La Vénérable et le communiste

Elle n’est pas encore « sainte » ni même « bienheureuse », mais « vénérable »: le procès en canonisation de Madeleine Delbrêl (1904-1964), assistante sociale à Ivry, est bien engagé, ce dont se réjouissent l’Eglise catholique et la mairie communiste presque d’une même voix.

Un parfum de « Don Camillo » nimbe la destinée de cette poétesse et mystique qui a accompli son apostolat en milieu athée, dans une « banlieue rouge » du sud de Paris. « Sa reconnaissance comme vénérable est signifiante pour toute la ville, pas seulement pour les catholiques », assure à l’AFP Philippe Bouyssou, maire PCF d’Ivry-sur-Seine (Val-de-Marne), commune de 60.000 habitants. « Je vais peut-être lui faire une petite prière pour le budget communal », plaisante-t-il. Avant de saluer, plus sérieusement, « sa générosité et son rayonnement extraordinaire ».

Comment celle qui, à 17 ans, proclamait son athéisme dans un poème intitulé « Dieu est mort, vive la mort » en est-elle venue à faire profession de foi en l’Evangile « au milieu des pauvres et des incroyants » ?

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