#NotrePère Moi j’aime pas les nouvelles traductions

Le premier dimanche de l’Avent, le 3 décembre prochain, entrera en vigueur dans la liturgie la nouvelle traduction de la prière du « Notre Père ». Nous ne dirons plus « Et ne nous soumets pas à la tentation » mais « Et ne nous laisse pas entrer en tentation ». A propos de tentation, elle est grande celle d’y aller de son petit commentaire… souvent en mode grognon.

A quoi ça sert de changer, à part nous enquiquiner ? De toutes façons, moi je préférais l’ancienne formule « ne nous laisse pas succomber »…

Ce n’est pas pour nous embêter, mais pour nous enseigner, nous édifier. Tiens par exemple, quand a été fait le choix de l’actuelle traduction en 1966, nous avons pu avoir ce genre d’explication : « la variante “ne nous laisse pas succomber à la tentation” est particulièrement défectueuse. Elle laisse à penser que la tentation n’est qu’un mal moral auquel il faut résister. Or, la tentation biblique est aussi une mise à l’épreuve voulue par Dieu. Nous le prions donc de ne pas nous placer dans une situation telle que notre fidélité envers lui soit en péril – ce qui implique de nous garder de tout péché » (La documentation catholique, N°1442, 21 février 1965, p. 384.). A méditer.

Et il y a des arguments aussi importants et édifiants à recevoir pour justifier de changer nos habitudes actuelles. Pour en savoir plus, un petit livre publié pour l’occasion par la Conférence des Évêques de France : La prière du Notre Père. Un regard renouvelé (Bayard & Cerf & Mame). Et si tu pratiques un peu la lecture de travaux universitaires, voici un article scientifique qui a pas mal inspiré le nouveau choix de traduction, disponible en ligne : Tournay Raymond J. « Que signifie la sixième demande du Notre-Père ? » In: Revue théologique de Louvain, 26ᵉ année, fasc. 3, 1995. pp. 299-306.