Une France désormais païenne

Chantal Delsol revient avec finesse sur la loi Veil, ce qu’elle est devenue, ce qu’est la France et le catholicisme en son sein, dans le Figaro Vox.

Extraits :

La détermination de Simone Veil de rendre légal l’IVG provenait d’un constat juste qu’elle partageait avec Valéry Giscard d’Estaing: désormais, la France n’est plus en chrétienté. Désormais (et cela s’est fait finalement assez vite au regard de l’histoire), ce n’est plus l’institution ecclésiale qui donne le ton de l’éthique générale, qui inspire les lois, qui dirige les consciences. Les chrétiens bien sûr n’ont pas du tout disparu. Mais ils constituent dorénavant une minorité, peut-être active selon les opinions, en tout cas illégitime pour commander ou arrêter à elle seule la main du législateur.

Et :

Les contemporains se conduisent exactement comme le faisait à cet égard l’Église qu’ils fustigent: refusant d’avoir le moindre débat contradictoire avec leurs détracteurs, et les traitant dès qu’ils apparaissent comme des criminels de haut vol. À preuve: les attaques de plus en plus serrées contre la clause de conscience des chirurgiens, qui pourtant est bien le moins dans une société dite démocratique. Ce n’est pas qu’on a désormais le droit de prôner l’IVG. C’est plutôt qu’on y est obligé. Les lois ont leur vie et évoluent comme les institutions, parfois se commuant en avatars insoupçonnables. Qu’on ne prête pas au moins l’évolution actuelle de la loi à sa fondatrice. Simone Veil valait mieux que cela.