Le nouvel an des arbres

Ce soir débute la fête de Tou Bichvat. Ce quinzième jour du mois de Chevat est le nouvel an des arbres (roch hachana la’ilan), le temps où, en Terre Sainte, apparaissent les premiers bourgeons des arbres les plus précoces. C’est qu’après le repos hivernal, un nouveau cycle commence. On parle aussi de fête de la circoncision des arbres.

Il est de tradition pour les juifs en ce jour de consommer des fruits d’abondance, et en particulier des sept fruits caractérisant la terre promise dans la Torah, « pays de blé et d’orge, de raisin, de grenades et de figues, pays d’olives, d’huile et de miel 1«  (Dt 8,8).

A notre époque, c’est aussi devenu un jour consacré à l’écologie dans le judaïsme, rappelant le respect et l’attention dus à la Création. Voir à ce sujet le billet que nous avions publié l’année dernière pour cette fête. A cette occasion, on pourra écouter ou réécouter avec grand intérêt le rabbin Raphaël Sadin parler de la relation du judaïsme à l’écologie.

C’est aussi l’occasion de nous souvenir de ce qu’enseigne l’Ecriture, aux juifs comme aux chrétiens, à savoir que l’homme est semblable à un arbre fruitier ; une figure dont les évangiles usent d’ailleurs de façon récurrente. L’écologie juive comme chrétienne n’est donc pas orientée spécialement vers la préservation d’un monde qui s’écroulerait, quoique la préservation de la nature soit devenu aujourd’hui un enjeu crucial, mais d’abord dans la contemplation de ce qui constitue une parole divine, révélant quelque chose de l’homme. Or c’est sans doute de retrouver le sens et la nécessité de cette contemplation qui constitue le meilleur rempart contre la tentation de l’homme d’exploiter et dominer jusqu’à épuisement ce dont le Seigneur lui a fait don.

Pour la tradition judéo-chrétienne, dire “création”, c’est signifier plus que “nature”, parce qu’il y a un rapport avec un projet de l’amour de Dieu dans lequel chaque créature a une valeur et une signification. La nature s’entend d’habitude comme un système qui s’analyse, se comprend et se gère, mais la création peut seulement être comprise comme un don qui surgit de la main ouverte du Père de tous, comme une réalité illuminée par l’amour qui nous appelle à une communion universelle. (Pape François, Laudato Si’, n°76)

Notes:

  1. Le miel étant fait de dattes