Un médecin mort à l’intérieur ?

« Tuer celui qui m’a parlé : préparer la seringue, entrer dans la chambre, dire un mot (lequel d’ailleurs ?), injecter les produits, recueillir le dernier soupir, consoler la famille et signer le certificat ; alors je crois que, moi aussi, je mourrais.Le médecin en moi mourrait : comment ensuite prendre à nouveau le risque d’écouter vraiment ? comment ne pas devenir alors un gigantesque cimetière, une nécropole de champs de bataille ? Je ne veux pas devenir un monument aux morts.

J’accompagne des vivants qui n’ont que faire d’un médecin qui serait mort à l’intérieur ».

Claire Fourcade, médecin en soins palliatifs à Narbonne