Mon espérance en Dieu est si forte qu’elle s’apparente presque à de la foi.

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Votre roman parle du temps qui passe et de la mort, que vous évoquez avec un mélange de fatalisme et de malice. Vous écrivez : « Nous ne mourrons pas. Nous mourons, à chaque instant de notre vie. » Comment l’agnostique que vous êtes envisage-t-il l’« après » ? 
La mort est un thème qui m’a toujours travaillé. Avoir fêté mes 85 ans cette année ne rend pas le sujet plus urgent à mes yeux. Mais le temps qui file m’obsède. La mort ne me fait pas peur.

Elle vous libère des contingences du quotidien, de la souffrance. C’est mourir qui est contrariant. Que dire alors ? Qu’il est possible qu’il n’y ait rien après. Il est possible que notre existence ne soit qu’une parenthèse entre deux néants. Ça m’étonnerait.

Je crois que la vie a un sens, qui ne saurait être stoppé par notre disparition. Je crois que la justice et la vérité, si souvent contrariées ici bas, doivent bien exister quelque part.

Pour un agnostique, vous avez de belles certitudes !
Effectivement. Mon espérance en Dieu est si forte qu’elle s’apparente presque à de la foi.