Les périphéries, la prostitution, une maison

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(A. Richard)

Mise à disposition par le diocèse de Meaux, la Maison Magdalena accueille, depuis peu, trois personnes qui se sont longtemps prostituées au Bois de Boulogne, c’est ce que nous narrait La Croix tout récemment.

Parmi elles, une Colombienne transsexuelle, qui a rendu les clefs de son appartement parisien pour y vivre, confie : « J’ai peur de la suite. Parce que, en tant que transsexuelle, il n’y a que la prostitution qui s’offre d’ordinaire à nous mais il faut faire confiance. C’est la première fois de ma vie que je rencontre un prêtre qui veut bien m’aider. Et puis Dieu est là.. »

Dans nos oreilles résonnent les paroles du Pape François quand il nous invite à « aller aux périphéries » et qui nous parle de l’Eglise comme d’un « hôpital de campagne » …

Ce prêtre qui va aux périphéries, il les a connues dans des périodes sombres de sa propre histoire ; aujourd’hui, ce sont même Les Inrockuptibles qui lui tirent le portrait ! Le Père Jean-Philippe Chauveau a créé en 1998 l’association Magdalena au cœur de la paroisse Sainte-Cécile à Boulogne-Billancourt, dans le Diocèse des Hauts-de-Seine. Cette association qui compte aujourd’hui 200 bénévoles comme les autres initiatives prises dans ce cadre (pèlerinage des prostituées à Lourdes, « maraudes » auprès des SDF, autre maison mais dans l’Indre cette fois dédiée à la réinsertion de toxicomanes, …) semblent tout à fait exemplaires.

A découvrir et partager si on le souhaite. Pour le reste, chacun choisira « ses périphéries » mais en attendant on peut donner à cette association, reconnue par le Diocèse, et c’est par là : http://www.magdalena92.com/?-Appel-a-dons-

Des ponts et pas des murs !

Members of the Palestinian national security forces loyal to Hamas deploy along the border fence with Egypt in Rafah in the southern Gaza
(Reuters)
« Nous avons besoin de ponts et pas de murs » nous lançait le Pape François en 2014, à l’occasion du 25e anniversaire de la chute du Mur de Berlin.

Appel d’autant plus utile que, le Washington Post cité par Courrier International le montre avec infographie a l’appui, les cloisons se multiplient depuis 2000, leur édification étant le produit de « politiques populistes » de plus en plus répandues, selon le journal.

Un immigré hondurien au Mexique témoigne : « Peu importe le nombre de barrières qu’ils construisent, ils ne nous arrêteront pas ». Ce témoignage comme tant d’autres rappellent, à l’instar de ce que disait Paul Montgolfier, alors Directeur du Service jésuite des réfugiés en France, que « Les murs n’arrêteront pas les migrants. Ils leur feront juste risquer un peu plus leur vie pour venir. »

A minima, des éléments à avoir en tête dans son discernement citoyen voire des raisons pour s’engager si on le souhaite …

 

Le « revenu universel », c’est bien ?

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(AFP)

Aucune idée mais le concept semble intéressant ! D’abord, parce que son origine au plus loin semble venir de Thomas More dans « L’Utopie » mais aussi parce qu’il intéresse des « marxistes aux ultra-libéraux », comme le dit cet article de Challenges, et encore un certain nombre d’amis comme au Secours catholique.

On peut en retenir qu’il offre une protection contre le décrochage social, dans les cas de gros coups durs de la vie, simplifie la multiplicité de demandes d’aides lorsque l’on en a besoin, et par sa présence inconditionnelle dans le cursus financier et fiscal de tous témoigne concrètement de la solidarité de tous avec chacun. Un moyen de redécouvrir que l’impôt sert concrètement …

Son caractère inconditionnel peut questionner mais son objectif ne semble pas d’encourager un assistanat aveugle : comme toute redistribution d’Etat, il serait assorti de droits et aussi de devoirs.

Concrètement, sa mise en oeuvre nécessiterait sûrement de bien nombreux évaluations et ajustements … mais les expérimentations régionales qui semblent se profiler seront à suivre avec intérêt.

Jeunes chrétiens « assoiffés d’espérance et de vérité »

58073708cd701ccd4d7cf55dOutre Quiévrain, voilà douze jeunes chrétiens qui, citant pêle-mêle Benoît XVI, F-X Bellamy, Mère Teresa, Saint-Thomas d’Aquin dans un grand quotidien national, nous parlent de Dieu, de sens, d’espérance et de projet commun en citant leur besoin et envie de plus de lien et de transmission …

Une lecture qui impose le respect et la reconnaissance et qui nourrit l’espérance !

Ca va que c’est en Belgique, on ne peut imaginer que de jeunes chrétiens en France pensent la même chose … Ou alors on ne les entend pas ou pas assez ?

Ces jeunes voisins sont entre autres responsables d’un programme baptisé « LEAD » comme « Leaders d’espérance et ambition pour demain » -> à retrouver à cette adresse

Le travail peut-il être gratuit ?

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(F. Fife / AFP)

Oui et cela s’appelle du bénévolat ! Dans un article du Monde, intéressant quand il dénonce certaines hypocrisies de la nouvelle économie, l’auteur fait un paralèlle qui a fait réagir :

 

Autrefois, on l’appelait amour conjugal, celui de l’épouse qui assurait la comptabilité de son mari, commerçant ou médecin. Mais depuis qu’il est sorti de la sphère intime, on l’a maquillé sous toutes sortes de noms fleuris : bénévolat, engagement citoyen, partenariat, télé-réalité, activité, expérience client, communauté, jeu, concours, hackathon, contribution, etc.

Les Petits frères des pauvres, notamment dans une tribune toujours dans le Monde, balaient cette comparaison d’un revers de main, en rappelant que le bénévolat ne peut être considéré comme un danger pour l’emploi salarié, et insistent sur le fait que la monétarisation de la lutte contre la solidarité serait un danger pour la solidarité elle-même.

A défaut d’argent, tout travail doit être reconnu, certes, mais ne tombons pas dans un travers libéral ignoble qui consisterait à penser que le bénévolat ou l’action caritative sont une « distorsion du marché », une tentative de dumping social. Il est avant tout un formidable lieu de croissance et d’entraide et une contribution indispensable à la solidarité.

Dans quel état est notre école ?

paris-ecole-primaire-640x468-580x424Quelques bonnes nouvelles dans la Tribune des Semaines Sociales après que diverses évaluations internationales, dont celles menées par le programme PISA de l’OCDE, ont envoyé des signaux d’alerte forts sur la capacité de notre école à transmettre des savoirs : le niveau notamment en français s’améliore, même si les enquêtes montrent comment l’efficacité des apprentissages reste trop lié aux origines sociales des élèves.

Outre cette fonction première de transmission de savoirs, notre école est questionnée de multiples manières et devrait – on peut l’espérer – faire l’objet de débats constructifs en marge des prochaines échéances électorales … Un vrai chantier, cité par nos Evêques en diverses occasions, notamment dans leur dernière production, mais dont on n’entend pas beaucoup parler pour le moment …

Si vous voulez y réfléchir et en débattre, rdv les 19 et 20 novembre pour la session des Semaines Sociales de France à Paris sur « Ensemble, l’éducation » ! Informations et inscriptions à l’adresse : www.ssf-lasession.org

 

« Les jeunes, ils ne s’engagent plus !… »

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Voilà un couplet qu’on entend parfois chanté par de plus vieux militants, multi-engagés, dont la densité, la variété mais aussi la fidélité dans l’engagement ne peuvent que forcer le respect … Et pourtant, si, les jeunes s’engagent, mais sans doute de manière différente. Preuve en est cet article de La Croix, qui dit les questions que ces jeunes se sont posées.

Mais sans doute l’engagement « à vie et à temps plein au même endroit » n’a plus cours. Il faut composer avec les envies des bénévoles, leurs disponibilités, etc. Aussi certains proposent des applications pour faire se rencontrer offres et demandes de bénévolat.

L’occasion d’utiliser les réseaux pour apporter du bénéfice dans la vraie vie !