Flammarion en 2016.

Auteur de l’essentiel Veilleur, où en est la nuit ?, il vient de publier un livre de réflexion sur la vocation chrétienne, au éditions du Cerf : Quand tu étais sous le figuier… Propos intempestifs sur la vie chrétienne.

 

 

La Présidentielle la plus religieuse de la Ve République

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Un intéressant article paru dans Vingt Minutes analyse les multiples et inédites références au religieux dans la présente campagne présidentielle, en dépassant la seule question de la « manipulation électorale ». De Fillon à Macron, en passant par Mélenchon, les candidats ne semblent plus avoir de gêne pour parler de foi.

20 Minutes a demandé à trois politologues si le fond de l’air avait déjà été aussi « spirituel » à l’approche du scrutin central de la vie politique française. La réponse est unanime : non, clairement pas.

S’il est essentiel de distinguer à quel titre, dans quel contexte et dans quels objectifs les références religieuses sont amenées par chaque candidat (quête d’une nouvelle mystique pour Emmanuel Macron, adaptation aux évolutions de l’électorat de droite pour François Fillon), il est certain qu’elles témoignent d’une porosité inédite du politique aux sujets religieux. La crise actuelle du système politique et le sentiment d’impasse généralisée dans laquelle se trouve la France ne sont sans doute pas étrangers au phénomène. La perception d’un « tournant historique » et d’un retour de l’Histoire amènent les candidats à charcher des points d’ancrage au-delà des références classiques et purement rationnelles : la quête d’une transcendance permet ainsi de suggérer le dépassement des interrogations les plus brûlantes, l’avènement de l’inespéré dans la désespérance.

Reste à savoir qui aura la bénédiction finale des électeurs et quel sera le devenir concret de ces références religieuses dans l’exercice du pouvoir. Il ne suffit pas de dire Seigneur, Seigneur, …

Source photo

Nouvelle mise au point sur les catholiques et le vote FN

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Une étude publiée par le Cevipof (Sciences Po) illustre la pertinence de la variable de la pratique religieuse dans l’analyse du vote. Contrairement à d’autres études récentes, rapporte La Croix, cette dernière étude montrerait que les catholiques pratiquants voteraient moins pour le FN que la moyenne des Français, contrairement aux catholiques pratiquants occasionnels et non-pratiquants.

Il serait particiculièrement intéressant de compléter ces études par une approche géographique, la sociologie française – et plus spécialement la sociologie catholique – ayant tendance à évoluer vers une homogénéisation des groupes selon les espaces géographiques (urbains, périurbains, périphérie urbaine lointaine, rural, …). Non seulement les catholiques ne sont sans doute pas étrangers à cette tendance à la fragmentation spatiale, mais les récentes évolutions qu’a connu l’Eglise pourraient encore accentuer la tendance (émergence des communautés nouvelles et renouveau associatif en milieu urbain, recul des espaces d’engagement et de sociabilité traditionnels en milieu périurbain et rural, …). Le catholique des champs vote-t-il comme le catholique des villes ? Cette donnée pourrait être à l’origine de brouillages dans la perception de l’ancrage politique des catholiques, agissant par effets de concentration atténués dès lors que l’on considère les données à l’échelle nationale.

Source photo : Un bureau de vote à Evry, au second tour des élections départementales le 29 Mars 2015. Martin Bureau/AFP

Jean-Luc Mélenchon et le Pape François

Famille Chrétienne a interrogé Jean-Luc Mélenchon sur le Pape François. Est notamment abordé le rôle du Pape en matière d’écologie, de politique internationale, autour de la crise des migrants, … Un témoignage de la portée des paroles du Pape dans la sphère politique française.

Les jeunes catholiques : désabusés de la politique ?

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Le seul atelier consacré à la politique, samedi, organisé au Simone, le café associatif lancé à Lyon par « les Altercathos ». / Guillaume Poli/Ciric

La Croix est allé enquêté lors de la rencontre annuelle des chrétiens en grande école sur l’intérêt des jeunes catholiques pour les questions politiques. Il en ressort un mélange d’intérêt et de distance vis-à-vis de la politique partisane et de ses débats. L’organisation par les Altercathos, jeune association lyonnaise en charge d’un café associatif, le Simone, d’un atelier sur l’engagement politique montre néanmoins un intérêt certain pour l’engagement politique pris au sens large, jusque dans la vie quotidienne et le vie de quartier :

«Je pense que certains craignent que ce genre de discussion [politiques] ne dégénère, et pensent que l’aumônerie n’est pas forcément le lieu le plus adapté », poursuit l’étudiante en dernière année des Ponts et Chaussées, qui a tout de même organisé, à la rentrée, une soirée autour du texte Dans un monde qui change, retrouver le sens du politique, publié par le Conseil permanent de la Conférence des évêques de France. […]

Davantage que ce document – que très peu ont lu –, c’est l’encyclique du pape François Laudato si’qui semble s’être imposée comme nouvelle référence chez les jeunes catholiques. D’ailleurs, parmi les ateliers en petits groupes de la fin de l’après-midi, le seul consacré à la politique était organisé au Simone, le café associatif lancé à Lyon par le mouvement « les ­Altercathos », adepte de l’écologie intégrale.

Maintenant tout commence

 

ATHLETISME departLa victoire de Benoît Hamon à la Primaire de la gauche ouvre une nouvelle étape dans la campagne présidentielle.

Les candidats des différents partis étant enfin désignés, les différents protagonistes vont pouvoir entrer dans le cœur de l’affrontement. En particulier, Marine Le Pen – qui a gardé un relatif silence jusqu’alors en laissant monter la déception par le seul jeu de ses concurrents – ne devrait pas tarder à entrer dans l’arène. Même si quelques incertitudes planent encore à droite sur la candidature Fillon, entâchée d’accusations d’emplois fictifs – la désignation du candidat socialiste va ouvrir une nouvelle étape dans le débat politique.

Pour le parti socialiste lui-même, le jeu est loin d’être verrouillé par le résultat de la Primaire : on pourrait croire Benoît Hamon désigné d’office chef légitime de l’opposition pour le cinquennat à venir, mais un faible score des socialistes à la présidentielle pourrait tout aussi bien signifier des règlements de compte sévère au sein du parti après le scrutin. Considérée par les observateurs comme un véritable Congrès du PS, la Primaire de la Gauche pourrait alors n’en être que le premier round, le second se jouant après la présidentielle. Il pourrait ainsi permettre un retour de Manuel Valls et la transformation fondamentale – voire la disparition – du PS.

Les élections présidentielles françaises sont largement suivies à l’étranger, dans un contexte de bouleversements politiques forts intervenus dans plusieurs pays à la suite d’élections ou de réferndums (en Italie, en Angleterre, aux Etats-Unis, …). Les Français vont-ils vouloir eux aussi tourner une page ? De quelle façon ?

Plus que jamais, il est temps de vivre cette campagne dans la prière, tournés vers le monde politique en devenir.

Si vous avez manqué le débat Koz/Dandrieu

Erwan-Morhedec-Laurent-Dandrieu_0_730_409 C’est le débat de ce début d’année 2017 dans le monde catholique français. La parution des deux ouvrages d’Erwan le Morhedec (dit Koz) et de Laurent Dandrieu autour de l’identité chrétienne ne cessent d’alimenter le débat autour du lien entre foi, nation et identité (Identitaire, le mauvais génie du christianisme, publié au Cerf pour le premier, Eglise et immigration, le grand malaise, publié aux Presses de la Renaissance pour le second). Il y a même un débat sur le fait de savoir s’il s’agit d’un débat. Ici et là on répète qu’il y a toujours eu des « identitaires » et qu’il y en aura toujours, ou qu’il est inquiétant d’instiller la division entre catholiques, quand on devrait plutôt reserrer les rangs dans les débats du monde contemporains. Pourtant, deux arguments prêchent en faveur de ce débat : un argument de contexte, car il faut bien avouer que les questions d’identité n’ont rien d’anodin dans une période marquée par la crise des migrants et les multiples attentats et que les discours ont éclairement évolué chez les catholiques vers une préoccupation croissante pour ces sujets ; un argument plus ecclésial, car la pensée sociale de l’Eglise se construit aussi à partir des débats entre laïcs. La figure du Pape François – et donc la formulation de cette doctrine sociale – se retrouvent au centre du débat.

La politique est, par essence, l’espace de définition des oppositions. Faire de la politique n’implique pas pour un chrétien de nier les oppositions de fond. Il y en a précisément une, ici, dans le contexte actuel : la catholicisme n’est-il pas en train d’être happé dans une dynamique identitaire générale indexant la foi à un corpus culturel qu’il s’agirait de défendre ?

Il est possible d’avoir un aperçu de ce débat via différents medias : en podcast sur le site de Radio Notre-Dame ou en vidéo sur le site de La Croix.

Source photo : Flavien Edenne ; La Croix

Déo et débats : des catholiques en débat

La dernière édition de l’émission « Déo et débats », diffusée sur KTO le 20 janvier dernier, réunissait Rémi Brague, Jean-Marc Potdevin, Philippe de Roux, Christiane Rancé et Jean-Marie Andrès, autour de différents sujets d’actualité. Ont notamment été évoqués : le débat autour des livres d’Erwan le Morhedec et de Laurent Dandrieu sur l’identité et l’immigration (Identitaire, le mauvais génie du christianisme, publié au Cerf pour le premier, Eglise et immigration, le grand malaise, publié aux Presses de la Renaissance pour le second), l’application Entourage, la Primaire de la gauche, …

Une bonne occasion de faire le point sur les débats qui animent le monde catholique.

 

Le Roi Hamon ?

imageComment comprendre la première place de Benoît Hamon au premier tour des Primaires de la gauche ?

Il est possible de raisonner d’abord selon les clivages et jeux d’opposition traditionnels du monde politique, en voyant dans la première place de Benoît Hamon une victoire des Frondeurs et une prise de distance des électeurs de gauche avec le bilan de François Hollande et de son premier ministre. Dans une telle optique, on peut entendre ici et là que le vote en faveur de Benoît Hamon est un vote « plus à gauche », « plus socialiste » que le vote en faveur de Manuel Valls. Ou un pur vote de rejet à l’encontre de ce dernier.

Mais il est plus intéressant d’analyser ce score à la lumière des évolutions actuelles de la gauche. Lire la suite

Radiographie du vote catholique à la mi-janvier

ifop FC

Famille Chrétienne expose les résultats d’un sondage Ifop sur le vote des catholiques à la présidentielle, effectué à sa demande.

Si la dynamique en faveur de François Fillon semble se confirmer, il est intéressant de constater que le vote FN des catholiques pratiquants s’est considérablement rapproché de la moyenne des Français et qu’Emmanuel Macron mobilise beaucoup moins chez les catholiques pratiquants que dans l’ensemble de la population (9% d’un côté, 17% de l’autre).

A ce stade, plusieurs facteurs amènent à prendre avec des pincettes ces intentions de vote des catholiques, comme les intentions de vote en général. Les catholiques ne sont pas plus épargnés que l’ensemble des Français par une lassitude à l’égard de la classe politique, une tendance au vote « flottant », incertain, évoluant au gré des mois et des semaines. A gauche, le champ reste encore très ouvert dans l’attente des résultats des Primaires et, plus encore, de ses suites : dans quelle mesure se dirige-t-on vers une dispersion des votes à gauche ? Les catholiques ont sans doute des positions plus arrêtées que la moyenne des Français sur les différents candidats de la Primaire de gauche, selon leur rapport au fait religieux, ce qui pourrait les amener à dédaigner le candidat socialiste, selon la personalité élue.

Libé face au phénomène Fillon

Sans titre

Encore un article qui s’emploie à analyser la place de l’électorat catholique dans la présidentielle.

Alain Duhamel livre dans une chronique politique publiée dans Libération hier son analyse sur le fameux «je suis gaulliste et, de surcroît, je suis chrétien» de François Fillon, qui n’a pas fini de faire couler de l’encre. La première partie est intéressante, rappelant que l’argument de « séparation entre politique et religion » est un faux argument. Il est dommage que la seconde résume la question identitaire au seul vote FN, sans analyser davantage les évolutions de l’électorat de droite, la droitisation de la vie politique française, la connexion croissance entre questions identitaires et questions religieuses. Preuve que le FN polarise toujours les commentateurs de la vie politique française, plus encore que le seul jeu politique.

Un article qui peut néanmoins être salué dans la mesure où il part du point de vue des catholiques :

« C’est, en réalité, plus gênant pour l’Eglise catholique que pour la République laïque, car l’objectif de François Fillon n’est en rien de remettre en cause la loi de 1905 mais est, en revanche, très clairement de disputer l’électorat catholique traditionaliste au FN. »

Dans l’agenda du Pape en 2017

Pope Francis disembarks from a plane after arriving at Tbilisi International Airport on September 30, 2016. Pope Francis set off on September 30 for Georgia and Azerbaijan on what Vatican officials billed as a mission to promote peace in a troubled part of the world, three months after he visited neighbouring Armenia. / AFP PHOTO / VINCENZO PINTO
AFP PHOTO / VINCENZO PINTO

Voyages, visites, rencontres, réforme de la curie, … le programme du Pape François est déjà bien chargé pour 2017 ! Et il nous réserve bien des surprises…

Un premier coup d’oeil sur l’agenda du Pape proposé par La Croix ici.

Ségolène, nouvelle Jeanne d’Arc de la Primaire ?

jeanne-darc-segoAprès avoir vertement critiqué Manuel Valls sur le 49-3 et affiché son intérêt pour Emmanuel Macron sur Europe 1 ce dimanche, Ségolène Royal semble vouloir jouer les trublions dans la Primaire de gauche. Elle qui a toujours accordé de l’importance à Jeanne d’Arc voudrait bien, au fond, devenir l’arbitre de cette Primaire et du rassemblement de la gauche – non tant pour « faire » le prochain Roi de France que pour se préparer un nouveau rôle clé, loin des bûchers de l’oubli dans lesquels pourrait l’entrainer la fin du règne de François Hollande. Cachant moins que jamais ses différends avec Manuel Valls (concurrent de l’impossible rassemblement), Ségolène Royal a reçu le 4 janvier dernier Emmanuel Macron, autre personnalité passionnée par la pucelle d’Orléans, et parti en cavalier seul dans la course à l’Elysée. Tout en montrant ainsi sa grande liberté dans le cadre de la Primaire, Ségolène Royal veut afficher sa capacité à dialoguer avec chacun (elle dit avoir été contactée aussi par Benoït Hamon) et à se poser en dernier recours pour rassembler la gauche.

Ce n’est donc aucunement un hasard si l’ancienne candidate à la présidentielle de 2007 exposait tout récemment ses connivences avec Jeanne d’Arc lors de l’émission « Et si c’était vous ? », elle qui a passé son enfance dans un village des Vosges « non loin de Domrémy ». Fascinée enfant par un vitrail de l’église de son village représentant Jeanne d’Arc, elle en fait lors de cet entretien une quasi sainte-patronne républicaine, figure féministe et émancipatrice, symbole en creux des échecs de la gauche :

je viens d’une famille catholique, pratiquante, donc j’allais à la messe tous les dimanche, et même aux vêpres l’après-midi, donc vous voyez… et il y avait dans cette église la seule figure féminine, à part Marie, Jeanne d’Arc qui était magnifique, avec cet oriflamme, ce drapeau…[…]

la gauche a abandonné Jeanne d’Arc, la gauche a abandonné la nation, la gauche a abandonné la valeur travail […], la gauche avait abandonné la famille [….] par fragilité idéologique ou en se laissant déborder par une réappropriation de ces symboles par la droite.

Elle dit respecter les positions de ceux qui se sont mobilisés contre le Mariage pour Tous tout en récusant les débordements qui se sont exprimés et en refusant tout affichage de la foi en politique. Cette dernière « n’a pas à venir dans le champ politique ». Le transfert du sacré est pourtant assumé, pour Ségolène Royal, de l’Eglise à la politique.

Le Pape François, les catholiques et l’identité

dandrieu-koz Suite à la parution ce mois de janvier du livre d’Erwan le Morhedec Identitaire, le mauvais génie du christianisme, le débat paraît lancé dans le monde catholique sur le rapport de l’Eglise et des baptisés à l’identité, à la nation et à l’immigration (voir articles du Monde et de la Vie). Il faut dire que paraît, dans le même temps un ouvrage de Laurent Dandrieu intitulé Eglise et immigration, le grand malaise. Le pape et le suicide de la civilisation européenne, qui prend lui aussi position – à l’opposé – sur les déclarations du Pape concernant les migrants.

Une figure semble bel et bien surplomber le débat : celle du Pape François. Symbole pour les uns d’un discours pro-immigration dans lequel il embarque l’Eglise catholique, il est pour les autres un acteur direct de la doctrine sociale, accomplissant une mission d’actualisation et de mise en acte de l’évangile et de la parole des papes précédents.

Ce n’est donc pas un hasard s’il sera placé au centre d’un débat organisé par la Procure, à Paris, avec les deux auteurs concernés, le 1er février prochain : soirée « autour du Pape François » et, à n’en pas douter, autour de la notion d’identité. L’occasion de rappeler que la doctrine sociale de l’Eglise n’est pas un corpus lisse fournis une fois pour toute par l’Institution mais bien une pensée vivante qui se nourrit des débats entre croyants.

Chine : un peu de théologie politique

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Le cas de l’Église chinoise nous rappelle toujours un principe exprimé avec force par le théologien politique William Cavanaugh : l’Église ne peut être soluble dans une nation, dans une superposition totale du théologique et du politique. Car l’Église a elle-même un rôle politique intrinsèque, pour la simple et bonne raison que les croyants obéissent à Dieu avant d’obéir à un pouvoir terrestre. En cela, l’Église est du monde et pas du monde, elle est fondamentalement une puissance étrangère, non pas parce qu’elle serait à la solde du Vatican, mais d’abord parce qu’elle se place entre les mains de Dieu.

La réunion par le pouvoir chinois ces 27-29 décembre dernier d’une « IXe Assemblée nationale des représentants catholiques », composée des évêques de l’Église officielle chinoise, va à l’encontre de ces principes. Elle a été l’occasion de déclarations du pouvoir chinois indiquant quel rôle il entend donner à l’Eglise, comme le rapporte la Croix :

Les catholiques doivent « mieux s’intégrer dans la société », « combiner le patriotisme à leur ferveur pour l’Église », et « s’unir pour contribuer à la construction du socialisme à caractéristiques chinoises », a martelé au cours de cette réunion Yu Zhengsheng, haut responsable du régime communiste et président du « Comité national de la Conférence politique consultative du peuple chinois » (CPCPC), cité par l’agence officielle Chine nouvelle. L’Église chinoise « doit adhérer au principe de l’administration autonome, s’occuper elle-même des affaires religieuses de façon indépendante et pousser les fidèles à adhérer au processus de « sinisation » de la religion »

En Chine, les religions « n’ont droit de cité que si elles sont autonomes par rapport à toute puissance étrangère« . Le problème donc, c’est que l’Eglise catholique ne peut qu’être, en partie, étrangère… Les questions géopolitiques qui concernent le Vatican sont toujours, en premier lieu, des questions théologiques.

Source photo : Eglises d’Asie.

Conflit syrien : prendre de la hauteur

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Vu sur le site des Altercathos, un entretien en deux parties – (1) et (2) – avec Pierre Jova, journaliste spécialisé dans les questions géopolitiques, pour prendre de la hauteur et mieux comprendre les racines et les évolutions actuelles du conflit syrien :

« Ce qui est sûr, c’est que la victoire du régime syrien et de ses alliés clôt une cruelle bataille de rues, et offre, qu’on le veuille ou non, un « soulagement » à ses habitants avec la fin des combats. Mais la reprise d’Alep n’est pas la fin du djihadisme. C’est plutôt la fin d’un cycle dans la guerre en Syrie. La rébellion qui existait entre le régime de Damas et l’Etat islamique est en train de disparaître. Cette rébellion, qui hier comptait des groupes à tendance nationaliste ou islamiste « modérée », voulant bâtir un régime à la turque, et qui aujourd’hui est essentiellement islamiste radicale, repose sur une multitude de groupes tous unis contre Damas, mais qui n’ont aucun objectif politique commun. »

 

« L’Etat islamique, même s’il s’attaque à ses troupes et le menace, a été le meilleur « cadeau » du régime de Damas. L’apparition de ce monstre djihadiste a fait changer l’attitude occidentale à son égard […]. Alors que ses jours étaient suspendus, en 2013, à une intervention militaire des Etats-Unis et de leurs vassaux, il est devenu un an plus tard le bouclier objectif contre Daech. »

Prendre le temps de (re)lire la Lettre des évêques

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En cette période de vacances de Noël, Dominique Greiner propose sur son blog hébergé par La Croix une « lecture critique du texte des évêques » sur la politique, Dans un monde qui change retrouver le sens du politique, paru en octobre 2016.

Le théologien nous propose de rouvrir ce texte en le lisant à la lumière des grands textes de la doctrine sociale, à travers une intervention en quatre parties, prononcée le vendredi 16 décembre lors d’un séminaires organisé par le Theologicum de l’Institut catholique, le Centre Sèvres-Facultés jésuites de Paris, et la Faculté Notre-Dame.