Questions à l’auteur des entretiens avec le Pape

Le journal La Croix propose d’échanger avec l’auteur des entretiens avec le Pape à paraître ce mercredi 6 septembre, Dominique Wolton.

Le sociologue s’est entretenu avec le Pape entre février 2016 et février 2017.

Les questions sont à envoyer via un formulaire en bas de l’article.

Source photo : article La Croix

Déo et débats : les catholiques en débat

Si vous avez manqué l’édition du 19 mai mai de l’emission Déo & Débats, diffusée sur KTO, vous pouvez la revoir ici :

Autour de Philippine de Saint-Pierre, Erwan le Morhedec, François Huguenin, Jean-Louis Schlegel, Jean-Marie Andrès et Guillaume de Prémare ont croisé leurs points de vue de laïcs sur le climat politique de la France en ces premiers jours de mandat d’Emmanuel Macron.

Le Pape François parle à la Silicon Valley

Le Pape François a adressé un très beau texte, dans le cadre des conférences TED, à la Silicon Valley, ce mardi 25 avril. Une bonne base pour prendre de la hauteur en ces temps d’élection.

Comme ça serait merveilleux si la croissance de l’innovation scientifique et technologique créait plus d’égalité et de cohésion sociale ! Comme ça serait merveilleux, alors qu’on découvre de nouvelles planètes, de redécouvrir les besoins de nos frères et sœurs qui orbitent autour de nous ! Comme ça serait merveilleux si la solidarité, mot magnifique, et parfois dérangeant, n’était pas réduite au travail social et devenait, au contraire, l’attitude naturelle dans les choix politiques, économiques et scientifiques et dans les relations entre les individus, entre les peuples, entre les pays. Ce n’est qu’en éduquant les gens à une vraie solidarité que nous serons capables de dépasser cette « culture du déchet » qui ne s’applique pas qu’aux biens de consommation, mais d’abord et surtout aux hommes qui sont mis sur la touche par nos systèmes techno-économiques, lesquels, sans même s’en rendre compte, placent les marchandises au centre de tout au lieu d’y placer les hommes. […]

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La messe est dite ?

Isabelle de Gaulmyn, rédactrice en chef du journal La Croix, était l’invitée de l’émission politique « C’est dans l’air » ce lundi 17 avril. Lundi de Pâques oblige, l’émission était consacrée à la place des religions dans la campagne présidentielle. Si elle permet quelques clarification sur la nature de Sens Commun à destination d’un public extérieur au monde catholique et si elle dresse un vaste panorama des interactions passées, présentes et futures entre religions et programmes, elle pêche par manque de précision dans l’analyse et la définition des notions. Lire la suite

Foi de politiques

Ils ont eu une vie de foi, enfants. Ils sont candidats à la présidentielle. La Croix revient dans un article publié ce lundi sur le parcours de foi des principaux candidats, depuis Jean-Luc Mélenchon jusqu’à Marine Le Pen. Il est intéressant de noter la manière dont chacun se situe vis à vis de son héritage familial ou de ses choix de jeunesse, vis à vis de l’Eglise et de la pratique religieuse.

Il est plus intéressant encore de se demander quels candidats mobilisent aujourd’hui un imaginaire chrétien dans leur campagne. La palme revient alors sans nul doute au « christique » Emmanuel Macron, suivi de près par Jean-Luc Mélenchon, candidat du « sel de la Terre », véritable prophète de la VIe République. Contrairement à François Fillon, candidat désireux d’incarner des « valeurs catholiques », ces candidats croient que la politique rejoint le religieux à travers une dimension sacrée qui consiste à conduire une peuple vers un horizon qui le transcende. La politique n’est ainsi pas dépourvue de religiosité, de dévots, de pharisiens et de Judas. Certes, le Royaume n’est pas de ce monde et il importe de remettre la politique à sa juste place, mais il est intéressant de se demander si cet afflux de religiosité électorale n’est pas le signe d’un univers politique en quête de salut, espérant toucher l’âme des électeurs à défaut de pouvoir séduire leur raison, le signe de Temps politiques à bout de souffle, qui se défendent d’être les derniers ?

Voter c’est discerner

Un article publié dans La Croix hier rappelle l’apport de la doctrine sociale de l’Eglise pour les chrétiens en période électorale.

La DSE n’est évidemment pas un critère de vote unique invitant à se tourner vers un candidat et un programme. L’article resitue bien la notion de « points non négociables » dans les textes dont elle est issue : la liste de ces points recoupe différents aspects de la dignité humaine, en matière d’éthique comme en matière d’économie. Plus largement, le Pape Benoît XVI avait invité, dans les textes concernés, au « respect du bien commun ». Comme a pu le dire Mgr Jean-Luc Brunin, « voter, c’est discerner ».

En resituant la doctrine sociale sous cet angle, l’article nous invite à trois actes concrets : le discernement n’est évidement pas sans lien avec la prière, véritable nourriture du discernement. Mais ce dernier nous tourne aussi vers le dialogue, notamment entre catholiques, afin de confronter nos réflexions et d’enrichir ce temps de discernement. Enfin, on peut se demander jusqu’où doit aller le discernement autour de candidats que l’on considèrerait comme « les moins pires » et si le discernement ne doit pas se porter aujourd’hui sur l’acte du vote en tant que tel, en tous cas sur la crise politique et l’urgence d’un engagement renouvelé des chrétiens. Ces élections nous invitent à nous demander, pour reprendre les mots du Pape François, que faire pour ne pas se contenter de regarder « du balcon » ? Comment répondre autrement que par le vote à notre insatisfaction politique ?

Voter en chrétien : oui mais comment ?

Un long article publié dans la Vie par Marie-Lucile Kubacki fait état des réflexions actuelles des chrétiens sur leurs critères de vote, à l’approche de la présidentielle.

Bien entendu, si plusieurs points d’attention restent partagés par les chrétiens (respect de la vie, attention au plus faible, au bien commun, à la dignité humaine et à la paix), on constate que les désaccord apparaissent dès lors qu’il s’agit de hiérarchiser ces points, notamment pour évoquer des « points non négociables ». Les constats posés par cet article nous rappellent que les chrétiens appartiennent aussi, chacun, à une sociologie, à une histoire familiale. Lire la suite

Les évêques ont du pain sur la planche

Réunis à Lourdes à partir d’aujourd’hui, du 28 au 31 mars, les évêques vont avoir du pain sur la planche. Principaux sujets à l’ordre du jour : la pédophilie, l’approche des éléctions présidentielles et la diversité des catholiques français (avec une intervention du philosophe Pierre Manent). A noter que, d’après La Croix,

À la clôture de leur Assemblée, vendredi 31 mars, ils publieront un texte intitulé Pour de nouveaux modes de vie, l’appel de Laudato’si.

Europe : joyeux anniversaire grand-mère

On se rappelle les mots du Pape François au Parlement Européen à Strasbourg, puis lors de la remise du Prix Charlemagne : l’Europe est une vieille grand-mère qui doit aujourd’hui retrouver une part de sa jeunesse.

L’anniversaire du Traité de Rome du 25 mars 1957 est l’occasion de se repencher sur les liens entre projet européen et christianisme, comme nous y invite une émission de France Inter à laquelle a participé Isabelle de Gaulmyn, rédactrice en chef adjointe du quotidien La Croix. L’occasion aussi de relire sur le blog des Cahiers Libres une synthèse sur la pensée de Schuman : « l’Europe selon Robert Schuman ».

Surtout, il faut lire le discours du détenteur du Prix Charlemagne, le Pape François, prononcé lorsqu’il a reçu, ce vendredi 24 mars, des dirigeants européens inquiets de la montée des populismes pour leur donner une nouvelle leçon d’Europe. Lire la suite

Faites le test

Un premier test à découvrir et à partager à l’approche de la Présidentielle, pour cerner de quel candidat vous êtes le plus proche :

https://www.jevote.info/quiz/elections2017

Et si vous répondez la plupart du temps « ne se prononce pas » et que vos niveaux d’adhésion sont faibles… c’est peut-être que vous appartenez au premier parti de France : les indécis et autre orphelins de candidats correspondant à leurs idées. Même si les réponses sont parfois simplistes, le test peut-être l’occasion d’un bon exercice de discernement sur un ensemble de questions (fiscalité, éducation, défense, …).

Le premier grand débat : antidote ou poison de la campagne ?

Il y a deux manières de considérer le grand debat de ce soir, entre les cinq principaux candidats à la présidentielle, comme il y a deux manières de considérer les primaires : salut ou aveux de faiblesse démocratique ? On a pu souligner la forte participation aux primaires comme on insistera demain sur le fort niveau d’audience du débat. On évoquera alors le fait que « oui, les Français s’intéressent vraiment à la politique », que l’on aura assisté à un « beau moment de démocratie » et que ce débat aura pu offrir « une séquence d’explication avec les Français, les yeux dans le yeux ». Bref, on saura se rassurer sur la stabilité retrouvée de notre système démocratique, à quelques semaines du premier tour. Vraiment ?

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Deo et débats : catholiques en débat

L’édition de mars de l’émission de la chaîne KTO « Deo et débats » était consacrée – entre autres sujets – aux Présidentielles et à l’entrée dans la 5ème année de pontificat du Pape François.

Consacrée aux débats entre laïcs sur des questions d’actualité, l’émission mensuelle accueillait cette fois-ci Dominique Quinio, Jérôme Vignon, Tugdual Derville, François Huguenin-Maillot et Albéric de Serrant.

10 livres pour comprendre l’islam…

A lire, un article de La Croix qui propose 10 ouvrages « pour comprendre l’islam » et, comme dirait le dominicain Adrien Candiard, pour comprendre « pourquoi on n’y comprend rien ».

A ajouter donc à cette liste l’ouvrage d’Adrien Candiard, Comprendre l’islam (ou plutôt : pourquoi on n’y comprend rien), paru chez Flammarion en 2016.

Auteur de l’essentiel Veilleur, où en est la nuit ?, il vient de publier un livre de réflexion sur la vocation chrétienne, au éditions du Cerf : Quand tu étais sous le figuier… Propos intempestifs sur la vie chrétienne.

 

 

La Présidentielle la plus religieuse de la Ve République

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Un intéressant article paru dans Vingt Minutes analyse les multiples et inédites références au religieux dans la présente campagne présidentielle, en dépassant la seule question de la « manipulation électorale ». De Fillon à Macron, en passant par Mélenchon, les candidats ne semblent plus avoir de gêne pour parler de foi.

20 Minutes a demandé à trois politologues si le fond de l’air avait déjà été aussi « spirituel » à l’approche du scrutin central de la vie politique française. La réponse est unanime : non, clairement pas.

S’il est essentiel de distinguer à quel titre, dans quel contexte et dans quels objectifs les références religieuses sont amenées par chaque candidat (quête d’une nouvelle mystique pour Emmanuel Macron, adaptation aux évolutions de l’électorat de droite pour François Fillon), il est certain qu’elles témoignent d’une porosité inédite du politique aux sujets religieux. La crise actuelle du système politique et le sentiment d’impasse généralisée dans laquelle se trouve la France ne sont sans doute pas étrangers au phénomène. La perception d’un « tournant historique » et d’un retour de l’Histoire amènent les candidats à charcher des points d’ancrage au-delà des références classiques et purement rationnelles : la quête d’une transcendance permet ainsi de suggérer le dépassement des interrogations les plus brûlantes, l’avènement de l’inespéré dans la désespérance.

Reste à savoir qui aura la bénédiction finale des électeurs et quel sera le devenir concret de ces références religieuses dans l’exercice du pouvoir. Il ne suffit pas de dire Seigneur, Seigneur, …

Source photo

Nouvelle mise au point sur les catholiques et le vote FN

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Une étude publiée par le Cevipof (Sciences Po) illustre la pertinence de la variable de la pratique religieuse dans l’analyse du vote. Contrairement à d’autres études récentes, rapporte La Croix, cette dernière étude montrerait que les catholiques pratiquants voteraient moins pour le FN que la moyenne des Français, contrairement aux catholiques pratiquants occasionnels et non-pratiquants.

Il serait particiculièrement intéressant de compléter ces études par une approche géographique, la sociologie française – et plus spécialement la sociologie catholique – ayant tendance à évoluer vers une homogénéisation des groupes selon les espaces géographiques (urbains, périurbains, périphérie urbaine lointaine, rural, …). Non seulement les catholiques ne sont sans doute pas étrangers à cette tendance à la fragmentation spatiale, mais les récentes évolutions qu’a connu l’Eglise pourraient encore accentuer la tendance (émergence des communautés nouvelles et renouveau associatif en milieu urbain, recul des espaces d’engagement et de sociabilité traditionnels en milieu périurbain et rural, …). Le catholique des champs vote-t-il comme le catholique des villes ? Cette donnée pourrait être à l’origine de brouillages dans la perception de l’ancrage politique des catholiques, agissant par effets de concentration atténués dès lors que l’on considère les données à l’échelle nationale.

Source photo : Un bureau de vote à Evry, au second tour des élections départementales le 29 Mars 2015. Martin Bureau/AFP

Jean-Luc Mélenchon et le Pape François

Famille Chrétienne a interrogé Jean-Luc Mélenchon sur le Pape François. Est notamment abordé le rôle du Pape en matière d’écologie, de politique internationale, autour de la crise des migrants, … Un témoignage de la portée des paroles du Pape dans la sphère politique française.

Les jeunes catholiques : désabusés de la politique ?

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Le seul atelier consacré à la politique, samedi, organisé au Simone, le café associatif lancé à Lyon par « les Altercathos ». / Guillaume Poli/Ciric

La Croix est allé enquêté lors de la rencontre annuelle des chrétiens en grande école sur l’intérêt des jeunes catholiques pour les questions politiques. Il en ressort un mélange d’intérêt et de distance vis-à-vis de la politique partisane et de ses débats. L’organisation par les Altercathos, jeune association lyonnaise en charge d’un café associatif, le Simone, d’un atelier sur l’engagement politique montre néanmoins un intérêt certain pour l’engagement politique pris au sens large, jusque dans la vie quotidienne et le vie de quartier :

«Je pense que certains craignent que ce genre de discussion [politiques] ne dégénère, et pensent que l’aumônerie n’est pas forcément le lieu le plus adapté », poursuit l’étudiante en dernière année des Ponts et Chaussées, qui a tout de même organisé, à la rentrée, une soirée autour du texte Dans un monde qui change, retrouver le sens du politique, publié par le Conseil permanent de la Conférence des évêques de France. […]

Davantage que ce document – que très peu ont lu –, c’est l’encyclique du pape François Laudato si’qui semble s’être imposée comme nouvelle référence chez les jeunes catholiques. D’ailleurs, parmi les ateliers en petits groupes de la fin de l’après-midi, le seul consacré à la politique était organisé au Simone, le café associatif lancé à Lyon par le mouvement « les ­Altercathos », adepte de l’écologie intégrale.

Maintenant tout commence

 

ATHLETISME departLa victoire de Benoît Hamon à la Primaire de la gauche ouvre une nouvelle étape dans la campagne présidentielle.

Les candidats des différents partis étant enfin désignés, les différents protagonistes vont pouvoir entrer dans le cœur de l’affrontement. En particulier, Marine Le Pen – qui a gardé un relatif silence jusqu’alors en laissant monter la déception par le seul jeu de ses concurrents – ne devrait pas tarder à entrer dans l’arène. Même si quelques incertitudes planent encore à droite sur la candidature Fillon, entâchée d’accusations d’emplois fictifs – la désignation du candidat socialiste va ouvrir une nouvelle étape dans le débat politique.

Pour le parti socialiste lui-même, le jeu est loin d’être verrouillé par le résultat de la Primaire : on pourrait croire Benoît Hamon désigné d’office chef légitime de l’opposition pour le cinquennat à venir, mais un faible score des socialistes à la présidentielle pourrait tout aussi bien signifier des règlements de compte sévère au sein du parti après le scrutin. Considérée par les observateurs comme un véritable Congrès du PS, la Primaire de la Gauche pourrait alors n’en être que le premier round, le second se jouant après la présidentielle. Il pourrait ainsi permettre un retour de Manuel Valls et la transformation fondamentale – voire la disparition – du PS.

Les élections présidentielles françaises sont largement suivies à l’étranger, dans un contexte de bouleversements politiques forts intervenus dans plusieurs pays à la suite d’élections ou de réferndums (en Italie, en Angleterre, aux Etats-Unis, …). Les Français vont-ils vouloir eux aussi tourner une page ? De quelle façon ?

Plus que jamais, il est temps de vivre cette campagne dans la prière, tournés vers le monde politique en devenir.

Si vous avez manqué le débat Koz/Dandrieu

Erwan-Morhedec-Laurent-Dandrieu_0_730_409 C’est le débat de ce début d’année 2017 dans le monde catholique français. La parution des deux ouvrages d’Erwan le Morhedec (dit Koz) et de Laurent Dandrieu autour de l’identité chrétienne ne cessent d’alimenter le débat autour du lien entre foi, nation et identité (Identitaire, le mauvais génie du christianisme, publié au Cerf pour le premier, Eglise et immigration, le grand malaise, publié aux Presses de la Renaissance pour le second). Il y a même un débat sur le fait de savoir s’il s’agit d’un débat. Ici et là on répète qu’il y a toujours eu des « identitaires » et qu’il y en aura toujours, ou qu’il est inquiétant d’instiller la division entre catholiques, quand on devrait plutôt reserrer les rangs dans les débats du monde contemporains. Pourtant, deux arguments prêchent en faveur de ce débat : un argument de contexte, car il faut bien avouer que les questions d’identité n’ont rien d’anodin dans une période marquée par la crise des migrants et les multiples attentats et que les discours ont éclairement évolué chez les catholiques vers une préoccupation croissante pour ces sujets ; un argument plus ecclésial, car la pensée sociale de l’Eglise se construit aussi à partir des débats entre laïcs. La figure du Pape François – et donc la formulation de cette doctrine sociale – se retrouvent au centre du débat.

La politique est, par essence, l’espace de définition des oppositions. Faire de la politique n’implique pas pour un chrétien de nier les oppositions de fond. Il y en a précisément une, ici, dans le contexte actuel : la catholicisme n’est-il pas en train d’être happé dans une dynamique identitaire générale indexant la foi à un corpus culturel qu’il s’agirait de défendre ?

Il est possible d’avoir un aperçu de ce débat via différents medias : en podcast sur le site de Radio Notre-Dame ou en vidéo sur le site de La Croix.

Source photo : Flavien Edenne ; La Croix

Déo et débats : des catholiques en débat

La dernière édition de l’émission « Déo et débats », diffusée sur KTO le 20 janvier dernier, réunissait Rémi Brague, Jean-Marc Potdevin, Philippe de Roux, Christiane Rancé et Jean-Marie Andrès, autour de différents sujets d’actualité. Ont notamment été évoqués : le débat autour des livres d’Erwan le Morhedec et de Laurent Dandrieu sur l’identité et l’immigration (Identitaire, le mauvais génie du christianisme, publié au Cerf pour le premier, Eglise et immigration, le grand malaise, publié aux Presses de la Renaissance pour le second), l’application Entourage, la Primaire de la gauche, …

Une bonne occasion de faire le point sur les débats qui animent le monde catholique.

 

Le Roi Hamon ?

imageComment comprendre la première place de Benoît Hamon au premier tour des Primaires de la gauche ?

Il est possible de raisonner d’abord selon les clivages et jeux d’opposition traditionnels du monde politique, en voyant dans la première place de Benoît Hamon une victoire des Frondeurs et une prise de distance des électeurs de gauche avec le bilan de François Hollande et de son premier ministre. Dans une telle optique, on peut entendre ici et là que le vote en faveur de Benoît Hamon est un vote « plus à gauche », « plus socialiste » que le vote en faveur de Manuel Valls. Ou un pur vote de rejet à l’encontre de ce dernier.

Mais il est plus intéressant d’analyser ce score à la lumière des évolutions actuelles de la gauche. Lire la suite

Radiographie du vote catholique à la mi-janvier

ifop FC

Famille Chrétienne expose les résultats d’un sondage Ifop sur le vote des catholiques à la présidentielle, effectué à sa demande.

Si la dynamique en faveur de François Fillon semble se confirmer, il est intéressant de constater que le vote FN des catholiques pratiquants s’est considérablement rapproché de la moyenne des Français et qu’Emmanuel Macron mobilise beaucoup moins chez les catholiques pratiquants que dans l’ensemble de la population (9% d’un côté, 17% de l’autre).

A ce stade, plusieurs facteurs amènent à prendre avec des pincettes ces intentions de vote des catholiques, comme les intentions de vote en général. Les catholiques ne sont pas plus épargnés que l’ensemble des Français par une lassitude à l’égard de la classe politique, une tendance au vote « flottant », incertain, évoluant au gré des mois et des semaines. A gauche, le champ reste encore très ouvert dans l’attente des résultats des Primaires et, plus encore, de ses suites : dans quelle mesure se dirige-t-on vers une dispersion des votes à gauche ? Les catholiques ont sans doute des positions plus arrêtées que la moyenne des Français sur les différents candidats de la Primaire de gauche, selon leur rapport au fait religieux, ce qui pourrait les amener à dédaigner le candidat socialiste, selon la personalité élue.

Libé face au phénomène Fillon

Sans titre

Encore un article qui s’emploie à analyser la place de l’électorat catholique dans la présidentielle.

Alain Duhamel livre dans une chronique politique publiée dans Libération hier son analyse sur le fameux «je suis gaulliste et, de surcroît, je suis chrétien» de François Fillon, qui n’a pas fini de faire couler de l’encre. La première partie est intéressante, rappelant que l’argument de « séparation entre politique et religion » est un faux argument. Il est dommage que la seconde résume la question identitaire au seul vote FN, sans analyser davantage les évolutions de l’électorat de droite, la droitisation de la vie politique française, la connexion croissance entre questions identitaires et questions religieuses. Preuve que le FN polarise toujours les commentateurs de la vie politique française, plus encore que le seul jeu politique.

Un article qui peut néanmoins être salué dans la mesure où il part du point de vue des catholiques :

« C’est, en réalité, plus gênant pour l’Eglise catholique que pour la République laïque, car l’objectif de François Fillon n’est en rien de remettre en cause la loi de 1905 mais est, en revanche, très clairement de disputer l’électorat catholique traditionaliste au FN. »

Dans l’agenda du Pape en 2017

Pope Francis disembarks from a plane after arriving at Tbilisi International Airport on September 30, 2016. Pope Francis set off on September 30 for Georgia and Azerbaijan on what Vatican officials billed as a mission to promote peace in a troubled part of the world, three months after he visited neighbouring Armenia. / AFP PHOTO / VINCENZO PINTO
AFP PHOTO / VINCENZO PINTO

Voyages, visites, rencontres, réforme de la curie, … le programme du Pape François est déjà bien chargé pour 2017 ! Et il nous réserve bien des surprises…

Un premier coup d’oeil sur l’agenda du Pape proposé par La Croix ici.

Ségolène, nouvelle Jeanne d’Arc de la Primaire ?

jeanne-darc-segoAprès avoir vertement critiqué Manuel Valls sur le 49-3 et affiché son intérêt pour Emmanuel Macron sur Europe 1 ce dimanche, Ségolène Royal semble vouloir jouer les trublions dans la Primaire de gauche. Elle qui a toujours accordé de l’importance à Jeanne d’Arc voudrait bien, au fond, devenir l’arbitre de cette Primaire et du rassemblement de la gauche – non tant pour « faire » le prochain Roi de France que pour se préparer un nouveau rôle clé, loin des bûchers de l’oubli dans lesquels pourrait l’entrainer la fin du règne de François Hollande. Cachant moins que jamais ses différends avec Manuel Valls (concurrent de l’impossible rassemblement), Ségolène Royal a reçu le 4 janvier dernier Emmanuel Macron, autre personnalité passionnée par la pucelle d’Orléans, et parti en cavalier seul dans la course à l’Elysée. Tout en montrant ainsi sa grande liberté dans le cadre de la Primaire, Ségolène Royal veut afficher sa capacité à dialoguer avec chacun (elle dit avoir été contactée aussi par Benoït Hamon) et à se poser en dernier recours pour rassembler la gauche.

Ce n’est donc aucunement un hasard si l’ancienne candidate à la présidentielle de 2007 exposait tout récemment ses connivences avec Jeanne d’Arc lors de l’émission « Et si c’était vous ? », elle qui a passé son enfance dans un village des Vosges « non loin de Domrémy ». Fascinée enfant par un vitrail de l’église de son village représentant Jeanne d’Arc, elle en fait lors de cet entretien une quasi sainte-patronne républicaine, figure féministe et émancipatrice, symbole en creux des échecs de la gauche :

je viens d’une famille catholique, pratiquante, donc j’allais à la messe tous les dimanche, et même aux vêpres l’après-midi, donc vous voyez… et il y avait dans cette église la seule figure féminine, à part Marie, Jeanne d’Arc qui était magnifique, avec cet oriflamme, ce drapeau…[…]

la gauche a abandonné Jeanne d’Arc, la gauche a abandonné la nation, la gauche a abandonné la valeur travail […], la gauche avait abandonné la famille [….] par fragilité idéologique ou en se laissant déborder par une réappropriation de ces symboles par la droite.

Elle dit respecter les positions de ceux qui se sont mobilisés contre le Mariage pour Tous tout en récusant les débordements qui se sont exprimés et en refusant tout affichage de la foi en politique. Cette dernière « n’a pas à venir dans le champ politique ». Le transfert du sacré est pourtant assumé, pour Ségolène Royal, de l’Eglise à la politique.

Le Pape François, les catholiques et l’identité

dandrieu-koz Suite à la parution ce mois de janvier du livre d’Erwan le Morhedec Identitaire, le mauvais génie du christianisme, le débat paraît lancé dans le monde catholique sur le rapport de l’Eglise et des baptisés à l’identité, à la nation et à l’immigration (voir articles du Monde et de la Vie). Il faut dire que paraît, dans le même temps un ouvrage de Laurent Dandrieu intitulé Eglise et immigration, le grand malaise. Le pape et le suicide de la civilisation européenne, qui prend lui aussi position – à l’opposé – sur les déclarations du Pape concernant les migrants.

Une figure semble bel et bien surplomber le débat : celle du Pape François. Symbole pour les uns d’un discours pro-immigration dans lequel il embarque l’Eglise catholique, il est pour les autres un acteur direct de la doctrine sociale, accomplissant une mission d’actualisation et de mise en acte de l’évangile et de la parole des papes précédents.

Ce n’est donc pas un hasard s’il sera placé au centre d’un débat organisé par la Procure, à Paris, avec les deux auteurs concernés, le 1er février prochain : soirée « autour du Pape François » et, à n’en pas douter, autour de la notion d’identité. L’occasion de rappeler que la doctrine sociale de l’Eglise n’est pas un corpus lisse fournis une fois pour toute par l’Institution mais bien une pensée vivante qui se nourrit des débats entre croyants.

Chine : un peu de théologie politique

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Le cas de l’Église chinoise nous rappelle toujours un principe exprimé avec force par le théologien politique William Cavanaugh : l’Église ne peut être soluble dans une nation, dans une superposition totale du théologique et du politique. Car l’Église a elle-même un rôle politique intrinsèque, pour la simple et bonne raison que les croyants obéissent à Dieu avant d’obéir à un pouvoir terrestre. En cela, l’Église est du monde et pas du monde, elle est fondamentalement une puissance étrangère, non pas parce qu’elle serait à la solde du Vatican, mais d’abord parce qu’elle se place entre les mains de Dieu.

La réunion par le pouvoir chinois ces 27-29 décembre dernier d’une « IXe Assemblée nationale des représentants catholiques », composée des évêques de l’Église officielle chinoise, va à l’encontre de ces principes. Elle a été l’occasion de déclarations du pouvoir chinois indiquant quel rôle il entend donner à l’Eglise, comme le rapporte la Croix :

Les catholiques doivent « mieux s’intégrer dans la société », « combiner le patriotisme à leur ferveur pour l’Église », et « s’unir pour contribuer à la construction du socialisme à caractéristiques chinoises », a martelé au cours de cette réunion Yu Zhengsheng, haut responsable du régime communiste et président du « Comité national de la Conférence politique consultative du peuple chinois » (CPCPC), cité par l’agence officielle Chine nouvelle. L’Église chinoise « doit adhérer au principe de l’administration autonome, s’occuper elle-même des affaires religieuses de façon indépendante et pousser les fidèles à adhérer au processus de « sinisation » de la religion »

En Chine, les religions « n’ont droit de cité que si elles sont autonomes par rapport à toute puissance étrangère« . Le problème donc, c’est que l’Eglise catholique ne peut qu’être, en partie, étrangère… Les questions géopolitiques qui concernent le Vatican sont toujours, en premier lieu, des questions théologiques.

Source photo : Eglises d’Asie.

Conflit syrien : prendre de la hauteur

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Vu sur le site des Altercathos, un entretien en deux parties – (1) et (2) – avec Pierre Jova, journaliste spécialisé dans les questions géopolitiques, pour prendre de la hauteur et mieux comprendre les racines et les évolutions actuelles du conflit syrien :

« Ce qui est sûr, c’est que la victoire du régime syrien et de ses alliés clôt une cruelle bataille de rues, et offre, qu’on le veuille ou non, un « soulagement » à ses habitants avec la fin des combats. Mais la reprise d’Alep n’est pas la fin du djihadisme. C’est plutôt la fin d’un cycle dans la guerre en Syrie. La rébellion qui existait entre le régime de Damas et l’Etat islamique est en train de disparaître. Cette rébellion, qui hier comptait des groupes à tendance nationaliste ou islamiste « modérée », voulant bâtir un régime à la turque, et qui aujourd’hui est essentiellement islamiste radicale, repose sur une multitude de groupes tous unis contre Damas, mais qui n’ont aucun objectif politique commun. »

 

« L’Etat islamique, même s’il s’attaque à ses troupes et le menace, a été le meilleur « cadeau » du régime de Damas. L’apparition de ce monstre djihadiste a fait changer l’attitude occidentale à son égard […]. Alors que ses jours étaient suspendus, en 2013, à une intervention militaire des Etats-Unis et de leurs vassaux, il est devenu un an plus tard le bouclier objectif contre Daech. »

Prendre le temps de (re)lire la Lettre des évêques

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En cette période de vacances de Noël, Dominique Greiner propose sur son blog hébergé par La Croix une « lecture critique du texte des évêques » sur la politique, Dans un monde qui change retrouver le sens du politique, paru en octobre 2016.

Le théologien nous propose de rouvrir ce texte en le lisant à la lumière des grands textes de la doctrine sociale, à travers une intervention en quatre parties, prononcée le vendredi 16 décembre lors d’un séminaires organisé par le Theologicum de l’Institut catholique, le Centre Sèvres-Facultés jésuites de Paris, et la Faculté Notre-Dame.

Quand Matignon fait de la DSE

bernard-cazeneuve-remis-cadeaux-enfants-chretiens-dorient-refugies-france-matignon-mercredi-22-decembre-2016_0_730_485 C’est un instant symbolique des plus intéressants. Mercredi 22 décembre, des chrétiens d’Orient réfugiés en France étaient invités à Matignon pour la soirée de Noël, accueillis par un discours de Bernard Cazeneuve. L’événement mérite d’être analysé pour ce qu’il dit du lien entre religion et politique, au-delà même du message exprimé sur la protection des chrétiens d’Orient et des minorités d’Irak.

Il établit d’abord un lien entre Noël et le message de l’Eglise sur l’accueil des réfugiés. Doit-on rappeler que Marie et Joseph eux-mêmes ont été réfugiés en Egypte et à la recherche d’un refuge le soir de Noël ? Noël n’est pas une simple fête culturelle, commerciale et familiale : le geste témoigne du fait qu’il y a quelque chose de plus profond à tirer de cet événement. Bernard Cazeneuve l’a déclaré à cette occasion : Noël

« est un moment spirituel, de recueillement, ce n’est pas uniquement les cadeaux, c’est une fête qui conduit à prier, quand on est croyant, une fête qui a un sens profond »

Le second message concerne la place de la religion dans notre société : l’affirmation que la République peut accueillir en son sein les religions sans vouloir les dissimuler dans un univers commun neutre voire hostile. Ce message a été parfaitement exprimé par le P. Sabri Anar, curé de la paroisse chaldéenne Saint-Thomas, à Sarcelles, qui conduisait le groupe à Matignon. Selon ses propos rapportés par la Croix, il voit dans la réception à Matignon un « encouragement » et un « symbole » :

« Il est important pour nous de pouvoir se retrouver au cœur de la République »

Le quinquennat qui s’achève aurait eu besoin de bien des gestes de cet ordre pour réconcilier certains chrétiens avec la République.

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Le dépistage des candidats catholiques continue

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Dans un article paru hier sur son site d’information catholique, Aleteia propose de se pencher sur les candidats de la Primaire de la gauche pour se demander lequel est le plus catholique.

La pratique n’est que la prolongation des analyses précédentes sur les candidats de la Primaire de la droite et du centre : la volonté d’attribuer des labels de catholicité en politique, à partir du rapport du candidat à des marqueurs catholiques et à partir de sa manière de les faire exister médiatiquement. Dans l’article d’Aleteia, on analyse à la fois la participation du candidat aux rites, son rapport à la foi, ses déclarations publiques et… son rapport à la franc-maçonnerie. Que dit cette attitude des catholiques ? Que signifie-t-elle pour la vie de foi et la vie politique ?

Politiquement, le débat en ressort fortement appauvri. Il suffit de cocher des cases en matière de comportement, d’ancrage sociologique, de croyance. On est bien loin d’une analyse politique de fond. On parle des Primaire comme d’une course de petits chevaux où il faut repérer de loin dans le brouillard qui a un dossard aux couleurs catholiques. Mais ces Primaires ont-elles du sens ? Parviennent-elles à renouveler les idées politiques ? Que disent-elles des évolutions de la gauche et des options politiques dans notre pays ? Au-delà même du fait de se lamenter sur la non participation des Poissons roses à la compétition, on peut aussi faire le constat de l’élimination d’autres outsiders comme Fabien Verdier. Le déroulement de la Primaire est une mauvaise nouvelle pour la politique en général et les catholiques devraient en premier lieu s’exprimer sur ce point, en n’oubliant pas la haute estime dans laquelle la doctrine sociale de l’Eglise tient la politique, « forme la plus haute de charité » pour le Pape François.

Être catholique devient toujours plus un marqueur sociologique, une donnée communautaire. Dire « les cathos » ou alors dire de quelqu’un « il est bien catho » renvoie à un ensemble de critères qui dépassent largemment la vie de foi : pas seulement la croyance mais la participation forte aux rites, à laquelle s’ajoute l’apparence vestimentaire, pas seulement l’adhésion à la doctrine sociale de l’Eglise mais l’affirmation de son discours spécifique sur les questions éthiques, voire un engagement continu autour de ces combats, qui permettent de se démarquer socialement, … Cela soulève deux questions : celle de la place des catholiques qui ne se reconnaîtraient pas dans ces marqueurs identitaires dans l’Eglise, qui est au fond celle de notre capacité à accepter des différences d’interprétation et la mise en débat, et, d’autre part, la question de l’assimilation de la foi à des marqueurs sociologiques. La cristallisation d’une « communauté catholique », par le fait même de ses spécificités dans le monde contemporain, devrait soulever toujours davantage ces questions.

La lettre du Pape à la maire de Paris

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Le Pape François a adressé à Anne Hidalgo le 13 décembre une lettre visant à la féliciter de son action en faveur des migrants dans la capitale. Cette lettre fait suite à la participation de la maire de Paris à un colloque organisé à Rome le 10 décembre par l’Académie Pontificale des Sciences sur l’accueil des migrants et à son entrevue avec le Pape à cette occasion. Le Pape remercie Anne Hidalgo pour sa participation au colloque, auquel étaient invités 70 maires de grandes villes, et l’encourage dans son action :

«Je sais vos initiatives, vos batailles personnelles et les obstacles que vous devez surmonter. C’est pourquoi je souhaite vous exprimer mon admiration et ma gratitude pour votre action avisée et votre persévérance en faveur de nos frères et soeurs réfugiés. Ma porte vous sera toujours ouverte»

La fin de la lettre appelle, comme François en a l’habitude, à le soutenir en retour par la prière ou – assez curieusement-

 » de penser à [lui] en bien et de [lui] envoyer une “onde positive” « 

Certains pourraient y voir une concession faite à un interlocuteur non croyant. Il est plus intéressant de resituer cette lettre dans le contexte des grands engagements de François tout au long de son pontificat. Elle est d’abord le témoignage d’une parole forte sur la crise des migrants, depuis Lampedusa jusqu’à sa demande d’accueillir une famille de réfugiés dans chaque paroisse. Elle est aussi la démonstration de la volonté de François de dialoguer avec le monde et avec les responsables politiques. Enfin, elle rappelle l’importance accordée par le souverain pontife aux villes comme acteurs essentiels de l’univers politique, en droite ligne de l’encyclique Laudato Si. L’affaire est à rapprocher des rencontres organisées par le Pape avec les maires en amont de la Cop 21, auxquelles avait participé Anne Hidalgo.

Déo et débats : paroles de catholiques engagés

La chaine TV KTO inaugure depuis novembre une émission mensuelle de débat sur les questions d’actualité, réunissant des laïcs engagés autour de la journaliste Philippine de Saint-Pierre.

Voici la seconde édition, enregistrée le 9 décembre dernier, et réunissant Erwan le Morhedec, Emilie Tardivel, François Huguenin-Maillot, Dominique Quinio et Jean-Marie Andrès. Elle traite notamment du délit d’entrave à l’IVG, des Primaires de la droite et du centre, des Primaires de la gauche, … Une émission à suivre.

Catholicisme et libéralisme sont dans un bateau

Le pape Léon XIII et François Fillon, montage.

Au sortir d’une période mouvementée pour les catholiques dans l’espace médiatique, dans le contexte de la Primaire de la droite et du centre, la presse se tourne vers des analyses plus approfondies sur ce qu’implique le catholicisme en matière de contenu politique. Un mot semple émerger plus particulièrement, et pourrait bien devenir l’une des clés de voûte de l’élection présidentielle : libéralisme.

Ainsi, un journaliste de l’Obs s’essaie à un cours sur la doctrine sociale de l’Eglise (qu’il confond au passage avec ce que pourrait être un axe socialisant de la DSE) pour mettre en valeur les prises de position anti-libérales de l’Eglise sur le plan économique au cours de l’Histoire. En dépit des approximations dont fait preuve cet article, il a au moins le mérite de s’interroger sur ce qu’est le catholicisme en politique, en questionnant la labellisation AOC de « candidat catholique » de François Fillon. En guise de conclusion, l’article en appelle à François (le pape) contre François (le candidat LR), confirmant la tendance actuelle à faire de la figure du Pape un baromètre de la pensée politique catholique et une figure d’autorité reconnue de tous.

De son côté, la Croix identifie cette question du libéralisme économique à un courant, qui est celui du catholicisme social, s’interrogeant sur les mutations de l’univers catholique : à rebours des prises de position du Pape François, les catholiques français se détourneraient du message ecclésial sur les questions économiques pour conforter un catholicisme « bourgeois », moral et libéral.

Cette question libérale, qui se trouve aujourd’hui interrogée dans ses liens avec le catholicime, devrait se trouver au centre des débats économiques, depuis le programme libéral d’Emamnuel Macron jusqu’aux attaques du FN en direction de la droite sur ses options libérales. Car le libéralisme de François Fillon pourrait bien amener le FN à cimenter un discours anti-libéral et étatiste en direction des classes populaires, pour se poser en protecteur des acquis sociaux. Le débat ne pourra qu’être salutaire pour les catholiques, encore peu mobilisés sur les questions économiques et ainsi interrogés dans leur adhésion globale aux discours de l’Eglise. Le front national et la gauche au service de la pensée sociale ?

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Jean-Luc Mélenchon tend la main aux catholiques

Ce lundi, Jean-Luc Mélenchon répondait, dans une vidéo, à l’appel lancé par le Secours Catholique dans son dernier rapport sur la pauvreté, aux candidats à la présidentielle : « allez-vous parler de la pauvreté en France ? ».

« Là, il y a un rapport qui vient de sortir », explique-t-il, « c’est le secours catholique » et « ils demandent à tous les candidats à l’élection présidentielle [à propos de la pauvreté] : « est-ce que vous allez en parler, oui ou non ? » Alors moi je vous réponds en direct : oui, je vais en parler. Je vais en parler à tous mes discours, toutes mes interventions ».

« C’est pas forcément de leur côté que j’irais spontanément », avance le candidat à la présidentielle en parlant du Secours Catholique « mais je veux dire : ils ont fait du beau boulot, et ils font du travail. » Il ajoute : « quand il y a quelqu’un qui fait quelque chose, il faut l’aider, et il faut lui apporter du soutien même si on n’est pas toujours, politiquement, branchés de la même manière », « aidez le Secours Populaire, ou le Secours Catholique ».

Appel aux hommes de bonne volonté.

Fillon ou le mythe du raz-de-marée catholique

Pope Benedict XVI (R) poses next to French prime minister Francois Fillon (C) and his wife Penelope and their sons Antoine and Edouard during a private audience at the Vatican on October 10, 2009. AFP PHOTO / ALBERTO PIZZOLI
AFP PHOTO / ALBERTO PIZZOLI / 2009

La petite chanson commence à tourner en boucle sur les réseaux sociaux : contre les sondages et les journalistes, les catholiques auraient fait l’élection du candidat de la droite et du centre pour la présidentielle, en soutenant massivement François Fillon. La preuve ? L’opération séduction menée par François Fillon au cours de sa campagne en direction des catholiques, le ralliement de Sens Commun et, in fine, le vote masssif des départements de l’Ouest en sa faveur. Dédaigneux, refusant de percevoir le poids réel des catholiques en politique, les médias, aveuglés, auraient bien mérité leur claque. Un fabuleux come back au coeur des fantasmes de la Manif pour Tous.

Qui sont les tenants de cette hypothèse ? On les trouve en premier lieu dans le champ médiatique (voir notamment ici et ici) , souvent du côté de ceux qui n’avaient pas prévu la victoire de François Fillon, Lire la suite

Primaires : qui aura la bénédiction des catholiques ?

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Dimanche la messe sera dite. En attendant, les candidats à la Primaire de la droite et du centre ont envoyé quelques derniers signaux à l’électorat catholique, dans une opération séduction des plus ostensible.

Après des participations remarquées aux solennités du 15 août (Juppé, Fillon, Sarkozy), certains candidats à la Primaire ont souhaité répondre à la Lettre des évêques de France sur la situation politique du pays, publiée mi-octobre : Bruno Le Maire le premier, le 14 octobre, François Fillon le 24 cotobre et, plus récemment, Alain Juppé. Le calendrier en lui-même est intéressant. François Fillon peut être considéré comme le candidat « historique » des catholiques, rallié par Sens Commun, multipliant les appels du pieds, jusqu’à reprendre les mots de Jean-Paul II pour clôturer le dernier débat télévisé des Primaires, hier soir : « N’ayez pas peur ». Alors que les sondages se resserrent, Alain Juppé ne veut rien négliger dans sa campagne, surtout pas l’électorat catholique. Il voit dans la Lettre des évêques une aspiration à « l’identité heureuse » qu’il défend. Bruno Lemaire saisit cette Lettre comme un moyen de porter à nouveau son thème du « renouveau » en politique, tout en s’adressant aux catholiques. Nicolas Sarkozy, qui ne bénéficie pas d’une image de grande exemplarité morale, entretient un rapport plus distant avec les catholiques, notamment depuis son changement de position sur l’abrogation de la loi Taubira. Jean-Frédéric Poisson, en baisse dans les sondages, ne paraît pas parvenir, quant à lui, à élargir ses soutiens au-delà de l’électorat catholique habituel du Parti Chrétien Démocrate.

François Fillon semble donc miser, pour le scrutin de ce dimanche, sur la capacité mobilisatrice de ses réseaux catholiques, notamment dans le contexte post-Manif Pour Tous. Le résultat nous dira la pertinence – ou non – de ce choix stratégique. Au-delà de cette opération séduction des Primaires, il est toujours intéressant de se demander à quoi les catholiques sont identifiés en politique : uniquement à une pratique religieuse et à des « valeurs » qu’il s’agirait de reconnaître a minima, promouvoir a maxima ?

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Le Pape François ne veut pas de cathos tièdes

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C’est en commentant la Première lecture du jour (Livre de l’Apocalypse 3,1-6.14-22.) hier, lors de la messe matinale, que le Pape a exhorté les chrétiens à ne pas être des croyants « tièdes », installés dans leur foi, fermés à la rencontre bouleversante du Christ. Cette tiédeur peut concerner aussi bien les personnes que les communautés, et l’Église entière :

«Mais que pense un tiède ? Le Seigneur le dit ici  : il pense être riche. « Je me suis enrichi et je n’ai besoin de rien et je n’ai besoin de rien. Je suis tranquille ». Cette tranquillité qui trompe. Quand dans l’âme d’un Église, d’une famille, d’une communauté, d’une personne, tout est toujours tranquille, là il n’y a pas Dieu.»

Il s’agit de se rendre disponible à Dieu, de vivre comme Zachée, dans l’espérance de sa rencontre. Un beau conseil pour les croyants mais aussi pour les associations et communautés paroissiales :

«Est-ce que je sais distinguer dans mon cœur quand le Seigneur me dit « réveille-toi » ? Quand il me dit « ouvre » ? Et quand il me dit « descend » ? Que l’Esprit Saint nous donne la grâce de savoir discerner ces appels»

Source : Radio Vatican

Les catholiques aux Primaires : des électeurs comme les autres ?

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Un nouveau sondage ifop réalisé par Pèlerin et présenté par Europe 1 sur le vote des catholiques à la Primaire donne Juppé en tête dans l’électorat catholique (36%), juste devant Nicolas Sarkozy (31%) et loin devant François Fillon (17%). Du côté des pratiquants, le score est en faveur de Sarkozy (33%) contre Juppé (31%) et Fillon (15% cette fois). Le sondage reviendrait à relativiser le poids de la Manif pour Tous dans les résultats du scrutin, mais il conduit même à réinterroger le caractère spécifique du vote catholique, plutôt aligné sur le vote des autres participants à la Primaire. A l’heure où sont régulièrement pointés des candidats s’attirant les faveurs des catholiques et faisant campagne dans leur direction (Fillon, Poisson), alors même que l’on invoque le vote catholique comme moteur de la remontée récente de François Fillon (soutenu par Sens Commun), le rôle des catholiques dans cette élection est sans doute bien moins évident qu’on ne le pense au premier abord.

Il convient de regarder les projections concernant la Primaire avec beaucoup de prudence. Non seulement l’élection repose sur une part faible de l’électorat français, sur laquelle il est difficile d’effectuer des pronostics, mais un certain nombre d’invités surprise pourraient bien venir – une fois de plus – renverser les estimations. On peut s’interroger sur la capacité des réseaux héritiers de la Manif pour Tous, comme Sens Commun, à mobiliser leurs troupes, comme on peut s’interroger sur les effets du vote à la Primaire d’électeurs de gauche désireux de faire barrage à Sarkozy.

Les catholiques seront-ils des électeurs comme les autres ? Seront-ils des acteurs clés du résultat final ? Nul ne le sait.

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Et voilà le retour des points non négociables

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Période électorale oblige, revoilà l’âpre querelle des « points non négociables ». A l’approche de 2017 et à l’heure de décerner aux politiques les titres de candidat « le-plus-catholique », « le moins-catholique » ou « le moins le moins-catholique », le débat refait progressivement surface. En 2012, à partir de l’exhortation apostolique Sacramentum Caritatis de Benoît XVI (§83), des catholiques avancent que tout choix électoral doit être subordonné à trois « points non négociables » : respect et défense de la vie humaine (de sa conception à sa fin naturelle), famille fondée sur le mariage entre homme et femme, liberté d’éducation des enfants. La fin de la phrase du pape sur ces « valeurs fondamentales », moins connue, évoque « la promotion du bien commun sous toutes ses formes ». La liste ne paraît donc pas limitative…

On peut se demander aujourd’hui si les prises de position fortes du Pape François sur l’écologie, l’économie ou les migrants sont susceptibles de nourrir différemment ce débat en faisant pencher la balance du côté du socio-économique plutôt que de l’éthique, ou du moins de proposer un autre équilibre. La notion d’écologie intégrale est a priori susceptible de réconcilier les catholiques dans la recherche d’un projet politique cohérent mais reste dépourvue d’incarnation politique. La question écologique peut néanmoins amener à interroger la vision politique globale des candidats.

Lorsque le cardinal Burke proclame ce 10 novembre que Donald Trump sera en bonne position pour défendre « les valeurs chères aux catholiques », que l’on souligne l’importance de leur rôle dans l’élection américaine, sur la base de ces points non négociables, ou lorsque Jean-Frédéric Poisson s’attire ce dimanche les foudres de Patrice de Plunkett en déclarant que « les parents et les enfants sont plus importants que les papillons ou les brins d’herbe. », on est en droit de se demander si l’on est pas plutôt dans un durcissement du débat, avec d’une part des catholiques plus prompts à élargir la question à celle du projet socio-économique et écologique, et de l’autre des catholiques plus soucieux qu’auparavant des questions éthiques (épisode Manif Pour Tous oblige, dans le cas français).

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