« Si nous sommes sûrs de notre foi, de notre culture, qu’est-ce que nous avons à craindre ? »

 Extraits d’une interview de Mgr Aupetit dans Valeurs Actuelles

Il y a en France une inquiétude assez forte vis-à-vis de l’Islam et souvent une incompréhension devant un discours ecclésial qui semble angélique…

Si nous ressentons une insécurité culturelle, c’est parce que notre culture ne vaut plus un clou, c’est tout. Encore une fois, si nous sommes sûrs de notre foi, de notre culture, qu’est-ce que nous avons à craindre ? Que les musulmans découvrent le Christ ? Dix pour cent de nos catéchumènes viennent de l’islam…

Ça reste une goutte d’eau par rapport aux conversions à l’islam qui ont lieu dans les banlieues…

Ces conversions à l’islam ne sont bien souvent pas le fruit d’un chemin spirituel… Si nous avions le courage d’être ce que nous sommes, c’est-à-dire de vivre l’Évangile, il n’y aurait pas cette insécurité culturelle.

Il y a quand même une étude de l’institut Montaigne, “Un islam de France est possible”, qui constate que 28 % des musulmans, et 50 % des moins de 25 ans, sont en état de sécession vis-à-vis de la société française…

Oui, je connais ces chiffres. Mais je porte dans le cœur l’espérance qui est constitutive de notre foi, et je pense que l’espérance est plus forte que toutes les analyses que vous aurez… Marie était au pied de la croix. Que pouvait-elle espérer, franchement ? Vous pouvez me le dire ? Vous savez, on a été massacrés trente-six fois, nous autres chrétiens, cela se reproduira, mais même massacrés, les chrétiens se relèvent, toujours.

Ce n’est pas très encourageant…

Et alors ? Le message chrétien passera et vous serez au ciel donc, où est le problème ? Il y a eu trois déchristianisations en France, il y a toujours des chrétiens en France. Celle qui se passe aujourd’hui est bien faible par rapport au passé ; notre société est profondément chrétienne, elle est marquée par des valeurs chrétiennes qu’elle va redécouvrir. Mais encore faut-il qu’on soit capable de transmettre ce message, et de le vivre surtout.