#Bacphilo : un sujet et son corrigé par Benoît XVI !

Les élèves des séries scientifiques pouvaient choisir comme sujet au bac de philo :
Le désir est-il la marque de notre imperfection ?
Voici une proposition de corrigé par un ancien professeur de l’université de Ratisbonne.

[Notre chemin de réflexion] nous conduit à méditer aujourd’hui sur un aspect fascinant de l’expérience humaine et chrétienne : l’homme porte en soi un désir mystérieux de Dieu. De façon très significative, le Catéchisme de l’Église catholique s’ouvre précisément par cette considération : « Le désir de Dieu est inscrit dans le cœur de l’homme, car l’homme est créé par Dieu et pour Dieu ; Dieu ne cesse d’attirer l’homme vers Lui, et ce n’est qu’en Dieu que l’homme trouvera la vérité et le bonheur qu’il ne cesse de chercher » (n. 27).

Une telle affirmation, qui aujourd’hui aussi, dans de nombreux contextes culturels apparaît tout à fait facile à partager, presque évidente, pourrait en revanche sembler une provocation dans le cadre de la culture occidentale sécularisée. Un grand nombre de nos contemporains pourraient en effet objecter qu’ils ne ressentent en aucune façon un tel désir de Dieu. Pour de larges couches de la société, Il n’est plus l’attendu, le désiré, mais plutôt une réalité qui laisse indifférent, face à laquelle on ne doit pas même faire l’effort de se prononcer. En réalité, ce que nous avons défini de « désir de Dieu » n’a pas entièrement disparu et se représente encore aujourd’hui, sous de nombreuses formes, au cœur de l’homme. Le désir humain tend toujours vers des biens concrets déterminés, souvent tout autres que spirituels, et toutefois, on se trouve face à l’interrogation sur ce qu’est véritablement « le » bien, et donc, à se confronter avec quelque chose qui est différent de soi, que l’homme ne peut construire, mais qu’il est appelé à reconnaître. Qu’est-ce qui peut véritablement satisfaire le désir de l’homme ?