Dimanche soir, c’est homélie !

Lire les textes du 2ème dimanche de Carême de l’année B et se dire : encore l’évangile de la transfiguration ? Mais on ne l’a pas déjà entendu cet été ? Bravo, quelle sagacité !

C’est la remarque que s’était déjà faite le Cardinal André Vingt-Trois  il y a trois ans pour, immédiatement, la dépasser :

« Le récit de la transfiguration que nous entendons chaque année en ce deuxième dimanche de carême n’est pas une façon de doubler la fête de la transfiguration que nous célébrons au mois d’août. Si l’Église nous donne à entendre et à méditer ce récit au cours du carême, c’est pour nous aider à mieux vivre ce temps liturgique et à mieux progresser dans la suite du Christ. »

C’est en replaçant cet épisode dans la vie du Christ qu’il prend en effet tout son sens, pour nous aider à méditer en Carême et à mieux L’écouter.

« (…) Quelle fonction remplit cet événement dans le déroulement du chemin de Jésus vers Jérusalem ? Il a déjà annoncé à ses disciples une première fois qu’il devait aller à Jérusalem pour être arrêté, mis à mort et pour ressusciter, et il va leur annoncer une deuxième fois, après cette vision de la transfiguration. Mais nous savons que pour eux, l’expression « ressuscité d’entre les morts » n’était pas très riche de sens, ils ne voyaient pas bien ce que cela voulait dire. Nous pouvons comprendre que cette expérience exceptionnelle, vécue sur la montagne, a pour fonction de préparer de quelque façon les événements auxquels les disciples vont être associés à Jérusalem. À ce moment-là, la grande épreuve de la foi se traduira par cette question : est-ce que Dieu a abandonné son fils ? Cette épreuve, nous en trouvons un ultime écho dans la bouche de Jésus lui-même quand il récite le psaume des agonisants sur la croix, « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? » (Ps 22(21)). (…)

Les trois disciples qu’il emmène sur la montagne pour assister à sa transfiguration seront les trois disciples qui l’accompagneront à Gethsémani au moment de l’agonie, comme si cette vision de la gloire de Dieu manifestée dans le Christ devait les préparer à la vision horrible à laquelle ils ne vont d’ailleurs pas résister. Les évangiles nous disent en effet qu’ils ont sombré dans le sommeil au moment de l’agonie, incapables de supporter cette vision dont ils étaient témoins. Ici, Jésus se manifeste par des signes éclatant : les vêtements d’une blancheur que l’on n’avait jamais vue, la nuée qui signifie l’expression de Dieu lui-même, Moïse et Elie, la loi et les prophètes, et enfin la parole qui vient de la nuée, « Celui-ci est mon Fils bien-aimé : écoutez-le ! » (Mc 9,7). Il ne faut rien moins que cette intervention directe de Dieu pour que les disciples entendent et voient ce qui habituellement n’est ni visible ni audible. Ils ont suivi Jésus de Nazareth, ils sont en train de découvrir que ce qu’ils ont vu dans la personne de Jésus de Nazareth exprime une réalité invisible qu’ils n’ont pas vue : il est le Fils unique de Dieu. Ainsi, dans notre cheminement vers Pâques, nous sommes nous aussi invités à nous préparer à faire mémoire de ces événements, non pas comme le souvenir d’un échec et finalement d’une victoire de la mort, mais convaincus que celui qui va être crucifié est le Fils de Dieu. »

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