Aucun mort en avion de ligne en 2017

C’est une première dans l’histoire de l’aviation, et une excellente nouvelle : le transport aérien commercial de passagers n’enregistre aucun décès à bord des avions de plus de 20 sièges, rapporte Le Point. « Si des blessés sont à déplorer lors d’une centaine d’accidents en 2017, le transport aérien commercial de passagers n’enregistre aucun décès l’année passée à bord des avions de plus de vingt sièges. » Il faut avoir en tête le fait que la moyenne annuelle de ces dix dernières années est de 32 accidents avec 676 morts, faisant déjà du transport aérien le moyen de déplacement le plus sûr !

La bonne nouvelle ici est bien qu’aucun passager n’a périt lors d’un voyage en avion en 2017 !

Ceci dit, il convient de ne pas avoir une vision trop partielle de la « sécurité ». Cette préservation de la vie (des voyageurs en avion) a un revers : la pollution. Avec ses 4 milliards de passagers par an, l’avion est aussi le moyen de transport qui a le plus lourd bilan carbone par passager : alors qu’un trajet en train émet 21 kg de CO2 par passager, le taux s’élève à 150 kg pour un trajet en voiture (essence), et 255 kg pour un vol en classe économique, soit dix fois plus qu’un voyage en train. Dans ces circonstances, la forte croissance du secteur n’est donc pas ce que l’on pourrait appeler une bonne nouvelle.  Si le secteur du transport aérien oriente pour une grande part ses progrès techniques, en plus de la sécurité des passagers, dans la réduction des émissions carbones, il participe toujours à faire de notre maison commune un lieu moins sûr. Il reste en effet un agent lourdement polluant, qui par ailleurs, ne contribue clairement pas à une authentique culture écologique et sociale.

C’est qu’il faut bien considérer la « sécurité » sous tous ses aspects !

« La culture écologique ne peut pas se réduire à une série de réponses urgentes et partielles aux problèmes qui sont en train d’apparaître par rapport à la dégradation de l’environnement, à l’épuisement des réserves naturelles et à la pollution. Elle devrait être un regard différent, une pensée, une politique, un programme éducatif, un style de vie et une spiritualité qui constitueraient une résistance face à l’avancée du paradigme technocratique. Autrement, même les meilleures initiatives écologiques peuvent finir par s’enfermer dans la même logique globalisée. Chercher seulement un remède technique à chaque problème environnemental qui surgit, c’est isoler des choses qui sont entrelacées dans la réalité, et c’est se cacher les vraies et plus profondes questions du système mondial. » (Laudato Si, 111).