Des séminaristes font le grand écart !

Le Groupe de Formation Universitaire fête ses 50 ans. Il permet à de jeunes hommes de poursuivre leurs études universitaires tout en se préparant à devenir prêtre.

Le GFU permet une variété dans la formation car il n’y a pas la « solution-miracle » qui convienne à tous les candidats ! Je repense à ce séminariste qui a eu besoin de ses 6 années de formation « pour poser son choix ». C’est également important que les prêtres aient des compétences et acquièrent non seulement une culture générale et parfois technique mais également des réflexes pour savoir travailler en équipe ou gérer des conflits. La grande richesse de cette formation est surtout de se former en milieu ouvert. Ces jeunes ne peuvent pas ignorer la réalité d’aujourd’hui ; à savoir que les mondes des croyants et celui des non-croyants s’éloignent. Eux font ce grand écart.

Issus du scoutisme, d’aumôneries et de mouvements charismatiques, ils viennent à la fois de diocèse ruraux (Langres, Auch, Cahors…) et urbains (Strasbourg, Lille, Nanterre…). Certains sont accompagnés par un prêtre de leur diocèse mais d’autres sont issus de familles totalement non-croyantes. Je pense à l’un d’eux qui a découvert l’Église par la série de Canal + Borgia et s’est formé par lui-même. Plusieurs d’entre eux connaissent des réalités familiales compliquées. Quelques-uns sont déjà immergés dans le monde professionnel ; par exemple un infirmier qui doit à l’hôpital cinq années en contrepartie du financement de ses études, mais la majorité poursuit encore des études supérieures (écoles d’ingénieurs, école de médecine, facultés de droit ou de psychologie).  Ces jeunes affrontent donc la double exigence de mener en parallèle un cursus d’études profanes et des études ecclésiastiques (70% de philosophie, introduction à la théologie…), avec parfois des insertions pastorales. Leur défi est de savoir organiser leur temps, de développer leur intériorité alors qu’ils n’ont pas de cloche pour les appeler à l’heure de la prière, d’apprendre l’art de la rencontre à l’heure d’Internet et la durée au siècle du zapping…Et surtout de construire leur unité de vie. Cette exigence est belle et elle est formatrice.

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