Retour sur le discours d’Emmanuel Macron devant les français du Vatican

Mardi dernier, après son tête-à-tête d’une durée remarquée avec le pape François, et la cérémonie de prise de possession de son titre de premier chanoine d’honneur du Latran, Emmanuel Macron a tenu un discours devant la communauté ecclésiale française de Rome. Le président s’est volontairement écarté du discours qui lui avait été préparé et c’est donc « à l’improvisade » qu’il a composé sa ballade : sur la laïcité, la relation de la République Française et de l’Eglise, sur la France et le Vatican.

Un discours profond, à caractère plutôt philosophique, qui valorise essentiellement la tension entre ce qui nous constitue, nos principes, et la confrontation au réel et les compromis qu’elle impose. En arrière-fond, on entend bien évidemment une forme de justification de l’attitude française dans l’affaire de l’Aquarius, et l’on devine que, lors de son entretien avec le Pape François, si ce dernier a dû lui rappeler les principes du respect de la dignité humaine, en particulier pour ce qui a trait à la gestion de la crise migratoire, le président a quant à lui dû répondre sur le registre du « On fait ce qu’on peut au quotidien, monsieur, pas toujours ce qu’on veut ». Malgré cela, le contenu du discours est du plus grand intérêt, quant à la fécondité de cette tension, et quant à l’attention portée à la nécessité du dialogue, restant saufs les principes communs qui rassemblent l’Eglise et la République.

La retranscription de ce discours est disponible en intégralité sur le site de La Vie, qui – si vous n’avez pas le temps de le lire – en dégage aussi ici les 6 phrases clefs. Ci-dessous, un extrait en vidéo du passage sur la mystérieuse laïcité à la française.