L’amour ne passera jamais

Étonnante semaine. Au milieu des excès de tout hommage, des paroles d’éternité ont trouvé leur chemin jusqu’à nous. Celles d’un immortel, celles d’un saint. Nous avons entendu Jean d’Ormesson évoquer sa mort, évoquer la mort et dire simplement que « ce qui compte finalement, c’est l’amour ». Nous avons pu l’imaginer, comme il l’avait dit : « vous savez, quand je mourrai, je ne penserai pas beaucoup à l’Académie ni au Figaro. Je penserai aux gens qui m’ont aimé et aux gens que j’aiaimés ». Une parole inspirée qui évoquait une Parole bien antérieure. Parole du Christ et lettre de saint Paul aux Corinthiens.« Vous savez quand je mourrai, je ne penserai pas beaucoup à l’Académie, ni au Figaro. Je penserai aux gens qui m’ont aimé et aux gens que j’ai aimés » promettait Jean d’Ormesson. pic.twitter.com/6Gb7Q7ROMX

Les obsèques de Johnny Hallyday ont réservé un moment d’une éblouissante grâce. Entendre une lecture que l’on connaît dite autrement qu’à nos rythmes liturgiques et dominicaux, cela surprend d’abord. Marion Cotillard jouait-elle ? Et puis l’on entend mieux ces mots de saint Paul. Dits devant une foule immense d’hommes et de femmes qui aimeront toujours Johnny Hallyday, devant son épouse dont l’amour a enduré, aussi, la maladie. Entendre cet amour dont nous voulons croire qu’il nous parvient toujours, amour que l’on portera encore, amour qui ne passera jamais.

Quoi que nous fassions, n’est-ce pas ce que nous laisserons ?

L’amour était encore présent dans l’homélie de Mgr Benoist de Sinety (en intégralité ici) :

A sa manière, tout au long de sa vie, Johnny a cherché l’amour et il a compris que le moyen le plus certain d’y parvenir était d’aimer, d’aimer sans compter, d’aimer toujours. C’est pour cela que nous sommes là, parce que nous avons un jour compris, à travers ses chansons, sa générosité et sa disponibilité, que nous étions aimés de lui.

Cette force, cette énergie, peut-être est-ce aussi l’amour débordant, un amour créateur.

Puissions-nous, au terme de cette semaine et en cette période d’Avent, regarder les nôtres, regarder ceux qui nous entourent, avec un amour renouvelé.

Et puis… On s’en voudrait de sembler réclamer Johnny. S’il portait une croix, il ne portait pas de bannière. Mais l’on s’en voudrait aussi de négliger ces mots, rappelés par Mgr Benoist de Sinety :

On peut me faire ce qu’on voudra, je resterai chrétien. Je suis sûr que Jésus, lui, ne m’en veut pas.

On peut même espérer que le Père miséricordieux, celui qui s’élance d’aussi loin qu’il aperçoit son fils revenir, l’accueille déjà. C’est ainsit qu’a conclu Mgr de Sinety : « Le Père l’attend, les bras ouverts, pour lui dire comme à chacun de nous : que je t’aime, que je t’aime, que je t’aime. »