500 ans, pas une ride !

Il ne s’agit pas du nouveau recordman d’âge du monde mais de l’église Saint-Louis des Français à Rome ! Si on la connaît bien en général pour les magnifiques tableaux du Caravage et notamment celui de la vocation de Saint Matthieu, on fait parfois un peu moins attention à son histoire alors qu’il s’agit d’un haut-centre de la culture française en pleine ville de Rome. Du coup, pour fêter tout cela, hier a été inaugurée par le Cardinal Paul Poupard « une exposition consacrée à la ‘Mémoire des objets 1518-2018′ », en présence de l’ambassadeur de France.

“L’exposition illustre les quatre grandes fonctions de la maison”, explique le recteur de Saint-Louis, Mgr François Bousquet, à l’agence I.MEDIA. Prier d’abord, avec la présentation d’objets liturgiques – calices, ostensoirs, reliquaires – associés aux grands événements de France ayant eu un retentissement de l’autre côté des Alpes. Comme la mort du roi, qui donnait lieu à un De profundissolennel à Saint-Louis.

Représentation diplomatique de la France

Fonction également de représentation diplomatique de la France. On trouvera parmi les objets exposés un buste de l’ambassadeur de Bernis, cardinal, “diplomate avisé, libertin qui a terminé sa vie dignement”, précise Mgr Bousquet. Il a représenté la France à Rome de 1774 à 1794.

Enfin, les deux autres fonctions de Saint-Louis consistent en l’accueil et l’étude, avec des exemplaires – dont des incunables imprimés avant 1501 – tirés de la bibliothèque patrimoniale. Elle comprend 30’000 ouvrages, “et pas uniquement des ouvrages de piété”, souligne le recteur, mais aussi des livres sur la culture des différentes époques traversées par ce lieu-phare de la France à Rome.

En union avec l’Eglise universelle

De fait, depuis le Moyen Age, il existe trois motifs pour les Français de se rendre au cœur de l’Eglise, note l’historien Jean-Louis Chauvard: le pèlerinage sur les tombes des Apôtres, qui draine près de 6’000 personnes lors du Jubilé de 1600. Ces derniers sont alors hébergés à l’hospice de Saint-Louis. La seconde raison concerne les affaires de l’Eglise, poursuit l’historien, qui “obligent clercs et laïcs à se rendre à la Curie romaine pour obtenir bénéfices et indulgences”. Enfin, troisième motif: “le goût du beau et de l’antique”, qui conduit à faire de Rome, dès la Renaissance, l’étape obligée des élites européennes.

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