Dans « verbo et exemplo », y’a exemplo.

Le frère Hervé Ponsot, prieur du couvent des Dominicains de Montpellier, revient sur l’évolution prométhéenne de la société française et sur la réaction des catholiques. Notons ceci :

On l’aura compris, ce sont aujourd’hui deux visions du monde qui s’opposent, et la majorité de nos contemporains paraissent avoir choisi la première, Prométhée est largement gagnant, le paganisme triomphe. A ce point que les chrétiens sont numériquement en net recul, que leurs positions perdent de multiples appuis législatifs, que leur parole ne trouve pas beaucoup d’écho. Une telle situation n’est bien sûr guère confortable pour eux, mais en profondeur elle a toujours été leur lot, elle va durer et il leur faut continuer de s’en accommoder. Surtout qu’elle ouvre la voie à une autre forme de présence et de témoignage, non fondée sur le nombre et la force apparente, celle de l’exemplarité. On a certes toujours dit que les chrétiens devaient prêcher « verbo et exemplo« , mais l’on a souvent mis l’accent sur le verbe ou la parole, surtout aujourd’hui avec les moyens de communication offerts à tous : toutefois, avec la cacophonie ambiante et grandissante qui s’exprime dans les médias faute de distance et de guides, l’exemple, en particulier celui des vertus morales (prudence, tempérance, force d’âme et justice), redevient un témoignage essentiel. Moins immédiat, sans doute, que la parole, mais « parlant » quand même : si la générosité, la fidélité, l’attention aux petits et aux fragiles, devaient exister de plus en plus comme « marqueurs » du christianisme, comme c’est d’ailleurs déjà le cas avec le pape François, les chrétiens ne sauraient le regretter.