Une Église plus familiale et de familles plus ecclésiales

Marie-Lucile Kubacki a rencontré Mgr Macaire au Synode. Extraits de cette belle interview, à lire absolument en entier sur le site de La Vie !

Qu’est-ce qui émerge dans votre groupe comme point fort ? L’importance de la communauté. Le désir d’une Église plus familiale et de familles plus ecclésiales. La nécessité de faire confiance aux jeunes, mais pas de façon démagogique.

C’est toute l’Église qui est cléricalisée dans le mauvais sens du terme… On a fait reposer sur le prêtre tous les ministères. Aujourd’hui on lui demande d’être à la fois d’être le chef d’établissement, le gestionnaire, le professeur, l’accompagnateur. D’où le burn out, la vie impossible et l’isolement. Cela ne va pas. Il est temps de revenir à une Église où les prêtres sont des curés d’Ars ou des « Benjamin Bucquoy », comme le héros de Monsieur le curé fait sa crise de Jean Mercier. Qu’ils retrouvent l’essentiel de leur sacerdoce, ce pour quoi ils ont donné leur vie : accompagner des gens – en plus, c’est ce que les jeunes demandent ! –, visiter les pauvres, les familles, célébrer, prier, prêcher, enseigner, partir en pèlerinage avec les fidèles ! Et non pas s’épuiser en réunions. C’est pour cela que les prêtres donnent leur vie. Et ce n’est pas parce qu’on s’habille en civil qu’on sort du cléricalisme, mais quand on est au milieu d’une « communauté de disciples missionnaires », comme dit le pape François.

Il faut que le prêtre visite ses paroissiens. Qu’il connaisse la réalité de leur vie. Il passe cinq minutes ou plus dans les maisons, où il débarque, comme Jésus. Un des moments de ma vie où j’ai basculé au service de l’Église, c’est le jour où papa m’a dit que le prêtre passerait le soir. J’avais 10 ans et demi et je voulais savoir si je pourrais servir la messe le dimanche. J’étais terrorisé à l’idée qu’il me dise non et bien sûr il a été trop content ! Mais il est venu chez moi et ça a tout changé.

Une des grandes découvertes des derniers mois, en ce qui me concerne, est que je ne suis pas sur les mêmes logiciels que les jeunes et que nous n’avons pas le même langage. Moi j’utilise Facebook et les e-mails, eux sont sur Youtube, Instagram et Snapchat. Et cela évolue sans cesse. À quand un Norman, un Cyprien, un Squeezie, une Natoo catho ? Ils sont suivis par des millions de personnes ! J’aimerais bien être Youtubeur, mais je ne peux pas car je n’ai pas le ton !