La Maison sublime, la mémoire juive des pierres

A l’occasion de sa restauration, La Croix nous présente le plus vieux monument juif de France. La Maison Sublime,  à Rouen, date de la fin du XIème siècle – début du XIIème, et n’a été découverte qu’en 1976. Elle doit son nom à l’une des 18 inscriptions en hébreu présentes sur ses murs, tirée Livre des Rois : « Que cette maison soit sublime (pour l’éternité). » Pour faire un peu mieux connaissance, La Croix a interviewé Judith Schlanger, historienne et spécialiste du judaïsme médiéval.

Cette bâtisse aux murs épais – jusqu’à 1,6 mètre – est impressionnante par ses dimensions, tout comme par le soin qui fut apporté à sa sobre décoration : fenêtres, colonnes, bases sculptées de motifs géométriques ou de détails inspirés des psaumes… Entre ses murs, on peut imaginer la vie d’une communauté de lettrés, où se croisèrent des savants réputés, comme Rashbam, petit-fils de Rachi de Troyes, ou l’Andalou Ibn Ezra, mathématicien, astronome, exégète et poète. « Les graffiti sont vraiment très touchants, car ce ne sont pas des inscriptions officielles, mais des traces informelles de la vie de cette communauté », pointe Judith Schlanger.

Et l’article de rappeler en conclusion : « En 1306, l’expulsion des juifs de France par le roi Philippe le Bel mit fin à toute cette vie intellectuelle et religieuse. Beaucoup de savants partirent vers Marseille, la Provence, la Savoie ou à l’étranger. L’année suivante, le bâti juif spolié fut revendu à la ville de Rouen pour une somme dérisoire. »

Source : La Croix.