Le cardinal Vingt-Trois reprend la parole

Monseigneur André Vingt-Trois a accordé un entretien à Benoît Fauchet, de l’AFP. Parmi les questions abordées, qui vont du rôle de l’Eglise pendant l’entre-deux-tours de la présidentielle, aux migrants en passant par la PMA et la GPA, on peut notamment relever cette question, qui porte sur l’implication comparée de l’Eglise sur ces deux derniers sujets.

Q. On pourrait penser que l’Eglise est plus discrète sur les questions de solidarité, l’accueil des migrants : ce n’est pas le cas ?

R. Ce qui définit clairement l’identité chrétienne, ça n’est pas l’adhésion à des valeurs, c’est la mise en pratique de convictions. Il n’est pas difficile de tenir des discours enflammés; ce qui est plus compliqué, c’est de retrousser ses manches et de réaliser quelque chose, qui n’est pas forcément spectaculaire. Ainsi des paroisses et associations dans les quartiers nord de Paris, qui n’ont pas des ressources illimitées, s’engagent sur l’accompagnement et l’intégration des migrants.

Mais – question plus radicale – veut-on ou non accueillir ces malheureux ? Cette question semble appeler une réponse évidente, mais qui n’est pas portée par la société. Il faut convaincre que l’accueil des pauvres va coûter quelque chose à chacun.

On peut déjà douter que l’Eglise soit véritablement plus discrète sur la question des migrants que sur les questions bioéthiques. Peut-être le fait que sa position soit plus directement contraire à l’opinion dominante joue sur cette perception. Mais le fait est que non seulement elle n’est pas spécialement discrète, mais elle est spécialement présente, que ce soit par les paroisses ou par les associations, notamment le Secours Catholique que l’on voit beaucoup à Calais, ou la Communauté Sant’Egidio qui est à l’origine de couloirs humanitaires, qui ont d’ailleurs permis un premier accueil personnalisé de familles réfugiées la semaine dernière.