Comment un État, qui se doit de protéger le plus faible, …

« Je ne voudrais pas, aujourd’hui, remettre en débat la question de la dépénalisation de l’avortement. Je ne voudrais pas non plus considérer à partir de ce chiffre les femmes, les couples ou les familles qui, dans la douleur de conditions toujours particulières, pas toujours bien éclairés, font le choix de l’avortement. Je préfère simplement interroger ce dont ce chiffre témoigne, et ce qu’il dit de notre société.

Comment une société peut-elle en effet permettre que plus de 95 % de personnes chez qui une trisomie 21 a été détectée ne voient finalement jamais le jour ? Comment peut-elle admettre que dans 95 % des cas l’accueil d’une telle personne ne serait pas possible ? Comment, au regard de ce chiffre important, un État qui se doit de protéger le plus faible ne se remet-il pas radicalement en question pour aider et soutenir de toutes ses forces les femmes ou les familles qui feraient le choix de l’accueil ? Pourquoi ne fait-il pas tout pour leur faire comprendre qu’un tel accueil est possible ? Comment une société humaniste peut-elle se contenter d’un tel constat ? »

Marianne Halleux sur lesoir.be