La foi de Roseline Hamel

Bien sûr, elle témoigne avant tout pour son frère, elle témoigne de son frère. Mais son témoignage va bien au-delà de cela, il porte sur la propre foi de la sœur du père Hamel.

Une foi qui n’est pas une croyance magique qui vous libérerait de la douleur, comme semblent le croire certains non-croyants. Elle peut être profonde, et s’accompagner de cette intense douleur de l’absence.

Les gens ne se rendent pas compte de cette souffrance qui stagne en nous depuis, qui est toujours aussi vive, qu’on essaye de gérer, chacun à sa manière…

Plus encore, elle témoigne d’une vie chrétienne fondée sur des actes concrets de présence aux autres, de charité réelle.

En février, je n’allais pas bien. J’étais pâle, je ne riais plus, j’avais les yeux livides. Je me suis dit : bouge-toi !, comme à chaque fois que j’ai traversé une épreuve. J’ai été habituée à lutter. Mon mari était routier, et nous avons eu cinq enfants. J’ai coiffé à la maison une quinzaine d’années. Les gens qui venaient me voir souffraient de précarité, les couples explosaient, les enfants allaient de travers, honteux qu’on les nourrisse aux Restos du cœur. Certains me disaient : « Je prends rendez-vous, pas pour me faire coiffer mais pour parler avec vous. » Je les emmenais au bac à shampooing du centre social. Ça commençait comme ça : « Je ne sais pas si on vous l’a dit mais… » et ils racontaient. Je mettais un temps précieux à les masser, ils n’avaient pas beaucoup l’habitude qu’on s’occupe d’eux, et ils racontaient sans que je ne demande rien.

L’article de La Vie (abo)