« Nous voulons changer l’Église pour rendre plus visible sa beauté ! »

Une parole forte des Scouts de France sur les abus sexuels, de pouvoir et de conscience dans l’Eglise

Il n’est plus aujourd’hui le temps de la repentance, plus seulement le temps indispensable de la prière. Le pape François a envoyé un courrier inédit à l’ensemble des catholiques du monde, un appel à l’aide dont on peine encore à percevoir l’envergure, comme n’avait pas été comprise à sa juste valeur sa charge contre les « quinze maladies de la Curie » il y a quatre ans. Nous souhaitons prendre toute notre place dans cette conversion […]. Si nous ne nous engageons pas « dans la transformation ecclésiale et sociale dont nous avons tant besoin », alors tous les efforts pour lutter contre la pédocriminalité seront vains. Nous n’éradiquerons pas le Mal, mais nous pouvons changer la culture qui le favorise.

Bien loin d’opposer clercs et laïcs, le cléricalisme menace chaque catholique. « La masse des catholiques que nous voyons à la messe chaque dimanche ne désire, au fond, savoir de la religion que ce qui peut les confirmer dans la bonne opinion qu’ils ont d’eux-mêmes », écrivait Bernanos. Sommes-nous cette « masse » ou suivons-nous le Christ ? « J’avais faim et vous m’avez donné à manger ; j’avais soif et vous m’avez donné à boire ; j’étais un étranger et vous m’avez accueilli ; j’étais nu et vous m’avez habillé ; j’étais malade et vous m’avez visité ; j’étais en prison et vous êtes venus jusqu’à moi. » Chacun peut discerner sur cette question ; mais collectivement, nous voulons changer l’Église pour rendre plus visible sa beauté. Nous voulons rentrer en résistance contre le repli identitaire, contre toute forme d’arrogance. Nous savons l’immense trésor de la foi reçue de l’Église, que nous voulons passer après nous avec le témoignage de ces chrétiens nombreux et anonymes qui donnent une part de leur vie.