Omar Sy : plus balaise que le Pape François en Birmanie ?

sans-titreLes médias ont construit un affrontement absurde. D’un côté, Omar Sy qui lance du Bangladesh un appel à dons en faveur des Rohingyas, cette minorité musulmane objectivement martyrisée en Birmanie depuis des décennies. De l’autre, le Pape François, en déplacement en Birmanie, qui avait dénoncé le sort horrible réservé à ce petit peuple, mais que d’aucuns ont trouvé tiède dans le cadre de son voyage.

C’est oublier que le profil des deux n’est pas comparable et que le Pape François est aussi venu comme représentant d’une autre minorité, les catholiques de Birmanie. Un déplacement officiel comme Chef d’Etat ne permet pas tout à fait la même liberté qu’un acteur engagé, comme l’explique François Vercelletto dans Ouest France :

Les chrétiens, comme les musulmans, sont minoritaires en Birmanie, un pays majoritairement bouddhiste. Ils ne représentent qu’à peine 1,3 % de la population. Si l’Église locale affiche top ouvertement son soutien aux Rohingyas, elle prend le risque de subir, elle aussi, des discriminations, voire des persécutions, du pouvoir en place. Craignant une réaction des boudhistes extrémistes, l’archevêque de Rangoun, Charles Maung Bo, premier cardinal du pays, avait ainsi recommandé au pape d’éviter le mot et de parler des « musulmans de l’Etat Rakhine ».

Les convictions des deux hommes publiques sont sincères, leurs expressions respectives n’ont pas lieu dans le même contexte. On peut penser raisonnablement que sur le fond ils sont totalement d’accord sur l’aide à apporter aux Rohingyas.