« Du conflit à la communion, ensemble dans l’espérance »

C’était le thème choisi pour la célébration œcuménique perturbée ce vendredi à Lyon par des jeunes liés à l’Institut Civitas, désireux de « réparer publiquement cette offense faite à Dieu et à son Église », que constituait pour eux ce temps de prière commémorant les 500 ans de la Réforme.

L’article publié dans la Croix sur les événements est intéressant à bien des égards, même s’il oublie un point de contexte. L’action était aussi un exercice pratique, une démonstration de force pour Civitas, à la veille du lancement de Civitas Lyon, donc dans un contexte de rassemblement et de mobilisation des troupes à Lyon.

L’article permet néanmoins de rattacher cet événement à d’autres, avec une constante dans les récentes perturbations de célébrations par Civitas : les méthodes employées et les cibles. A chaque fois une irruption de groupes avec des chants, des prières et des prises de parole visant à interrompre le rassemblement, à chaque fois pour des célébrations, temps de prières ou conférences touchant au dialogue inter-religieux et au dialogue œcuménique. L’article conclut en évoquant de futures réflexions de la CEF sur l’attitude à adopter le moment venu face à ces perturbations, qui parait essentiel.

Mais que retenir, plus largement, de ces événements ? D’abord que les églises restent ouvertes à tous, et que ces perturbations en sont aussi un témoignage. Mais nous pouvons aussi nous interroger avec exigence sur la notion de « dialogue » dans l’Eglise : dialoguer ne revient pas au relativisme, certes, mais savons-nous assez parler de ce qu’est le dialogue entre croyants, dans nos aumôneries, dans nos paroisses ? Pour dialoguer avec qui ? Avons-nous une culture du dialogue ? A cet égard, la photo reprise sur le site de Civitas, montrant le cardinal Barbarin allant à la rencontre des perturbateurs est finalement aussi un beau témoignage, un éclair que l’on oublie de regarder dans le brouillard de ce triste événement.