Personne ne doit partir seul !

Tout a commencé dans les années 2000, explique l’Obs. A l’époque, Léon et son épouse distribuent café chaud, croissants et cigarettes « aux gens de la rue » pour faire leur connaissance. Un jour, celui qui fut aussi visiteur de prison se demande : « Mais ces gens-là, comment ça se passe quand ils meurent ? » Dès lors, ce fils de gueule noire du Pas-de-Calais s’est fixé l’objectif « de ne jamais laisser quelqu’un partir seul de cette terre ». La plupart des « morts isolés » qu’il accompagne avec son association, fondée il y a douze ans, sont décédés à l’hôpital, à leur domicile ou en maison de retraite. D’autres, dans la rue où ils vivaient. Dans la majorité des cas, ce sont des hommes. Des proches sont parfois venus. D’autres fois, aucun.

« Chaque destin me touche », dit Nadia, 35 ans et bénévole pour les Morts de la Rue, collectif qui accompagne les morts isolés de la capitale, en partenariat avec la mairie.

A l’issue de chaque inhumation, les bénévoles rédigent des comptes-rendus. Y figurent l’éloge funèbre ou le poème choisi, la présence éventuelle de proches, les conditions climatiques… Le moindre détail – un écureuil, un renard s’invitant à la cérémonie – est consigné. L’objectif ? Donner aux familles une idée du déroulement de la cérémonie, si elles se manifestent tardivement. Ce qui arrive. Bien sûr, le recueillement est rapide, presque calibré. Le caveau est vite refermé. Certains lundi ou mercredi, il faut enterrer jusqu’à quatre défunts. Mais le temps compte double, et bien plus : ces quelques minutes d’attention apportent une dignité devant l’éternité.

Une belle manière de lutter contre la culture du déchet !