Face à l’antisémitisme, rappeler que nous sommes originellement juifs

La Vie a récemment consacré un dossier à la résurgence de l’antisémitisme en France. Dans une tribune, hier, Jean-Claude Guillebaud y joint une remarque intéressante : « L’émotion, l’effroi, le dégoût que nous inspire à tous l’antisémitisme de retour sont le plus souvent sincères. Seulement, voilà, à force, eux aussi finissent par se banaliser. On dirait que ces nobles protestations ont pris leur place assignée dans ce qu’on pourrait appeler le panorama médiatique ordinaire ».

Phénomène d’accoutumance, explique Jean-Claude Guillebaud. Pire, comme le relève, à un tout autre propos, le blogueur Phylloscopus sur Twitter :

Phénomène qui concerne aussi les associations de lutte contre l’antisémitisme, comme en témoigne ce genre de commentaire Facebook sous un partage de l’article de La Vie : « Il faut noter que certaines associations (CRIS ou LICRA) sont des rentiers de l’antisémitisme donc dès qu’une mouche pète trop près d’une synagogue c’est apparenté à de l’antisémitisme et répercuté et amplifié par les médias aux ordres. » Commentaire aussi odieux que complotiste qui reflète bien, non seulement la banalisation, mais pire encore, une sorte de post-accoutumance ou de contre-indignation, qui devient monnaie courante.

Jean-Claude Guillebaud propose une explication : l’indignation n’a un tel horizon que parce qu’elle reste extérieure, d’une solidarité de surface. Ce pourquoi « il est temps de nous ressouvenir que, pour une large part, nous sommes tous consubstantiellement juifs et que l’antisémitisme est une insulte adressée à la nation tout entière. Le judaïsme n’est pas une étrangeté exotique qui n’exigerait de nous qu’une solidarité accueillante et « sentimentale ». D’une certaine manière, il est bien plus que cela. » Il conclut : « L’antisémitisme insulte aussi les Juifs que, par emprunt, nous sommes aussi. Il est donc – directement – notre affaire.« 

Voir la tribune en intégralité ici.