Mariage papal aérien : quelques mots pour les Docteurs de la Loi

Vindiou, il ne se contente plus de faire des conférences de presse dans les avions, il y marie des couples ! Le pape a, en effet, marié un couple dans l’avion qui le menait au Chili, profitant de l’occasion pour leur dire que le monde avait besoin du mariage, et leur demander de porter ce message. Quelle surprise de constater que, plutôt que de crier « vive les mariés ! », il pouvait se trouver des catholiques pour se demander plutôt si le mariage était bien valide, voire si le pape n’aurait pas dû demander l’autorisation du curé.

Le Père Cédric Burgun, dont je peux attester que le cartouche « me connaître » ne dit pas tout de l’homme, mais permet à tout le moins de connaître ses qualifications en droit canonique, explique clairement les dimensions juridiques de cette célébration.

Il faut le lire. Mais, pour ne citer qu’un extrait, citons ceci :

Qui pourrait opposer au Pape l’absence de ces facultés canoniques en sa personne ? Certains évoquent la nécessité de recourir au curé ou à l’évêque du lieu. Faut-il rappeler ce qu’est le pouvoir pontifical ?  Le canon 331 du Code de droit canonique actuel est très clair : « L’Évêque de l’Église de Rome, en qui demeure la charge que le Seigneur a donnée d’une manière singulière à Pierre, premier des Apôtres, et qui doit être transmise à ses successeurs, est le chef du Collège des Évêques, Vicaire du Christ et Pasteur de l’ Église tout entière sur cette terre; c’est pourquoi il possède dans l’Église, en vertu de sa charge, le pouvoir ordinaire, suprême, plénier, immédiat et universel qu’il peut toujours exercer librement. » Le canon 331 (qui reprend l’enseignement traditionnel du Concile Vatican I, Pastor aeternus, du 18 juillet 1870) qualifie donc ce pouvoir : il est un pouvoir de gouvernement, suprême, plénier, universel, épiscopal, ordinaire, immédiat, et libre. En d’autres termes, cela signifie que le Pape a le pouvoir de juridiction sur l’ensemble de l’Église catholique, partout dans le monde, de manière immédiate et libre. Cela signifie que la primauté pontificale, loin d’être une primauté d’honneur, est un vrai pouvoir de juridiction avec tout un ensemble de prérogatives et de compétences propres : il n’est pas, contrairement à un archevêque métropolitain, un « primus inter pares » qui veille à la bonne marche de l’ensemble.

Pour taquiner un peu ces milieux modernistes sans le savoir, peut-être pourrions-nous imaginer encore de penser que l’Eglise est une monarchie. Pas une démocratie, ni une République.

Pour le lire, c’est là.