#NotrePère Moi je continuerai de prier comme je veux, d’abord !

Le premier dimanche de l’Avent, le 3 décembre prochain, entrera en vigueur dans la liturgie la nouvelle traduction de la prière du « Notre Père ». Nous ne dirons plus « Et ne nous soumets pas à la tentation » mais « Et ne nous laisse pas entrer en tentation ». Et elle est toujours aussi grande, la tentation d’y aller de son petit commentaire…

Moi je continuerai bien de prier comme je veux, d’abord, nan mais !

Oui mais non ! C’est que s’il y a bien une chose importante, dans le « Notre Père », c’est que ces deux petits mots sont collés l’un à l’autre avec force par l’ensemble de la prière. La prière enseignée par Jésus met Dieu le Père en relation, non pas avec toi, encore moins avec moi, mais avec « nous ». C’est là sa structure, sa substantifique moelle : la première partie de la prière est un « Tu » adressé à Dieu, et la seconde, un « nous » qui s’en remet à Lui. Un « nous », ce n’est pas un « moi je ». C’est pourquoi ce « nous », qui prie d’une seule voix, sera toujours plus important que les petites préférences individuelles. Si les églises des différentes confessions chrétiennes ont collaborés activement sur les traductions du Notre Père (celle de 1966 comme la nouvelle) c’est bien parce que ce « nous », qui prie de la même façon, est de la plus grande importance !

« Non pas ce que je veux, mais ce que tu veux » (Mc 14,36) a dit Jésus dans la prière qu’il adressait à son Père, juste avant d’aller secouer ses disciples endormis et de leur dire justement « priez pour ne pas entrer en tentation » (Mc 14,38). Nous-mêmes, nous disons dans le « Notre Père » : « Que ta volonté soit faite ». Non pas la mienne. La prière est d’abord un décentrement. Que ces paroles, « que ta volonté soit faite », et ce « nous » du Notre Père, ne soient pas que des mots, mais qu’ils soient mis en pratique quand nous prions, afin de changer nos coeurs en profondeur.

Pour en savoir plus : Groupe des Dombes, « Vous donc, priez ainsi ». Le Notre Père, itinéraire pour la conversion des Eglises, Bayard, 2011.