« Les séminaristes sont amenés à admirer ce que font les laïcs. »

Interview du nouvel archevêque de Bourges dans Paris Notre-Dame

Vous avez été à la tête de l’Œuvre des Vocations et directeur, puis supérieur du Séminaire de Paris. Avez-vous noté une évolution dans la formation des séminaristes ?

Oui, notamment dans l’exigence de la fraternité et la collaboration avec les laïcs. À travers la vie en maisons situées en paroisse, les séminaristes sont amenés, aujourd’hui, à admirer ce que font les laïcs. Et donc à mieux comprendre leur ministère de prêtre, à savoir : servir la communauté qui leur est confiée. Les laïcs ne sont pas les exécutifs du prêtre. Ils doivent discerner, avec les prêtres, sur la vie et l’avenir de la communauté ecclésiale. C’est tout l’objet du travail mené avec le cardinal André Vingt-Trois autour des conseils pastoraux. Je pense qu’une partie du cléricalisme, critiqué aujourd’hui par le pape, vient de la tentation identitaire de notre époque. Dans l’Église, on peut parfois être tenté de se donner sa place dans la communauté au lieu de la recevoir.