Arcabas (1926-2018), par amour de la beauté

Arcabas, de son vrai nom, Jean-Marie Pirot, est décédé hier à l’âge de 91 ans.

Famille Chrétienne l’avait rencontré :

Avec Arcabas, les échanges sur sa vocation, son oeuvre, et l’art sacré, sont passionnants. « C’est la joie créatrice qui a dominé, conséquence de ma Foi. J’allais droit au but, aucune mode ne pouvait jouer contre ce que j’avais en moi. Ici, tout n’était que bonheur et liberté, je me foutais de ce qu’on faisait à Paris et à Madrid. »

Après la merveille de la couleur, ce qui frappe le plus, c’est sa liberté totale face à l’éternel dilemme du XXe siècle : figuratif ou non figuratif. Comme la petite Thérèse, Arcabas veut tout, tout de suite. Il avoue une attirance pour le « paysage intérieur » de l’art abstrait, cultivé pendant ses années canadiennes. Puis il a « reconvoqué la figure, mais le paysage intérieur a un rapport subtil avec le paysage extérieur » (la figuration).

« Je n’ai pas de système. Ce qui fertilise, c’est la beauté du monde, toujours différente et renouvelée. J’ai reçu des yeux pour voir la beauté de Dieu, j’ai voulu la partager. Dans les années 50, bien des églises étaient tristes. La couleur est un cadeau du Ciel. Les couleurs sont comme des notes, sur une toile, elles doivent s’aimer entre elles. L’art est une tentative de capter un rayon de la beauté du visage de Dieu. Je veux être d’une transparence absolue comme Fra Angelico, sinon je trahis. »