On est là au cœur même du sens du martyre

« Il aurait pourtant suffit de réagir comme saint Pierre au soir du jeudi saint : ‘Jésus ? Je ne connais pas cet homme’. Ou de proclamer la shahâda. Quelques mots, quelques secondes… qu’est-ce donc devant une vie ? Les premiers chrétiens ont connu ce terrible dilemme. ‘Brûlez quelques grains d’encens devant la statue de César, leur disait-on, au pire, faites semblant, personne n’en saura rien. Et vous aurez la vie sauve !’.

S’il suffit réellement d’un mot pour sauver la vie d’enfants, de ses propres enfants, n’est-il pas préférable de le prononcer, quitte à mentir ? Renier ses convictions les plus intimes pour la survie des siens, n’est-ce pas une forme de courage ? Ne pas le faire, n’est-ce pas, finalement, de l’obstination, du fanatisme, le même que celui qu’on reproche aux bourreaux ?

On est là au cœur même du sens du martyre.

Abbé Paul Amar sur padreblog.fr